Société phare du Campus Biotech, Sophia Genetics décroche 30 millions

Santé et «Big data»La PME née en 2011 à l'EPFL boucle un nouvel appel de fonds. Son patron pourrait avoir besoin de doubler ses effectifs dans les deux ans.

La société phare du Campus Biotech genevois compte utiliser une partie de cet argent frais pour accélérer la commercialisation de ses services de test génomiques auprès d'hôpitaux du monde entier.

La société phare du Campus Biotech genevois compte utiliser une partie de cet argent frais pour accélérer la commercialisation de ses services de test génomiques auprès d'hôpitaux du monde entier. Image: Keystone

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Régulièrement présenté comme le porte-drapeau des technologies de la santé dans l’arc lémanique, Jurgi Camblong vient de convaincre de prestigieux financiers de lui apporter 30 millions de dollars, en échange de parts au sein de sa société Sophia Genetics. Parmi ces derniers figurent Balderton Capital - l'un des plus grands fonds européens investissant dans les PME technologiques - ainsi que son homologue français 360 Capital Partners. La moitié de l'argent proviendra cependant d'investisseurs qui avaient souscrit aux premières levées de fonds de 2013, 2014 et 2015 - riches particuliers, filiale «Ventures» de Swisscom, mais aussi deux milliardaires européens.

Mike Lynch, le premier d'entre eux, a fait fortune en revendant pour 11 milliards ses logiciels Autonomy au géant HP il y a cinq ans. Avec sa société Invoke Capital, ce Britannique consacre depuis une enveloppe d'un milliard à des paris sur des PME innovantes. Le second, Marck Coucke, est un Belge qui a fait fortune en revendant l'un des plus grands distributeurs européen de médicaments sans ordonnances.

Les «plates-formes» appliquées à la médecine

La société phare du Campus Biotech genevois compte utiliser une partie de cet argent frais pour accélérer la commercialisation de ses services de test génomiques auprès d'hôpitaux du monde entier. Son système de diagnostic ADN rapide a déjà été utilisé par 125 000 patients dans plus d'une cinquantaine de pays.

«Nos services de diagnostic deviennent de plus en plus pertinents au fur et à mesure que des hôpitaux rejoignent notre plate-forme, ce qui en attire d'autres - la taille du réseau est donc la clef», détaille Jurgi Camblong. La priorité de ce dernier reste de développer ses équipes commerciales, dans le monde entier. Sur les 150 personnes qui travaillent actuellement pour Sophia Genetics - dont 10 à Genève et 70 à Lausanne - environ la moitié sont des commerciaux. «Si l'activité évolue comme prévu, nos effectifs totaux pourraient avoir doublé dans deux ans», souffle ce patron originaire des Pyrénées-Atlantiques.

Le reste des 30 millions obtenus sera investi dans l'infrastructure informatique - logiciels, cryptage, programmeurs - afin de permettre non seulement aux labos des hôpitaux, mais aussi à leurs oncologues, de se connecter sur la plate-forme. Objectif? Combiner imagerie et séquençage ADN, afin de profiler les tumeurs et de mesurer en continu l'efficacité du traitement.

60 millions en six ans, la Bourse en vue

Au total, la société née en 2011 sur le campus de l'EPFL a attiré 60 millions de dollars depuis sa création. Avec, à l'horizon, une entrée en Bourse qui permettra d'accéder à une foule de souscripteurs à même d'apporter des montants plus conséquents. A présent actionnaires, les financiers de Balderton - parmi lesquels figure Bernard Liautaud, fondateur français des progiciels Business Objects, revendu 7 milliards à SAP en 2008 - sont spécialisés dans ce type d'opération.

«La Bourse sera nécessaire à un moment, par exemple si l'on a besoin de financements importants pour racheter des réseaux de ventes ou des technologies complémentaires», admet le patron de Sophia Genetics. Ce dernier n'imagine cependant guère une telle éventualité avant 2020. D'ici là, financiers et milliardaires continueront de se disputer des parts de sa société.


Le diagnostic génétique en ligne, comment ça marche?

Tout commence à l'hôpital avec une prise de sang ou une biopsie, de laquelle on extrait de l’ADN. Copiés-collés, les gènes sont mis dans une machine – un séquenceur – qui décode l’information et la digitalise.

A l’hôpital, le médecin se connecte ensuite sur la plate-forme Sophia, où il a son propre compte, et transfert les données de manière «pseudonymisée» et cryptée. Elles atterrissent sur les serveurs de Sophia Genetics, situés à Lausanne et Genève, qui les soumettent à son intelligence artificielle. Deux heures plus tard, le médecin reçoit les résultats par e-mail. Les éventuels variants génomiques du patient (qui contribuent à expliquer une susceptibilité à telle ou telle maladie) sont repérés et des traitements associés. Une technique qui est notamment utilisée dans le traitement des tumeurs ou des maladies héréditaires. (24 heures)

Créé: 13.09.2017, 06h57

Premiers tests pour AC Immune

En pointe contre la maladie d’Alzheimer, le laboratoire vaudois AC Immune – qui a réuni 70 millions de dollars lors de son entrée en Bourse à New York il y a quelques mois – a annoncé mardi le démarrage de la phase «1b» des tests cliniques de son vaccin.

L'efficacité du traitement sera observée sur 24 adultes affectés par le syndrome de Dow, plus sujets que la moyenne à des pathologies neuro-dégénératives. «Ce type de vaccination pourrait grandement bénéficier aux patients victimes du syndrome de Dow, en traitant et prévenant tout déclin de leur capacité cognitive», explique dans un communiqué William Mobley, responsable du UCSD Dow Syndrome Research and Treatment Center à San Diego.

P.-A.SA.

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