Raiffeisen prévoit une croissance du PIB de 1,3%

Suisse Pour la banque, l'impact de l'abandon du taux plancher franc/euro en janvier 2015 n'est pas entièrement surmonté.

Pour Martin Neff, économiste en chef de Raiffeisen, 2017 se profile comme une année de «vérité».

Pour Martin Neff, économiste en chef de Raiffeisen, 2017 se profile comme une année de «vérité». Image: Keystone

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Deux ans après le choc du franc fort, Raiffeisen estime que l'économie helvétique ne doit pas encore baisser la garde. Le numéro trois bancaire du pays prévoit une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 1,3% en 2017, après 1,4% estimé pour l'année écoulée. L'inflation devrait se «normaliser», mais à un faible niveau.

A l'inverse des autres prévisionnistes, ceux de Raiffeisen jugent que l'impact de l'abandon du taux plancher franc/euro en janvier 2015 n'est pas entièrement surmonté. Pour Martin Neff, économiste en chef du groupe bancaire, le nouvel exercice se profile donc comme une année de «vérité», a-t-il souligné mercredi devant les médias à Zurich.

La vigueur du franc devrait rester au centre des préoccupations et une détente durable sur ce front n'est pas prévisible à moyen terme. La petite remontée du dollar est certes bienvenue mais son impact très limité. Seule une accélération de la croissance mondiale, en Europe surtout, changerait la donne.

Montée des populismes

Les Etats-Unis ( 2,2% anticipés en 2017) devraient poursuivre sur leur lancée, mais avec du soutien. La zone euro ( 1,6%) a «démarré» fort, ce qui parle en faveur d'un tour de vis de la Banque centrale européenne. La Chine ( 6,3%) devrait décevoir: «Le gouvernement chinois autorisera une croissance un peu plus faible afin de mieux maîtriser l'endettement de l'économie mondiale», selon Martin Neff.

Il s'agira aussi d'observer l'évolution sur le plan géopolitique, chargée d'incertitudes. Le président élu américain Donald Trump va-t-il aviver ou au contraire apaiser les tensions? Qui de la Chine, de la Russie ou des Etats-Unis, dominera la scène? Où vont l'Union européenne (UE) ou encore les politiques monétaires, s'est interrogé Martin Neff.

Les élections en France, en Allemagne, aux Pays-Bas, peut-être en Italie, tiennent les marchés et les observateurs en haleine, avec le risque de voir les partis populistes gagner du terrain. Or de tels développements tendront à accroître la pression sur la valeur refuge helvétique, prévient l'économiste.

Saignée dans l'industrie

En Suisse, la croissance doit s'avérer modérée, mais considérable par rapport à d'autres pays industrialisés, notamment le Japon ( 0,9% estimés pour 2017). Les indicateurs conjoncturels s'avèrent très contrastés, renforçant la conviction de Martin Neff qu'on se trouve encore loin d'une reprise à grande échelle.

La hausse supérieure à 4% des exportations notamment repose sur la bonne santé de l'industrie pharma et chimique, même si l'industrie des machines et le tourisme peuvent espérer une amélioration.«Sans la pharma, la Suisse présenterait un déficit commercial», a rappelé le chef économiste.

Au cours des deux dernières années, le pays a créé quelque 28'000 emplois. Mais l'industrie domestique a connu une saignée de 22'000 postes à cause du franc fort. Avec 220'000 emplois de «cols bleus» disparus depuis 1991, la tendance est déjà ancienne mais la soudaine revalorisation du franc l'a accentuée, explique Martin Neff. Pour 2017, il escompte pas moins 10'000 emplois industriels à la trappe.

La consommation privée, jusqu'ici moteur de la croissance, devrait elle aussi rester modérée. Et de rappeler qu'en Suisse, 92% de la population se trouve à moins d'une heure de route d'un «paradis» commercial transfrontalier.

Faible inflation

L'évolution des prix demeure aussi un souci global. Raiffeisen s'attend pour la Suisse à un revirement du taux d'inflation en territoire légèrement positif cette année. Les prix à la consommation devraient ainsi augmenter de 0,6%, en raison notamment d'un effet de base lié à la remontée des cours du pétrole.

Or, sur le marché des matières premières, le potentiel de renchérissement s'avère limité. L'observation sur le long terme démontre une tendance continue à la baisse des prix. Pour Martin Neff, les objectifs d'inflation des banques centrales, y compris de la Banque nationale suisse (BNS), semblent donc dépassés et peu en phase avec la «nouvelle» réalité.

Même schéma pour les taux d'intérêt. Leur «normalisation» devrait tout au plus rester imprécise en 2017. A long terme, Raiffeisen table sur des taux positifs, mais non sur un relèvement par la BNS au vu du contexte incertain. (ats/nxp)

Créé: 11.01.2017, 15h06

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