Les sociétés ont leur plateforme de partage

Économie collaborativeB2B Cherry propose aux entreprises de partager leurs ressources inutilisées à moindres frais.

Avec leur plateforme B2B Cherry, Valery Buret et Maïté Florentinespèrent apporter une réponse concrète au gaspillage des ressources.

Avec leur plateforme B2B Cherry, Valery Buret et Maïté Florentinespèrent apporter une réponse concrète au gaspillage des ressources.

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La chasse au gaspillage est dans l’air du temps. En février dernier était lancé à Bâle le mouvement Circular Economy Switzerland, destiné à casser la logique de l’économie linéaire en favorisant la réutilisation des produits. La plateforme B2B Cherry, ouverte depuis ce mercredi, représente un pas concret dans cette direction, mais elle ne se limite pas aux biens. «Qu’il s’agisse de services, de conseils, de locaux, de mobilier de bureau, de parking, d’espaces de stockage ou de véhicules, un nombre considérable de ressources sont sous-utilisées», explique Maïté Florentin, directrice de la plateforme, qu’elle a cofondée avec son concepteur, Valery Buret.

L’objectif de B2B Cherry est de mettre en contact les entreprises afin qu’elles puissent partager et utiliser ces ressources, sans devoir en faire l’acquisition, ce que les budgets ne permettent pas toujours. C’est la première démarche du genre en Suisse. En Europe, une seule plateforme similaire existe à Bordeaux, mais le concept est davantage répandu outre-Atlantique, où il a vu le jour après la crise de 2008. «Il est la résultante de la crise, du chômage, du temps partiel et de l’arrivée de la numérisation, qui permet cette mise en réseau», précise Maïté Florentin. À ces paramètres est venu depuis s’ajouter celui, central, de la question environnementale.

Mode d’emploi

Le principe est simple: une fois inscrit sur le site (100 fr.), une société A propose un partage, sous forme d’annonce. Une société B, intéressée, entre en contact, et les modalités de l’accord se discutent via un chat, au terme duquel l’entreprise A valide la demande d’intérêt, ce qui a valeur de contrat. La transaction se fait en cherry coins: «Il ne s’agit pas de monnaie virtuelle, on ne peut la retirer et l’échanger contre des francs, souligne Maïté Florentin. Un cherry coin représente 1 franc suisse TTC, et le but est d’en accumuler sur la plateforme sous forme de points, ce qui permettra d’utiliser les services d’un autre membre inscrit. On n’achète pas ces points.» Une fleuriste, par exemple, proposera l’utilisation de sa camionnette, libre X heures par semaine, ce qui intéressera un physiothérapeute pour transporter son plan de travail. Puis grâce aux cherry coins acquis, la fleuriste sollicitera les conseils d’un spécialiste marketing pour développer son commerce. Une fois le montant de la transaction établi entre les parties, celles-ci versent chacune 10% à B2B Cherry. C’est l’unique versement en argent effectué, ce qui permet donc d’utiliser une ressource à moindres frais. Celui qui bénéficie du service se verra retirer tant de points. Il est possible d’être en négatif, ce qui est inévitable si l’on débute en tant que client.

Complémentaire au marché

Pour être membre de la plateforme, il est obligatoire d’être inscrit au Registre du commerce, ou d’avoir un statut de société ou de professionnel indépendant, et d’avoir une RC pro. Par ailleurs, il n’est pas possible de ne pas proposer de partages, de n’être en quelque sorte que client. «Si une entreprise descend jusqu’à la limite de – 10 000 cherry coins, et qu’elle n’a rien proposé au bout d’une année, elle sera tenue de rembourser ces 10 000 francs à la plateforme.» Il s’agit d’un garde-fou afin de ne pas concurrencer le marché. C’est aussi pour cette raison que tout partage doit être proposé selon les prix du marché. «Nous ne sommes pas là pour le contourner, ni casser les prix, mais pour utiliser les ressources dormantes, poursuit Maïté Florentin. Le partage, conçu comme l’usage d’un bien plutôt que sa possession, vise à utiliser ce qui existe afin de limiter le gaspillage.»

Une centaine d’entreprises

Le projet démarre dans l’arc lémanique, où une centaine d’entreprises ont déjà marqué leur intérêt. Elles sont actives notamment dans la finance, les biens de consommation, la construction, l’architecture, l’événementiel, la culture, la santé ou le social. La plateforme est active depuis le 5 juin et les premiers partages seront effectifs dès le 24 juin. L’intervalle sera consacré à l’accompagnement des premiers membres pour la mise en place des annonces. L’objectif de B2B Cherry est de réunir 170 membres d’ici à fin septembre prochain et 750 d’ici à décembre 2020.

www.b2bcherry.com

Créé: 05.06.2019, 18h25

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