La quête de l’amour fait la fortune des sites et applications de rencontre

Technologie Tinder, Happn, C-Date, Once ou les classiques Meetic ou Adopte un mec… La liste de noms ne cesse de s’allonger.

Après les jeux, les applications de rencontre s’avèrent être les plus rentables.

Après les jeux, les applications de rencontre s’avèrent être les plus rentables. Image: Reuters

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La Saint-Valentin! Tout en continuant de faire le bonheur des fleuristes, chocolatiers et autres bijoutiers et maroquiniers, cette journée ultracommerciale engendre des retombées économiques providentielles sur un autre secteur: celui des sites et applications de rencontre en ligne. Les statistiques les plus récentes le prouvent. Depuis plusieurs années, juste après les fêtes de Noël, des pics d’activité ont été identifiés. Le premier dimanche de l’année serait le plus fréquenté par les utilisateurs de ce type d’application. Et la période qui précède le printemps est idéale pour essayer de se démarquer, et cela d’autant plus dans un marché qui explose.

Tinder, Happn, Zoosk, C-Date, Badoo, Parship.ch, Once ou encore les plus classiques Meetic ou Adopte un mec… La liste de noms ne cesse de s’allonger. Après les jeux, les applications de rencontre s’avèrent même être la deuxième catégorie la plus rentable sur l’App Store. Le fait est qu’en moins de dix ans, ce secteur s’est transformé en une industrie pesant plusieurs milliards de francs. Reste que les places véritablement intéressantes et surtout rentables sont rares. Et si les sites de rencontre sont parvenus à établir un modèle d’affaires débouchant sur des bénéfices, la donne est bien plus complexe lorsqu’il s’agit des applications qui peinent encore à monétiser leur audience.

Concentration du marché

Actuellement, le marché est sous la coupe de trois ou quatre gros acteurs qui ont grandi à coups d’acquisitions. L’automne dernier, l’un des mastodontes, Attractive World, se faisait par exemple racheter par son concurrent allemand Affinitas (Elite Rencontre et e-Darling) pour un montant estimé entre 10 et 20 millions de francs.

Un groupe a toutefois clairement pris l’ascendant sur l’ensemble de la branche: Match Group. Il est propriétaire de nombreuses marques reconnues, telles que Tinder ou Meetic, pour ne citer que les plus connues, deux entités justement rachetées au cours de ces quatre dernières années. Cotée en Bourse depuis le mois de novembre 2015, l’entreprise a vu son action passer de 11 dollars à un peu plus de 17 dollars actuellement, et sa valorisation grimper à plus de 4 milliards de dollars (environ le même montant en francs).

Certains analystes s’alarment de la forte dépendance de Match Group – pourtant propriétaire de 45 marques distinctes – à Tinder, et ce malgré sa capacité à générer des bénéfices. L’application serait actuellement le seul vecteur de croissance pour l’entreprise américaine. «Cette situation pourrait être problématique si la société, une fois Tinder arrivé à saturation, n’arrive pas à s’assurer que d’autres produits puissent maintenir une croissance similaire», selon un analyste du site financier Motley Fool.

Réussir à capter une audience

Malgré son rôle de leader du marché, Match Group n’est donc pas à l’abri d’être détrôné un jour ou l’autre. Car toute la difficulté de cette branche réside dans la capacité à atteindre une base suffisante d’utilisateurs, mais aussi dans celle de la conserver sur le long terme. «En matière de dating, les jeunes sont dans une logique de snacking. Ils profitent ainsi du modèle freemium des applications pour les tester puis zapper celles qui ne retiennent pas leur attention», expliquait en franglais une sociologue à 20 minutes. Pour les groupes installés, cette situation a ainsi le double inconvénient de nécessiter des moyens marketing colossaux pour rester bien référencés et continuer de capter l’attention de leurs clients, mais aussi de laisser les portes ouvertes à toute forme de concurrence.

Ces derniers temps, de nouveaux entrants proposant un concept inédit sont ainsi parvenus à s’imposer et à convaincre des investisseurs de leur confier des millions pour se développer. Les fondateurs de Happn, l’une des applications les plus en vue actuellement et qui permet d’entrer en contact avec des personnes croisées et correspondant à vos critères, sont ainsi parvenus à lever 8 millions d’euros en 2014 et 12,5 millions en 2015. Active depuis octobre 2015, Once a pris le chemin inverse de Tinder en limitant les possibilités de rencontre, mais en recourant à des entremetteurs pour une sélection plus pointue des profils à mettre en contact.

La société assure comptabiliser quelque 3 millions d’utilisateurs, dont 200 000 en Suisse. «Nous sommes présents en France, en Grande-Bretagne, en Belgique, en Italie, en Autriche, en Allemagne ainsi qu’en Suisse et prévoyons notre entrée en Suède, aux Pays-Bas et en Espagne», explique l’entreprise. En tout, elle a levé 8 millions d’euros à ce jour et affirme être en phase «de conclure un nouveau tour de table».

Ces quelques réussites – qui devront toutefois faire leurs preuves à moyen, voire à long terme, en prouvant que leur modèle d’affaires peut générer de l’argent – sont toutefois les arbres qui cachent une forêt d’applications visant des marchés de niche et dont la plus grande partie ne sont pas rentables.

Créé: 14.02.2017, 08h19

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