La réponse à la «smartwatch» s’organise

HorlogerieSamsung arrive en force à Baselworld. TAG Heuer et le genevois MMT répliquent, avec du «Swiss made».

Le suisse Alpina sort de nouvelles versions de ses montres connectées, comme la Seastrong Horological Smartwatch1.

Le suisse Alpina sort de nouvelles versions de ses montres connectées, comme la Seastrong Horological Smartwatch1. Image: DR

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A Baselworld, deux ans après l’onde de choc provoquée par le lancement des montres connectées, les horlogers suisses retrouvent la sérénité. La nouvelle technologie, selon eux, n’a qu’un impact limité dans la crise vécue par la branche. Les «smart­watches» n’en continuent pas moins de se faire une place dans les stands de luxe du salon international de l’horlogerie, à Bâle, mais dans un segment de niche.

Samsung, pour la première fois à Baselworld, et dont le stand est situé dans la majestueuse Halle 1, un étage au-dessus des marques de l’empire Swatch, a fait une démonstration de force en présentant sa Gear S3 dans une salle comble. Mais l’événement n’a guère perturbé la vie du salon bâlois. Et ce contrairement à la manifestation de 2015, durant laquelle tous les médias et dirigeants de sociétés horlogères n’avaient que le mot «smartwatch» en bouche.

Un peu plus tôt jeudi, TAG Heuer – qui avait présenté son nouveau modèle connecté «Swiss made» une semaine plus tôt – n’en a pas pipé mot au cours de sa conférence de presse!

Toute la présentation se concentrait sur la réédition d’une montre «iconique» sortie en… 1962: la Heuer Autavia. Le modèle a été choisi par un sondage Internet réalisé auprès de 50 000 fans de la marque. Pour annoncer la sortie en novembre de ce chronographe bracelet vintage des plus classiques, Jean-Claude Biver était entouré de l’acteur et pilote Patrick Dempsey et de Jack Heuer, son créateur âgé de 80 ans. Cette montre sportive fut jadis portée par les pilotes Jochen Rindt, Jo Siffert et Clay Regazzoni.

«Il y a deux ans, on prédisait les pires catastrophes aux horlogers suisses: qu’on allait disparaître, qu’il n’y aurait bientôt plus que des smartwatches», affirme Jean-Daniel Pasche, président de la Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH). «Nous devons rester calmes, il y aura encore des innovations mais ce sont d’autres produits qui correspondent à un autre marché; il faut remettre en perspective la place des montres suisses», poursuit ce dernier.

Pas de péril en vue

Comme l’a rappelé mercredi aux médias François Thiébaud, président des exposants suisses et membre de la direction générale du groupe Swatch, les montres suisses terminées ne représentent en effet que 25,4 millions sur le 1,2 milliard de pièces vendues dans le monde. Soit moins de 3% en nombre, alors qu’en valeur leur part atteint 60%!

Ces commentaires de deux personnalités de l’horlogerie helvétique incitent à relativiser le phénomène smartwatch pour l’industrie du luxe, bien qu’elles se vendent par millions. Jean-Daniel Pasche ne minimise pas pour autant la nouvelle technologie dans son secteur: «Nous restons attentifs et c’est important que des montres connectées Swiss made soient lancées dans ce segment, complémentaire aux montres traditionnelles.»

Ce n’est pas seulement le cas chez TAG Heuer. La marque genevoise Frédérique Constant, qui a joué les pionnières en lançant ses premières montres suisses connectées habillées de luxe, il y a deux ans, sort de nouvelles versions dans sa marque ainsi que chez Alpina.

La galaxie «smart» de MMT

L’entreprise genevoise, fondée par Aletta et Peter Stas en 1988, a été reprise entre-temps par le géant horloger japonais Citizen Watch. Mais le couple d’origine néerlandaise est resté majoritaire dans la société MMT (Manufacture Module Technologies) qui développe la technologie connectée de plusieurs marques suisses. Celle-ci s’est même détachée de son partenaire californien, Fullpower – la société de la Silicon Valley qui développait le «firmware» de la connectivité, les applications smartphone et l’infrastructure «cloud». Désormais, indique Karim Jaber, directeur général opérationnel, tout est «Swiss made». Même le «cloud» qui stocke les données de suivi d’activité et du sommeil de l’utilisateur est domicilié en Suisse.

Rappelons que les «smart­watches» Frédérique Constant et Alpina, qui tournent avec des aiguilles, sont actionnées par un mouvement à quartz fabriqué par la société Soprod à Sion (groupe Festina). De son côté, MMT fournit le module connecté et le logiciel de l’application qui traite les données, autrement dit la carte électronique. Cette technologie connectée équipe aussi les marques Mondaine, Salvatore Ferragamo et des modèles du groupe Movado. Le français Michel Herbelin a adopté lui aussi le système MMT, dévoilant lors de ce salon – et pour ses 70 ans – son premier modèle de montre connectée.

Une nouvelle version du module de connexion fait son apparition à Bâle. Frédérique Constant et l’entreprise MMT SwissConnect, à Plan-les-Ouates, qui a son propre stand à Bâle, présentaient ce jeudi un bracelet intelligent en cuir appelé E-Strap, qui peut s’adapter à n’importe quelle montre analogique.

En forme de boucle cachée, le module électronique, qui fournit les mêmes fonctions interactives que jusqu’à présent, est ainsi détaché du mouvement quartz. Selon Karim Jaber, ce bracelet – qui se veut élégant et raffiné – doit inciter les horlogers de haut de gamme à se lancer plus facilement dans les produits connectés en leur donnant plus de liberté de création.

Créé: 24.03.2017, 07h36

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