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Un producteur de lait français sauvé grâce au bio

Il y a trois ans, sa ferme était au bord du gouffre. Pour l’en sortir, Laurent Varaillon a choisi l’agriculture biologique. Reportage dans le Périgord.

En 2015, l’éleveur français Laurent Varaillon était au bord de la faillite. La conversion au bio l’a sauvé.
En 2015, l’éleveur français Laurent Varaillon était au bord de la faillite. La conversion au bio l’a sauvé.
CUENOD

En juillet 2015, en pleine colère des éleveurs français, notre journal publiait un reportage en Périgord Vert, à la ferme de la Meynardie. Ce propriétaire d’un cheptel de cinquante-cinq têtes de bétail, dont trente vaches laitières, nous faisait part de son désespoir: «Depuis 2009, je ne parviens plus à me sortir un salaire.»

Trois ans plus tard, nous sommes retournés à la Meynardie, près de Mareuil-en-Périgord. Les vaches paissent toujours dans les prés sous une petite bruine. Laurent Varaillon, son épouse, Sophie, ses enfants, Arthur et Delphine, s’activent dans l’exploitation familiale. Pourtant, la situation a changé. Radicalement. «Aujourd’hui, je ne travaille plus pour rien. Enfin, je parviens à sortir un salaire. Mieux, je suis en passe d’éponger toutes mes dettes», nous explique le producteur laitier en divulguant la cause de cette résurrection qui n’a rien de miraculeux: «C’est grâce à la conversion vers l’agriculture bio que notre exploitation a été sauvée.» Une conversion progressive et strictement contrôlée pour aboutir à la certification bio. Un contrôle qui est réitéré chaque année, avec des visites inopinées toujours possibles. «Notre exploitation a reçu sa certification en mai 2016. Il faut dire que nous fonctionnions déjà en mode bio, mais sans que cela ne soit reconnu officiellement. Pour nous, la transition a été plutôt aisée.»

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Il y a trois ans, Laurent Varaillon livrait son lait à Lactalis, le numéro 1 mondial de l’industrie laitière. Il ne recevait que 29 centimes d’euro le kilo de lait, alors que son coût de production atteignait 35 centimes le kilo. Depuis plus d’un an, il ne livre plus chez Lactalis mais Biolait, un groupement de producteurs ne travaillant qu’en bio. Il perçoit désormais 48 centimes d’euro le kilo de lait. Pas de quoi faire des folies. Mais de quoi faire vivre une exploitation familiale.

Biolait, c’est aujourd’hui un millier d’adhérents, 30% de la collecte bio en France, soit 190 millions de litres de lait et 300 millions attendus en 2019 ou 2020. Ce groupement a conclu des accords avec de grandes surfaces comme Système U et Biocoop. Le principe évoqué par le président de Biolait, Christophe Baron, lors d’une récente assemblée générale: «Nous vendons du lait et de la démocratie.» Car les producteurs adhérents entendent rester maîtres de leurs choix et ne pas déléguer leurs pouvoirs à de grands groupes de l’industrie laitière «qui n’ont plus de coopératives que le nom», ajoute Laurent Varaillon: «Dans l’agriculture, les banques, les industries chimiques et les grands groupes agro-industriels sont tenus par quelques mains dans un état d’esprit un peu mafieux. C’est ce système qui a promu l’agriculture conventionnelle et chimique. Malgré son actuelle puissance, ce système est à bout de souffle. Les consommateurs sont de plus en plus nombreux à le refuser.»

Le choix que le producteur de la Meynardie a opéré ne s’explique pas uniquement par des motifs économiques: «Surtout, je fais mon vrai métier, qui est d’observer les plantes et les animaux pour mieux nourrir les gens.»

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