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SuisseLes salaires des patrons ont crû de 2% en 2015

Le montant total versé aux 2411 dirigeants examinés dépasse pour la première fois la barre des 2 milliards.

L'indépendance des conseils d'administration reste insatisfaisante, estime Ethos.
L'indépendance des conseils d'administration reste insatisfaisante, estime Ethos.
Illustration, Keystone

Même si la transparence s'est améliorée, les salaires des dirigeants des 204 plus grandes entreprises cotées à la Bourse suisse ont progressé globalement de 2% sur un an en 2015. Les directeurs généraux des 20 plus grosses capitalisations qui intègrent l'indice SMI ont eux gagné en moyenne 7,2 millions de francs, soit 12% de moins.

Les présidents des conseils d'administration des sociétés du Swiss Market Index (SMI) ont touché une enveloppe moyenne de 2,4 millions de francs l'an dernier, a indiqué jeudi à Zurich la Fondation Ethos en présentant son étude annuelle. Le montant total versé aux 2411 dirigeants pris en compte dépasse ainsi pour la première fois la barre des 2 milliards.

Parmi les 120 grands patrons de sociétés de l'indice élargi Swiss Performance Index (SPI) qui sont demeurés au même poste entre 2013 et 2015, une bonne moitié (66) a vu la part fixe de son salaire s'étoffer. Pour une poignée d'entre eux, la hausse était même supérieure à 30%, constate Ethos.

Pour la moitié des entreprises passées à la loupe, le recul du bénéfice opérationnel ne s'est pas traduit par une réduction du bonus, relève l'étude. Toutefois, plus d'une firme du SPI sur deux (57%) fixe désormais un plafond à la part variable de la rémunération et elles sont toujours plus nombreuses à ne pas verser de bonus aux administrateurs.

Organes sous pression

Malgré quelques améliorations, la fondation genevoise juge le niveau toujours élevé, surtout en comparaison internationale, même si le rythme a ralenti. En 2014, la rémunération globale des instances dirigeantes des entreprises du SPI avait crû de 4% sur un an. Les directeurs des firmes du SMI avaient empoché 8,2 millions de francs en moyenne.

Pour rappel, l'ordonnance d'exécution du texte de Minder (Ordonnance contre les rémunérations abusives ou ORAb) est entrée en vigueur en janvier 2014. Elle a introduit le vote contraignant sur les enveloppes de rémunérations du conseil d'administration d'une part et de la direction générale d'autre part. Le vote sur le rapport de rémunération reste lui consultatif.

Le président d'Ethos ne doute pas que la mise en oeuvre de l'initiative Minder met davantage de pression sur les conseils d'administration, «même si les rémunérations continuent d'augmenter». Dominique Biedermann perçoit toutefois une nette amélioration côté transparence et structure des systèmes.

Contestation plus vive

Au regard de la saison 2016 des assemblées générales, le taux de présence moyen pour les sociétés du SPI correspondait à 67% du capital, un niveau désormais stable. Le taux d'approbation moyen s'avère toujours élevé, mais là aussi stable, à 96,3%. Dans le détail, il ressort à 94,3% pour le vote sur le montant des salaires des administrateurs, et à 94% concernant les patrons.

La contestation est généralement plus vive parmi les grandes firmes, observe Ethos. D'abord, parce qu'elles sont moins nombreuses avec des actionnaires de référence. Ensuite, parce que les montants versés dans les firmes de petite taille s'avèrent «plus raisonnables» - d'où des actionnaires aussi moins regardants.

Le vote consultatif sur le rapport de rémunération demeure quant à lui le plus controversé, avec un taux d'approbation moyen de seulement 89,3%. Les augmentations de capital n'obtiennent elles que 91,8% de voix favorables.

Pas assez indépendants

En matière d'indépendance des conseils d'administration, on peut faire mieux, estime Ethos. Parmi les 20 grandes sociétés du SMI, quatre comptent encore moins de la moitié de membres indépendants au sein de l'organe, et 45% parmi celles du SPI.

Les femmes y sont également sous-représentées. Dans près de 40% des sociétés du SPI, aucune femme ne siège au conseil d'administration. Leur part atteint 14% dans l'ensemble au sein du SPI et monte à 20% dans les firmes du SMI. En comparaison européenne, la proportion féminine monte à 37% parmi les grands groupes français et à 27% en Allemagne ou au Royaume-Uni.

ats

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