Renault-Nissan va se lancer dans le «low cost» en Inde

Industrie automobileLe groupe automobile Renault-Nissan va lancer un modèle à bas prix en Inde afin de conquérir le marché des «premières voitures» de la classe moyenne.

Le PDG de l’alliance automobile, Carlos Ghosn, a expliqué vouloir lancer deux véhicules à «un prix très compétitif» de moins de 6300 francs.

Le PDG de l’alliance automobile, Carlos Ghosn, a expliqué vouloir lancer deux véhicules à «un prix très compétitif» de moins de 6300 francs. Image: AFP

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Le groupe Renault-Nissan a annoncé mardi le lancement en Inde d’ici à 2015 de modèles à bas coût. Il veut tenter sa chance sur le juteux marché de la classe moyenne voulant s’équiper pour la première fois mais désireux de conduire «une vraie voiture».

Le PDG de l’alliance automobile, Carlos Ghosn, a expliqué vouloir lancer dans un premier temps deux véhicules à «un prix très compétitif» de moins de 400’000 roupies (environ 6300 francs) pour répondre aux exigences d’une nouvelle génération de clients n’ayant pas les moyens d’acheter une berline ou un 4x4, des produits couronnés de succès qui s’adressent cependant à une portion congrue de ce pays émergent.

Dans un pays où une voiture sur deux coûte moins de 400’000 roupies, Renault-Nissan cherche aujourd’hui à faire son entrée sur le marché des petits prix après avoir proposé du moyen et haut de gamme. «C’est plus facile de faire d’abord rêver et il était important d’asseoir l’image», résume Marc Nassif, directeur général de Renault Inde.

L’alliance cherche à répondre «aux exigences élevées des consommateurs dans les pays qui enregistrent la plus forte croissance économique du monde particulièrement pour les consommateurs qui achètent une voiture neuve pour la première fois», a indiqué lors d’une conférence de presse M. Ghosn à Chennai (sud de l’Inde, auparavant Madras), où est basée l’usine indienne de Renault-Nissan.

Pas des copies de la Tata Nano

L’objectif de ce projet, dont les contours avaient été évoqués en 2012, est d’offrir des modèles «proches des prix les plus bas» déjà pratiqués sur le segment des véhicules low cost mais sans vouloir copier la Tata Nano, a-t-il précisé. A terme, les nouveaux modèles pourront être destinés à d’autres pays émergents.

Selon M. Ghosn, les Indiens «ne veulent pas d’une voiture dépouillée d’une partie de son contenu (...). Ils veulent une voiture moderne, robuste et élégante -- avec un niveau de prix qui répercute une forte réduction des coûts».

La Tata Nano, présentée comme la voiture la moins chère au monde au prix de 200’000 roupies, n’a pas rencontré le succès escompté, notamment pour des raisons de problèmes techniques et de design loin du modèle de la voiture classique, selon les analystes.

Qualité demandée

«Les Indiens veulent une vraie voiture. Nous voulons travailler sur un produit qui respecte les codes liés à la fierté de posséder une voiture et qui ne soit pas un modèle où l’on a l’impression que peu d’argent a été déboursé», détaille Gilles Normand, directeur des opérations de la région Asie-Pacifique pour la marque au losange.

En Inde, une voiture représente bien plus qu’un bien de consommation, souligne-t-il. «C’est souvent la deuxième acquisition après la maison. La livraison d’une voiture donne lieu à un acte rituel avec un jour choisi précisément; ce n’est pas un achat banal, c’est un investissement qui correspond à la tirelire de la famille», analyse-t-il.

Chez Nissan, cette approche particulière du marché a aussi été étudiée: «La qualité du produit est primordiale: les Indiens ne veulent pas acheter une voiture pas chère mais un produit à forte valeur émotionnelle.

Posséder une voiture déclenche d’énormes aspirations chez le consommateur et il ne faut pas le décevoir», détaille Vincent Cobee, vice-président de la marque Datsun, dont un nouveau modèle va bientôt être lancé sur les routes indiennes.

Seuil des 15% à atteindre

Renault-Nissan, qui anticipe une part de marché de 5% en Inde d’ici à la fin 2013, espère atteindre le seuil des 15% d’ici les prochaines années, a indiqué M. Ghosn.

En Inde, on ne compte que 15 voitures pour 1000 habitants contre 650 en France ou en Allemagne, a-t-il relevé, faisant valoir l’immense potentiel de ce marché de 1,2 milliard d’habitants alors que le secteur automobile souffre de la crise en Europe.

La troisième puissance économique d’Asie connaît toutefois un net ralentissement, qui frappe de plein fouet le marché automobile.Après des années de forte croissance de l’ordre de 20% à 30% qui ont fait affluer les constructeurs mondiaux, le secteur a connu en 2012-13 une chute des ventes, de 6,7%, pour la première fois en dix ans. En juin, les ventes de voitures neuves ont chuté de 9% sur un an, la huitième baisse d’affilée. (ats/afp/nxp)

Créé: 16.07.2013, 17h47

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