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PostFinance prépare une restructuration drastique

Le bras financier de La Poste prévoit une grosse diète. Baptisé «Victoria», ce plan qui comporte des suppressions de postes et de sites, concerne 4000 employés.

Le directeur général de PostFinance Hansruedi Köng compte modifier le groupe en profondeur.
Le directeur général de PostFinance Hansruedi Köng compte modifier le groupe en profondeur.
Keystone

PostFinance concrétise ses intentions de réduction des coûts et de refonte de ses structures. Le prestataire de services financiers de La Poste va réduire le nombre de ses succursales et bureaux. Les suppressions d'emplois annoncées fâchent Syndicom.

PostFinance biffera au total 45 emplois dans les activités les plus touchées par l'automatisation et la numérisation des processus, explique jeudi Johannes Möri, porte-parole du bras financier de La Poste. Il a confirmait une information parue dans le Blickdans son édition du 21 septembre.

La direction prévoit d'en dire plus en novembre, ont confirmé des sources internes de PostFinance au journal de boulevard zurichois. Mardi, près de 500 collaborateurs répartis sur neuf sites, dont celui de Bulle (FR), ont reçu des informations sur leur avenir au sein de l'entreprise.

Suppressions de postes

PostFinance a baptisé son programme de restructuration du doux nom de «Victoria». Ce dernier prévoit également de réduire les surfaces de bureau, les surcapacités étant évaluées à plus de 10'000 mètres carrés. Ce qui correspond à un total de places de travail estimé entre 800 et 1000.

La réduction d'effectif ne devrait pas entraîner de licenciements, celle-ci devant pouvoir intervenir à la faveur des fluctuations naturelles et des mesures de retraites anticipées.

La banque postale a lancé jeudi une procédure de consultation à cet effet. Celle-ci ne porte pas seulement sur les suppressions d'emplois, mais aussi d'autres mesures, a poursuivi M. Möri. Les centres de services aux clients de Kriens (LU), Münchenstein (BL) et St-Gall seront fermés.

Leurs activités seront reprises les unités établies à Zofingue (AG) et Netstal (GL), dont les effectifs seront étoffés. Cette mesure concerne 160 personnes, auxquelles PostFinance entend proposer un emploi dans ses centres argovien et glaronnais.

Plan social à St-Gall

Selon le porte-parole, la distance entre Kriens et Münchenstein, d'une part, et Zofingue, d'autre part, ne dépasse pas la valeur-limite prévue par la loi. Elle peut de ce fait être considérée comme acceptable, PostFinance est en droit de résilier les contrats de travail des salariés qui n'accepteraient pas l'offre.

En revanche, la relocalisation de St-Gall à Netstal ne répond pas à ces derniers critères et un plan social est disponible. Le bras financier du géant jaune va de plus transférer 120 collaborateurs actifs dans le traitement de documents.

A compter du 1er mars, ces derniers changeront d'employeurs et rejoindront une autre filiale de La Poste, Swiss Post Solutions (SPS), une entreprise «qui offre des perspectives à ces employés», selon Johannes Möri. Du fait des progrès liés à la numérisation, le volume de formulaires et de documents se réduit fortement, explique le porte-parole.

La quatrième et dernière mesure discutée dans le cadre de la procédure de consultation concerne l'examen du réseau des succursales de PostFinance, la banque postale prévoyant de fermer les points de contacts les moins fréquentés.

Toutefois, aucune des 42 succursales ne sera fermée, souligne M. Möri. Dans ce cas aussi, les salariés concernés se verront proposer un poste dans une autre filiale ou une offre de formation dans le domaine du conseil à la clientèle.

Un scandale pour Syndicom

Le syndicat Syndicom a de son côté vivement critiqué certains aspects du projet de PostFinance. Jugeant l'initiative «scandaleuse», son porte-parole, Christian Capocoel, estime que le transfert des emplois va se solder par une détérioration des conditions de travail et des baisses des salaires pour les salariés touchés.

Les employés de Swiss Post Solutions disposent d'une convention collective de travail (CCT) «nettement plus mauvaise» que celle à laquelle les salariés de PostFinance sont soumis, craint le syndicat. Et ce dernier de redouter que leurs salaires ne soient réduits au niveau de ceux de SPS, inférieurs d'environ 15% à ceux de la banque postale.

PostFinance n'a garanti les acquis de salariés visés que pour un an, a précisé Roland Lamprecht, de Syndicom. Le syndicat entend aussi s'opposer au projet, lequel pourrait s'imposer comme un modèle pour l'avenir, du fait que de nombreux emplois sont menacés par les avancées de l'économie numérique.

Pour mémoire, le bras financier de La Poste avait fait part en novembre 2016 de sa volonté d'adapter sa stratégie dans un contexte de taux d'intérêt durablement bas. L'entreprise n'avait toutefois pas souhaité indiquer le nombre d'emplois qu'elle entendait supprimer dans le cadre de ce plan.

Refinancement plus difficile

A la différence de ses concurrents bancaires, PostFinance ne peut pas investir ses fonds sur le marché suisse des crédits et des hypothèques, suite à une décision du Parlement. PostFinance se trouve ainsi affecté plus durement que les banques par les taux d'intérêt négatifs.

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