La pression s'accentue sur EADS et BAE Systems

AéronautiqueLes actionnaires ont accentué la pression lundi sur EADS et BAE Systems, qui tentent d'arracher l'accord de Berlin, Londres et Paris pour fusionner et créer le plus grand groupe mondial d'aéronautique et de défense.

Le ministre britannique de la Défense Philip Hammond a menacé dimanche de bloquer l'opération si la France et l'Allemagne franchissaient les «lignes rouges».

Le ministre britannique de la Défense Philip Hammond a menacé dimanche de bloquer l'opération si la France et l'Allemagne franchissaient les «lignes rouges». Image: AFP

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La maison-mère de l'avionneur Airbus et le fabricant d'armes britannique doivent informer le régulateur des marchés à Londres avant 16h locales mercredi (17h) de la réussite de leur projet, de leur échec ou demander un nouveau délai.

L'hypothèse de la prolongation semble de plus en plus probable devant les difficultés rencontrées par les Etats pour se mettre d'accord, reconnaît-on de sources proches du dossier.

Actionnaires sceptiques

En attendant, le premier actionnaire du groupe de défense britannique BAE, la société d'investissements Invesco Perpetual, a rejoint les actionnaires industriels d'EADS, le français Lagardère et l'allemand Daimler, qui s'inquiètent de la baisse du cours de leurs actions. Invesco juge désavantageux le ratio retenu dans le projet de fusion, 40% pour BAE contre 60% pour EADS. Daimler et Lagardère le trouvent au contraire trop favorable au Britannique.

Le fonds, qui possède 13,3% du capital de BAE Systems, a dit également craindre que la présence des Etats allemand et français au capital de l'entité qui naîtrait de la fusion mette en péril l'accès de BAE au marché de la défense américain.

Le ministre britannique de la Défense Philip Hammond avait déjà menacé dimanche de bloquer l'opération si la France et l'Allemagne franchissaient les «lignes rouges» posées par Londres en essayant de garder une influence sur la gestion du futur groupe. Le Royaume-Uni dispose d'une action spécifique au sein de BAE, qui lui permettrait d'imposer son veto.

La France, qui détient 15% du capital d'EADS, veut y rester, ce qui lui donnera 9% des actions de la nouvelle entité. L'Allemagne insiste pour sa part sur la parité avec la France. D'après plusieurs sources proches des négociations interétatiques, elle a obtenu l'accord de ses partenaires pour monter au capital à hauteur de 9%.

Mais Paris a refusé de s'engager par écrit à ne pas accroître à l'avenir sa participation, et entraîner ainsi Berlin dans une escalade. Il n'est pas question de se lier les mains, dit-on dans l'entourage du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Ce refus, et l'insistance de l'Allemagne à récupérer le siège d'EADS que le patron Tom Enders a décidé cette année d'installer à Toulouse, ont bloqué la négociation vendredi.

Convoitises

Les contacts se sont poursuivis en secret. Le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert, s'est refusé lundi à toute information sur ces conversations. «Le gouvernement étudie soigneusement le dossier avec tous les participants», a-t-il simplement déclaré.

Berlin insiste pour préserver la parité avec la France instaurée lors de la création d'EADS en 2000 et soigneusement protégée par des accords et une structure compliquée du capital du groupe.

De son côté, Philip Hammond, secrétaire à la Défense britannique, a déclaré lundi que la participation de la France dans la future entité doit être inférieure à 10% pour que le projet de rapprochement puisse aboutir.

«Notre position est la suivante: la France devrait sensiblement diminuer sa participation. Celle-ci doit être inférieure à un certain niveau, pour qu'elle soit du même ordre que celles détenues par de grands investisseurs institutionnels, qui détiendront eux aussi des participations importantes mais à un chiffre dans le groupe fusionné», a-t-il dit sur la chaîne de télévision BBC.

La France détient 15% d'EADS mais pourrait racheter les 7,5% détenus par Lagardère et dont ce dernier souhaite se séparer. Philip Hammond a ajouté qu'il n'y avait aucune chance qu'un accord sur la fusion soit conclu avant mercredi après-midi. (ats/afp/nxp)

Créé: 08.10.2012, 18h56

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