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Un quart des banques privées suisses pourrait encore disparaître

Selon les dernières recherches menées par KPMG, 23 des 107 établissements encore en activité présentent toujours des bilans fragiles

Infographie
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Il y a dix ans, la banque américaine Lehman Brothers sombrait. Son naufrage, survenu le 15 septembre 2008, entraînait alors la planète dans l’une des pires crises économiques de son histoire. Parmi les principales victimes, les banques, qui s’octroyaient même la première place du podium.

Sans en être vraiment encore consciente, la place financière helvétique entrait ce jour-là dans une période de turbulences historique qui, dix ans plus tard, ne s’est toujours pas résorbée. Si les deux plus grandes banques de Suisse (UBS et Credit Suisse) commencent à peine à retrouver un peu de souffle, ce n’est pas le cas de nombreux établissements privés. D’après les recherches menées par les experts de KPMG (en collaboration avec l’Université de Saint-Gall), près de la moitié des 90 banques privées analysées sont toujours en convalescence.

Banques privées menacées

Un quart d’entre elles restent tellement fragilisées que leur avenir même est actuellement incertain. «Malgré un environnement boursier extrêmement positif, sur les 23 banques aux performances les plus faibles, 13 ont subi des pertes d’exploitation en 2017», indique l’institut de recherches. Non sans préciser que 8 de ces 13 établissements ont des bilans négatifs depuis trois ans.

Cette fragilité persistante laisse à penser que la phase de consolidation du marché n’est pas terminée et que des acquisitions ou des ventes sont à escompter dans les mois ou années à venir. Au cours des huit dernières années, la Suisse a déjà vu 56 banques privées fermer leurs portes, dont sept au cours des dix-huit derniers mois. Sans trop de surprise, ce sont les plus petits établissements qui, pour n’avoir pas la possibilité de procéder à des économies d’échelle, ne parviennent pas à faire face à une explosion globale des coûts fixes. Et cela alors qu’en parallèle les marges n’ont cessé de se réduire comme peau de chagrin.

Tout n’est heureusement pas totalement noir pour la place financière suisse. Pour l’autre moitié des banques privées en effet, les années difficiles semblent terminées. Le temps des adaptations aux nouvelles normes et exigences réglementaires (FATCA, échanges automatiques, etc.), celui des sorties de fonds propres liées à la régulation d’une clientèle off-shore ou encore celui des amendes à payer font désormais partie du passé. «Les effets négatifs exceptionnels, liés à ces changements structurels, sont derrière», estime KPMG.

Des marchés au firmament

Preuve de ce regain de forme, un retour notable aux bonnes performances financières. «L’évolution positive du marché des actions a engendré une croissance de plus de 200 milliards des actifs sous gestion ainsi qu’une augmentation des revenus des commissions», écrivent les experts de l’institut de recherches. Mercredi, Wall Street battait par ailleurs un record de longévité à la hausse. Depuis 3453 jours, l’indice S & P 500 (représentant les plus grosses capitalisations boursières américaines) n’a plus connu de baisse de plus 20%. «Nous avons sous les yeux le marché le plus attractif du moment. Le slogan de Donald Trump «Make America Great Again» s’est transformé en «Make the markets great again», constate un analyste financier cité par l’AFP.

Contrôles des coûts négligés

Seul bémol, la question des coûts constitue une source d’inquiétudes persistantes. En hausse constante, ils pourraient à terme coûter cher à des établissements aujourd’hui jugés hors de danger. «Chez de nombreuses banques privées, les charges d’exploitation ont augmenté parallèlement aux revenus d’exploitation, indiquant qu’elles ont négligé les contrôles des coûts. Ainsi, en cas de revers des marchés financiers, certaines se retrouveraient en difficulté», présage KPMG.

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