Les risques augmentent pour UBS et Credit Suisse

BanqueDans un climat tendu, la fondation Genève Place financière présente son enquête conjoncturelle

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Les risques s’accroissent pour UBS et Credit Suisse. Notamment en ce qui concerne le poids des amendes à prévoir pour leur implication dans des produits toxiques, liés au marché immobilier états-unien. Les fameux subprimes ou RMBS (residential mortgage-backed securities, soit en français «dettes hypothécaires titrisées»).

Le mois dernier, nombre d’experts évoquaient la probabilité d’un montant avoisinant les deux milliards de dollars pour la première banque helvétique et une somme légèrement supérieure pour la deuxième. Maintenant, les prévisions commencent à grimper.

UBS risquerait ainsi jusqu’à 7,5 milliards de francs d’amende, en tenant aussi compte des procédures judiciaires en cours en France. Les sanctions contre Credit Suisse pourraient s’élever jusqu’à 5,5 milliards de francs. Telles sont les estimations actuelles du service de la recherche de la Banque privée zurichoise Vontobel.

Menace de krach

Cette évolution des chiffres s’inscrit dans un contexte de lourdes inquiétudes. A la mi-septembre, le Department of Justice américain (DoJ) a manifesté l’intention d’infliger une amende de 14 milliards de dollars à Deutsche Bank. Deux semaines plus tard, l’Agence France Presse (AFP) a annoncé une nouvelle plutôt réjouissante: un accord imminent entre le DoJ et la première banque d’outre-Rhin (1629 milliards d’euros à la somme du bilan au terme de l’exercice écoulé, contre près de 943 milliards de francs pour UBS) sur une amende de 5,4 milliards de dollars (5,24 milliards de francs).

Ce montant paraissait plutôt rassurant, puisque Deutsche Bank avait elle-même provisionné 5,5 milliards d’euros en juin pour régler ce litige. Cette perspective n’apaiserait pourtant pas les soucis du Fonds monétaire international et de la Réserve fédérale. Les responsables de ces deux institutions estiment que Deutsche Bank fait peser une menace de krach sur le système financier mondial.

Les investisseurs ne manquent pas de partager ces craintes. Le vendredi 30 septembre, juste après la bonne nouvelle de l’AFP, l’action de Deutsche Bank a certes réussi la plus belle progression du DAX (l’indice des principales capitalisations à la Bourse de Francfort), à 6,39%. Mais le titre a néanmoins perdu plus de 40% de sa valeur depuis le début de l’année.

Réactions des marchés

Les difficultés actuelles de Deutsche Bank développent des effets sur les marchés financiers et le secteur bancaire de toute l’Europe. Ceux-ci ne manquent pas d’être perceptibles en Suisse (voir l’infographie). Oswald Grübel, président du directoire de Credit Suisse de 2002 à 2007, puis du conseil d’administration d’UBS de 2009 à 2011, estime que les cours des actions des deux grandes banques helvétiques continueront de baisser. «J’ai moi-même vendu toutes mes actions Credit Suisse quand je suis parti», précise le retraité.

En outre, après les Accords de Bâle III du 16 décembre 2010, ceux de Bâle IV apparaîtront le mois prochain. Ces nouveaux standards internationaux pèseront encore plus sur les marges. «Il est évident que les changements apportés jusqu’ici, ainsi que ceux à venir, se traduiront par des exigences accrues en capital», ont déjà prévenu en avril les experts d’Ernst & Young.

Quoi qu’il en soit, le directeur de Genève Place financière, Edouard Cuendet, présente aujourd’hui les résultats de l’enquête conjoncturelle 2016-2017, effectuée auprès des banques et des gérants indépendants. Le président de la fondation, Yves Mirabaud, abordera lui-même les enjeux de la place financière genevoise. Ils sont évidemment importants. La contribution de cette branche au PIB (produit intérieur brut) suisse atteint 9,5% (chiffre de 2014) et elle assure 5,3% des emplois dans le pays. (24 heures)

Créé: 11.10.2016, 08h05

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