Sophia Genetics lève encore 15 millions

MédecineFaute d’investisseurs d’origine suisse, la start-up de Saint-Sulpice a séduit un milliardaire flamand

«Il y a un manque d’ambition de la part des investisseurs locaux», regrette Jurgi Camblong, CEO de Sophia Genetics.

«Il y a un manque d’ambition de la part des investisseurs locaux», regrette Jurgi Camblong, CEO de Sophia Genetics. Image: Philippe Maeder

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Mais où sont les investisseurs suisses? En apprenant que Sophia Genetics, l’une des start-up les plus en vue de l’arc lémanique, vient de lever 15 millions de dollars auprès de Marc Coucke, un richissime flamand, la question se pose. Elle se défend d’autant plus que l’année dernière, les 14 millions récoltés par la start-up provenaient de Mike Lynch, un autre milliardaire, mais d’origine britannique cette fois. «Il y a un véritable manque d’ambition de la part des investisseurs locaux», regrette Jurgi Camblong, cofondateur et directeur général de Sophia Genetics. Selon ce dernier, les mentalités en Europe et en Suisse auraient beaucoup trop tendance à se focaliser sur le «break-even», ce moment-clé où la start-up devient bénéficiaire, et non pas sur la croissance pure réalisée par l’entreprise.

Croissance de quelque 400%

Or, la start-up, installée depuis moins d’une année à Saint-Sulpice et spécialisée dans l’analyse des données liées au séquençage du génome humain, parle d’un taux de croissance de quelque 400%. «Nous collaborons désormais avec 110 institutions dans le monde (contre 30 au début de 2015), avons diagnostiqué près de 20 000 patients durant l’année (contre 5000 en 2014) et employons quelque 60 personnes», détaille son directeur général.

Reste que si le succès de Sophia Genetics lui offre le «luxe de sélectionner ses investisseurs» (dixit son CEO), de nombreux autres projets peinent à se concrétiser en Suisse romande, et cela essentiellement par manque de moyens financiers. «Pour trouver les premiers millions, les «business angels» ne manquent pas en Suisse. Il y a par contre un manque très clair de financement à partir de 10 millions», confirmait dans nos pages Adrienne Corboud Fumagalli, vice-présidente de l’EPFL.

Claude Florin, président de l’A3 Angels, un club de business angels, expliquait il y a quelques mois que «le principal problème de la Suisse est de n’avoir que peu d’argent public investi dans des fonds spécialisés dans les start-up». S’ils sont nombreux à plaider en faveur d’un tel fonds de capital-risque aux racines suisses, l’idée peine à prendre forme. Pour preuve, la récente société d’investissement fondée par Ernesto Bertarelli à Cambridge.

«On ne peut pas tout faire en Suisse»

Baptisée Gurnet Point Capital (GPC), ce fonds vient de mettre 600 millions sur la table pour créer une firme pharmaceutique… à Boston. «On ne peut pas tout faire en Suisse, assurait le milliardaire suisse au quotidien Le Temps. Affirmer que pour qu’il y ait des start-up à succès en Suisse, cela nécessite que toutes les étapes de leur développement s’y déroulent, est une hérésie.»

Pour le moment, fort d’une EPFL ou d’un Campus Biotech, la région reste encore suffisamment attractive pour conserver ses jeunes pousses. De nouvelles viennent même s’y installer à l’exemple d’Incyte, une société américaine de biotechnologie qui inaugure ses locaux genevois cette semaine. Mais faute de racines suffisamment fortes avec la Suisse, le risque de les voir délocaliser leurs activités à moyen terme est grand.

Créé: 16.12.2015, 08h56

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