Seuls Stiglitz, Krugman, Tobin sont vraiment parvenus à marquer les esprits

Prix Nobel de l'économieAprès le Français Jean Tirole en 2014, l’Anglais Angus Deaton s’est vu décerner la prestigieuse distinction

Angus Deaton

Angus Deaton Image: AFP

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Pour la seconde année de suite, un Européen s’est illustré dans la course au dernier Prix Nobel de la saison: celui de l’économie. Après le Français Jean Tirole en 2014, l’Anglais Angus Deaton s’est vu lundi décerner la prestigieuse distinction pour son travail sur la pauvreté, le bien-être et notre modèle de vie centrée sur la consommation (lire ci-dessous).

L’Ecole de Chicago

Cette distinction remportée par le chercheur d’origine écossaise (mais qui enseigne à Princeton) marque ainsi le retour du Vieux-Continent dans la recherche économique mondiale. Il faut en effet remonter à 1988-1989 pour voir des Européens remporter durant deux années consécutives le précieux prix.

Entre-temps, ce sont les économistes américains qui ont réellement réussi à s’illustrer dans le domaine et à positionner leurs universités comme de véritables faiseuses de Nobel. L’une d’entre elles domine toutefois le classement et détrône Princeton, Berkeley, Yale, Columbia etc.: l’Ecole de Chicago. Cette dernière compte, à elle seule, douze nobélisés, dont Milton Friedman, Theodore Schultz, George Stigler ou Merton Miller pour les plus connus.

Dans les grandes lignes, cette université américaine se démarque par sa pensée associée à la théorie néoclassique des prix, au libre marché, etc. Elle est surtout reconnue comme prônant une pensée en opposition au keynésianisme, ce mouvement dont les adeptes refusent l’idée que des marchés libres conduisent à une forme d’optimum économique.

Stiglitz, Krugman et Tobin

Parmi les nombreux économistes primés depuis 1969 (année de création du prix), ils sont toutefois rares à avoir vraiment percé sur la scène publique, tant les thèses, qui leur ont valu le Nobel, sont ardues et peu accessibles.

Pour les plus célèbres, trois personnalités se démarquent pour diverses raisons, mais avec la particularité d’être toutes d’origine américaine. James Tobin (Prix Nobel en 1981), en premier, est connu pour sa taxe Tobin. Cette dernière, fortement inspirée par la pensée de Keynes, a pour objectif d’imposer une taxe sur toutes les transactions financières. Suggérée par l’économiste depuis 1972, cette idée doit toutefois attendre 2008 pour percer véritablement en Europe. Après des années de discussions, elle devrait entrer en application, au sein de l’UE, au plus tard au début de l’année prochaine.

Paul Krugman (Prix Nobel en 2008) fait également partie de ces personnalités en vue. Capable de vulgariser des thématiques très complexes, il bénéficie ainsi d’une certaine influence sur la scène économique mondiale. Il est surtout l’un des artisans du plan de relance massif mis en place par la Banque centrale américaine et l’un des principaux détracteurs de la politique d’austérité défendue par les Européens.

Mais le plus célèbre d’entre tous s’appelle Joseph Stiglitz. Primé en 2001, l’Américain est sans hésitation l’un des économistes les plus écoutés au monde. L’ancien conseiller économique de Bill Clinton et l’ex-chef économiste de la Banque mondiale vient d’ailleurs de publier La grande facture. Cette compilation d’articles parle du creusement des inégalités, phénomène largement amplifié depuis le début de la crise de 2008

Créé: 12.10.2015, 21h57

Une étude sur la pauvreté et le bien-être

Angus Deaton, 69 ans, a remporté hier le Prix Nobel d’économie et les 8 millions de couronnes suédoises (940'000 francs) qui l’accompagnent. Ce professeur, né à Edimbourg et enseignant à l’Université de Princeton, a été primé «pour son analyse de la consommation, de la pauvreté et du bien-être».

En résumé, l’économiste britannique s’est posé trois questions principales: comment les consommateurs répartissent leurs dépenses? De quelle manière une société consomme-t-elle ou épargne-t-elle? Et enfin comment mesurer le bien-être individuel?

Ces questions l’ont poussé à une analyse fine de «problèmes comme la relation entre le revenu et la quantité de calories consommées, ainsi que l’ampleur de la discrimination entre les sexes au sein de la famille».

En 2010, l’économiste avait été remarqué dans les médias grâce à une étude réalisée en collaboration avec Daniel Kahneman (Prix Nobel 2002) et dans laquelle il avait montré que l’argent faisait le bonheur, mais pas au-delà de 75'000 dollars par an. O.W./AFP

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