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Le salon de Francfort, en panne, mise sur l’électrique

Francfort ouvre une édition riche en modèles électriques, mais désertée par les exposants. Olivier Rihs, directeur du salon de Genève, analyse cette mue.

Le salon de Francfort ouvre ses portes jeudi, avec un nombre record d’annulations de la part des exposants.
Le salon de Francfort ouvre ses portes jeudi, avec un nombre record d’annulations de la part des exposants.
Boris Roessler, Keystone

Plus de vingt nouveautés présentées au Salon de l’auto de Francfort, qui ouvre ses portes au public ce jeudi, font le pari du tout électrique et de l’hybride rechargeable. De la Hyundai i10 à la Porsche Taycan, en passant par la Citigo IV de Skoda, le tout-terrain AI.Trail d’Audi la Mini Cooper SE. Même les mastodontes allemands, qui avaient raté le coche, sont bien décidés à rattraper le coup. Voici le concept de sportive électrique Vision M Next de BMW, ou la citadine iD3 de Volkswagen, pressé de tourner définitivement la page du Dieselgate.

Pas le choix

Il serait aisé de n’y voir que du greenwashing ou une concession à l’air du temps. Rien qu’en Suisse, près de 10 000 voitures électriques seront immatriculées à la fin de l’année, en progression de 154%, «et l’objectif est de 30 000 à fin 2020».

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L'édito:Ma voiture me donne la migraine

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Pour Olivier Rihs, le nouveau directeur du Salon de l’auto de Genève, il ne s’agit plus d’une vitrine verte, mais d’un virage bien réel: «En 2020, la moyenne des émissions des véhicules neufs vendus par les constructeurs devra être inférieure à 95 g de CO2 par kilomètres. Il s’agit d’une obligation légale d’une part, et d’autre part c’est ce que les clients attendent.»

Technologie coûteuse

En clair, les constructeurs devront réduire les émissions de CO2 de 20% entre 2019 et 2020, et des réductions supplémentaires sont d’ores et déjà fixées pour 2030 (-37,5%), avec un palier intermédiaire en 2025 (-15%). Mais ces nouvelles technologies propres sont chères, et le prix des véhicules pourrait augmenter de 7% l’an prochain et de 15% d’ici à 2025, selon une étude du cabinet Heuler Hermes.

Et les amendes peuvent être chères, très chères: chaque gramme en excès coûtera 95 euros multiplié par le nombre de voitures vendues dans l’UE. «En février, rappelle l’AFP, le cabinet de conseil BCG avait évoqué des sanctions pouvant atteindre 1 milliard d’euros par constructeur». Par ailleurs, les marques sont prises en étau: soit elles répercutent le coût sur le prix, et les ventes décroissent, soit elles s’abstiennent, et leur marge fond…

Un nouvel écosystème

Olivier Rihs arpente le salon et décrypte la mue qui s’y opère. «Prenez le New Mobility World, qui accueille Samsung, Microsoft ou IBM. Cela montre à quel point les salons doivent s’adapter à un nouvel écosystème. On ne parle plus voiture, mais mobilité, et ces manifestations n’auront plus jamais le même visage qu’il y a encore cinq ans».

Les grandes marques étrangères comme Renault, Nissan, General Motors, Peugeot, Citroën, Dacia DS, Fiat Chrysler, Volvo, Ferrari, Toyota, Subaru, Mazda ou Maserati ont fait l’impasse sur cette édition 2019. Au point qu’un expert allemand s’est demandé s’il ne convenait pas de rebaptiser l’exposition «salon national»… «Plus personne ne va aligner des dizaines de modèles en différentes couleurs, souligne Olivier Rihs. Les constructeurs se concentrent sur quelques nouveautés, de préférence pertinentes en termes d’avancée technologique».

Plus de stands traditionnels, mais des plateformes avec de nouveaux acteurs, destinées à explorer la mobilité de demain, voilà ce vers quoi tendent les grands rendez-vous de l’automobile. «Les efforts sont colossaux, poursuit Olivier Rihs. Imaginez que 400 milliards de dollars, sur le plan mondial, sont investis dans la recherche sur les nouvelles propulsions».

Le salon de Genève bien placé

L’effritement n’épargne pas non plus Genève, qui a vu aussi ce printemps quelques exposants faire défection, et le nombre de visiteurs reculer de 9%. Mais Olivier Rihs est plus confiant que jamais: «Je peux vous annoncer que le 90e salon de Genève, en mars prochain, accueillera davantage d’exposants que celui de Francfort. Dont certains feront leur retour!» La taille, humaine, le terrain neutre et un prix du m2 abordable sont encore des atouts, confirme-t-il, plus que jamais convaincu que s’il ne devait rester qu’un seul salon en Europe, ce sera celui de Genève.

Marché mondial en recul

Le secteur automobile n’en traverse pas moins une crise existentielle. Au premier semestre, la vente de voitures neuves a baissé de 5% au niveau mondial, soit 2,4 millions de véhicules en moins. «C’est en partie dû au fait qu’il y a beaucoup d’incertitude aujourd’hui, observe olivier Rihs. Et l’auto ne sera plus qu’un moyen de transport inscrit dans une mobilité multimodale».

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