Les PME toujours plus pessimistes au 3e trimestre

Crise du franc fort Malgré une demande étrangère croissante, l'appréciation du franc continue d'affaiblir les exportations.

Le baromètre des exportations de Crédit Suisse montre que la demande étrangère s'affiche en progression. Toutefois, cela n'implique pas une expansion des exportations de la même ampleur. (photo d'illustration/archives)

Le baromètre des exportations de Crédit Suisse montre que la demande étrangère s'affiche en progression. Toutefois, cela n'implique pas une expansion des exportations de la même ampleur. (photo d'illustration/archives) Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Plus que jamais, les petites et moyennes entreprises suisses (PME) ont le moral dans les chaussettes.

Malgré une demande étrangère poursuivant sa progression, la forte appréciation du franc affaiblit considérablement les exportations.

Le baromètre des exportations de Crédit Suisse et de Switzerland Global Entreprise (ex-Osec) montre que la demande étrangère s'affiche toujours en progression, écrit jeudi Crédit Suisse. Pour un 3e trimestre consécutif, l'indicateur a atteint avec une valeur de 1,04%, un niveau équivalant à la moyenne pluriannuelle de 1%, laquelle signale une croissance des exportations.

Indice en hausse mais pas nécessairement les exportations

Toutefois, explique le numéro deux bancaire helvétique, ce dernier indice ne rend compte que de la demande étrangère, indépendamment de l'évolution des cours de change. Malgré une embellie conjoncturelle globale, il serait erroné de conclure que ces facteurs vont induire une expansion des exportations de même ampleur.

Présentant un plus bas historique depuis leur première publication en 2010, les perspectives export des PME Switzerland Global Entreprise (S-GE) reflètent par contre clairement le choc du franc fort». En un trimestre, l'indice a encore chuté, pour s'établir à 43,3 points.

Repli redouté

L'indicateur se situe en dessous du seuil de croissance fixé à 50 sur cette échelle de 0 à 100. Au trimestre précédent, il avait fléchi à 46,6 points, après avoir entamé l'année à 65,4 points.

Désormais, seules 25,7% des 200 entreprises helvétiques sondées pour établir le baromètre tablent sur une hausse de leurs ventes à l'étranger. Elles étaient 29,2% au dernier trimestre. Quelque 43,2% des sociétés questionnées s'attendent à une stagnation de leurs exportations, contre 42,5% trois mois auparavant.

Les rangs des PME redoutant une chute viennent eux se garnir, 31,1% d'entre elles tablant sur une telle évolution, contre 28,3% à fin mars et 13,4% en début d'année. Près de trois sociétés sur quatre (74%) indiquent que l'appréciation du franc face à l'euro est venue peser sur leurs exportations.

Tous les secteurs d'activité, à l'exception de celui des biens de consommation, se montrent pessimistes. Le recul le plus marqué des exportations est attendu dans la chimie-pharmacie.

Miser sur l'innovation

Pour contrer la hausse du franc, 54% des PME entendent miser sur l'innovation et 50% sur un marketing renforcé. En troisième place figure l'amélioration de l'environnement économique (28% des firmes questionnées). Près de la moitié (47%) des sociétés craignant un tassement de leurs envois vers l'étranger pensent qu'elles devront accorder des baisses de prix.

Sur l'ensemble des entreprises interrogées, 59% d'entre elles indiquent que la meilleure recette pour contrer le franc fort est de faire pression sur leurs achats pour compenser l'érosion de leurs marges. La compression des coûts de production est citée par 46% des PME. Viennent ensuite les augmentations de prix (26%) et la recherche de nouveaux marchés (24%).

Moins de baisse des salaires pour lutter contre le franc fort

En revanche, les sociétés envisageant de baisser les salaires pour contrer l'appréciation du franc sont nettement moins nombreuses que trois mois auparavant, leur part passant de 23 à 16%. Les PME continuent de miser sur le marché européen. Quelque 91% d'entre-elles ayant l'intention d'écouler leurs produits en Europe ces six prochains mois.

L'Allemagne où 82% des firmes envisagent d'exporter des biens ou des services reste la destination privilégiée. La France (53%) et l'Autriche (49%) complètent le trio de tête. En quatrième position, figure l'Italie (41%).

Des attentes en Chine

Pour la région Asie-Pacifique, les attentes ont quelque peu progressé au regard du trimestre précédent, 56% des PME escomptant y faire des affaires ces six prochains mois. La Chine reste le pays numéro un de l'export dans cette région du monde avec 39% des suffrages. Suivent le Japon (22%), l'Australie et l'Inde (19% chacune).

Quelque 45% des entreprises sont intéressées par l'Amérique du Nord. Les États-Unis restent la destination de prédilection des sociétés helvétiques. (ats/nxp)

Créé: 09.07.2015, 09h14

Articles en relation

Repli des exportations horlogères en mai

Économie Les exportations horlogères suisses reculent de 1,7 milliard de francs, soit 8,9% en rythme annuel. Plus...

Swatch Group confiant malgré le franc fort

Horlogerie Le tassement des exportations horlogères suisses en avril n'entame pas l'optimisme du numéro un mondial de l'horlogerie. Plus...

Les exportations suisses ont encore reculé en avril

Echanges commerciaux Le commerce extérieur de la Suisse a reculé de 5,1% sur un an à 16,3 milliards de francs. Les importations, ont pour leur part, diminué de 8,1% à 13,4 milliards. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.