Les paysans suisses gagnent plus d’argent actuellement

AgricultureLes revenus des agriculteurs helvétiques ont progressé en 2016 et ce devrait être encore le cas cette année.

Image: PATRICK MARTIN -A

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Quelle bonne nouvelle! Les paysans suisses gagnent plus d’argent actuellement. Le revenu agricole moyen par exploitation (réunissant souvent une à quatre familles) est passé de 61'400 francs en 2015 à 64'300 francs l’an dernier. Soit une augmentation de 4,7%. Les prix de leurs produits ont eux-mêmes progressé de 1,8% et leurs charges de 1,1%, selon les données d’Agroscope (centre de compétence de la Confédération pour la recherche agricole, dépendant de l’Office fédéral de l’agriculture).

Simultanément la dimension moyenne des exploitations a augmenté de 1,7%, tandis que le nombre d’exploitants dans chacune de ces entreprises familiales a diminué. Ces évolutions génèrent donc, par la force des choses, une hausse de la productivité. Le revenu moyen par unité de travail familial (UTAF ou moyenne provenant de la division du bénéfice global des exploitations par le nombre de personnes appartenant à la même communauté d’exploitation, salariés non compris) tend dès lors à croître: de 44'600 francs en 2015 à 47'200 francs l’an dernier. Soit une hausse appréciable de près de 6%.

Évolutions dans l'ensemble de la Suisse

Cette évolution ne se confirme cependant pas de façon uniforme dans l’ensemble du pays. Une hausse du revenu par UTAF de 6,9% a pu être observée en plaine, de 2% en zone de collines et de 2,8% en montagne. «Nos chiffres de 2016 pour le canton de Vaud ne sont pas encore disponibles. Les évolutions observées dans l’ensemble de la Suisse sont toutefois induites en grande partie par des facteurs climatiques et commerciaux. Elles devraient dès lors se confirmer dans notre canton», estime Christian Aeberhard, adjoint de direction chez Prometerre (chambre cantonale de l’agriculture vaudoise).

François Erard, directeur d’AgriGenève (Chambre genevoise de l’agriculture) rappelle une réalité cruciale: «Les statistiques d’Agroscope incluent certes quelques chiffres provenant d’exploitations genevoises. Mais notre branche s’avère exposée en tout temps à de fortes fluctuations. Après de bons résultats de la viticulture genevoise en 2016, ils vont chuter de 40% cette année. Il s’agit donc d’une véritable catastrophe, en dépit d’une année relativement réjouissante dans les céréales.»

L'effet négatif des bons rendements

L’agriculture suisse devrait quoi qu’il en soit bénéficier d’une conjoncture encore relativement favorable cette année. «Nous prévoyons, en moyenne, une hausse de 2,2% du revenu net d’entreprise dans ce secteur en 2017», indique Franz Murbach, de la section environnement et développement durable à l’Office fédéral de la statistique, cité dans la revue professionnelle Agri. Christian Aeberhard rappelle cependant toute la prudence que requiert la moindre prévision: «Le bon rendement des cultures constaté cette année peut par exemple favoriser une saturation des marchés et presser les prix de nos produits vers le bas.»

L’évolution soudainement réjouissante des revenus des paysans retient néanmoins la plus grande attention, au moment où, à Berne, l’administration fédérale s’apprête à supprimer un avantage fiscal dont jouiraient les paysans. Ceux-ci, souvent détenteurs de leur logement, bénéficient en effet d’une imposition sur une valeur locative beaucoup plus basse que les propriétaires ordinaires. Ce régime permettrait à des agriculteurs de réduire leur revenu imposable de 5000 à 15'000 francs dans certains cantons, selon des experts cités dans le quotidien zurichois Tages-Anzeiger (édité par Tamedia, comme ce journal).

Moins de 4000 francs par mois

Ce sujet attise les tensions dans tout le pays. D’abord parce que l’abandon de l’avantage fiscal supposé des paysans ne fait bien sûr pas l’unanimité. Ensuite parce qu’il pourrait entrer en force le printemps prochain. La conférence des directeurs d’administration fiscale recommande en plus déjà aux cantons de se conformer aux prochaines consignes concernant le calcul de la valeur locative d’un logement appartenant à une famille d’agriculteurs.

Il n’en demeure pas moins que les revenus des indépendants de l’agriculture ne suscitent guère l’euphorie: souvent moins de 4000 francs par mois, soit à peine plus que le salaire minimum légal de leurs propres employés. A titre indicatif, le salaire mensuel brut médian vaudois s’élevait à 6197 francs en 2012. Celui de la Genevoise atteignait deux ans plus tard 7069 francs, contre 7234 pour son homologue masculin. Rappelons en outre que plus d’un cinquième des ressources des exploitations agricoles dépendent des contributions publiques (2,9 milliards de francs l’an dernier). «Elles assurent ainsi un socle important dans la formation des revenus dans ce secteur», relève Franz Murbach. (24 heures)

Créé: 11.10.2017, 21h03

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