Roman Polanski, la cible idéale du ministre populiste

PologneLe ministre de la Justice rouvre la procédure d’extradition vers les Etats-Unis du célèbre cinéaste.

Roman Polanski. Photo d'illustration.

Roman Polanski. Photo d'illustration. Image: AP

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«Si c’était un enseignant, un médecin, un plombier, un peintre, je suis sûr que n’importe quel pays l’aurait depuis longtemps extradé vers les Etats-Unis! (…) Est-ce que ça veut dire qu’un artiste éminent est libre de commettre des viols ou d’autres crimes cruels?» Ce mardi à Varsovie, Zbigniew Ziobro a annoncé qu’il veut rouvrir la procédure d’extradition du cinéaste Roman Polanski, 82 ans. Le ministre de la Justice, qui est aussi procureur général, va faire appel devant la Cour suprême. Zbigniew Ziobro conteste la décision prise par le tribunal de Cracovie, le 30 octobre, de ne pas accéder à la demande d’extradition adressée par les Etats-Unis à la Pologne en janvier 2015. Un refus qui rappelle celui de la Suisse il y a six ans. La cible était trop tentante pour le ministre polonais, membre du parti populiste au pouvoir, Droit et justice. Lui qui entend «assainir» le pays s’emporte contre le réalisateur, qu’il dit soutenu «par la crème de la société mondaine et (…) les médias libéraux», alors qu’il fut jadis l’auteur d’un «crime cruel contre un enfant».

Que lui reproche-t-on au juste? Toujours la même affaire. En 1977, le cinéaste de 43 ans a plaidé coupable de «rapports sexuels illégaux» avec Samantha Geimer, âgée de 13 ans. Il n’a purgé que 42 jours de prison avant d’être libéré sous caution. Un accord a été conclu avec la justice, mais il s’est enfui des Etats-Unis avant le verdict en 1978, craignant d’être malgré tout condamné à une longue peine.

Né en France de parents polonais, le réalisateur n’est jamais retourné aux Etats-Unis. Il vit dans l’Hexagone avec son épouse Emmanuelle Seigner. La justice française refuse l’extradition de ses citoyens. Une demande a donc été introduite en Pologne, où il se rend souvent, après une première procédure en Suisse.

Roman Polanski avait en effet été arrêté en septembre 2009 à Zurich, il avait été détenu quelques semaines puis placé en résidence surveillée à Gstaad jusqu’à sa libération en juillet 2010. La justice étasunienne n’avait pas fourni les documents réclamés.

Créé: 31.05.2016, 21h05

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