Raiffeisen élit son président samedi

BanqueLes délégués de Raiffeisen se retrouvent ce samedi pour élire Guy Lachappelle dans un climat tendu.

Guy Lachappelle.

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Convoqués samedi à Brugg-Windisch pour une assemblée générale extraordinaire, les délégués de Raiffeisen sont appelés à élire Guy Lachappelle en tant que président du conseil d'administration et mettre un terme à l'ère Vincenz. Mais avant de prendre un nouveau départ, l'établissement st-gallois fait face à une nouvelle controverse portant sur son directeur général sortant Patrik Gisel.

De l'avis des observateurs, l'assemblée extraordinaire des délégués, auquel le public n'a pas accès, devrait porter sans grande difficulté l'ex-directeur général de la Banque cantonale de Bâle à la présidence de l'organe de surveillance. Et cela quand bien même sa désignation a suscité quelques critiques.

Celles-ci portent en particulier sur la manière dont Guy Lachappelle a réglé avec la Banque cantonale de Bâle l'affaire autour du système de boule de neige de la société ASE, laquelle a lésé plus de 600 clients de l'établissement cantonal rhénan à hauteur de 100 millions de francs. Il n'en reste pas moins que l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma) a donné son feu vert à la candidature du Bâlois.

Si le montant de la future rémunération de M. Lachappelle a également fait débat dans la presse, l'attention médiatique se concentre désormais sur le directeur général sortant de Raiffeisen, Patrik Gisel. Certains spéculent sur un départ prématuré de ce dernier, alors qu'il doit quitter son poste à la fin de l'année.

Liaison amoureuse

Les révélations de la presse alémanique concernant une liaison amoureuse entre M. Gisel et une administratrice de Raiffeisen, Laurence de la Serna, laquelle a depuis quitté l'organe de surveillance, auraient changé la donne. Alors que le Tages-Anzeiger et Blick annoncent la démission imminente du directeur général sortant, Raiffeisen, contacté vendredi par l'agence AWP, n'a souhaité commenter des «spéculations».

Il n'est reste pas moins que la quête d'un nouveau patron figurera constituera une des premières priorités de Guy Lachappelle. En septembre dernier, le vice-président de Raiffeisen avait confirmé que le processus de recherche avait été entamé et les médias n'avaient pas manqué dans la foulée de présenter plusieurs successeurs potentiels de M. Gisel, en citant notamment Dagmar Kamber-Borens, ancienne responsable opérationnelle (COO) des affaires helvétiques de Credit Suisse, le patron de PostFinance Hanspeter Köng, ou d'autres dirigeants de banques cantonales.

En avalisant samedi les candidatures de Karin Valenzano Rossi, Andrej Golob, Thomas Müller et Beat Schwab, les délégués mettront la touche finale au renouvellement du conseil d'administration de Raiffeisen. Les nouveaux administrateurs sont appelés à succéder aux derniers représentants de l'ère Vincenz, à savoir Philippe Moeschinger, Daniel Lüscher et Urs Schneider, lesquels ont renoncé à solliciter un nouveau mandat.

Renouvelé, l'organe de surveillance comptera neuf membres. Certaines voix ont aussi évoqué la question de l'octroi de la décharge à la direction du 3e groupe bancaire suisse, le vote ayant été reporté lors de la dernière réunion des délégués en juin à Lugano. A ce sujet, Raiffeisen indique laconiquement «ne pas fournir d'informations concernant les points à l'ordre du jour de l'assemblée extraordinaire des délégués».

L'établissement confirme cependant qu'un nouveau modèle de rémunération pour le conseil d'administration sera «porté à la connaissance» des délégués, tout en rappelant que la question reste de la propre compétence de l'organe de surveillance. Une augmentation des salaires des administrateurs avait suscité de vifs débats à Lugano, les délégués souhaitant alors des honoraires raisonnables.

Les débats devraient aussi aborder la question des structures futures du groupe Raiffeisen, la Finma ayant obligé l'établissement à revoir sa forme juridique et examiner la transformation de la holding Raiffeisen Suisse en une société anonyme. L'exigence a été mal reçue par de nombreux membres des coopératives Raiffeisen.

Les délégués se pencheront aussi sur un nouveau rapport intermédiaire de l'enquête interne menée par le professeur d'économie Bruno Gehrig et portant sur les années Vincenz. Selon Raiffeisen, les conclusions les plus importantes seront présentées aux délégués, le rapport devant être complété d'ici la fin de l'année. (ats/nxp)

Créé: 09.11.2018, 19h20

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