Les start-up suisses ont levé plus d’un milliard en 2018

EntrepriseCe montant record d’argent levé démontre le dynamisme, en Suisse, en termes de créations de jeunes sociétés.

Les chiffres des start-up en Suisse et en Europe.

Les chiffres des start-up en Suisse et en Europe. Image: P.FY SOURCE : SWISS VENTURE CAPITAL REPORT 2019

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En juillet 2017, Johann Schneider-Ammann, alors en charge de l’Économie au sein du Conseil fédéral, présente fièrement son projet de soutien aux start-up. «Nous voulons garder les activités industrielles chez nous et, ainsi, garantir à presque tout le monde une perspective dans le futur», explique-t-il. En tout, le fonds annoncé par le conseiller fédéral se situe entre 300 à 500 millions de francs, suivant le nombre d’investisseurs prêts à mettre la main au porte-monnaie.

À l’origine, les premiers soutiens étaient attendus dès l’été 2018. Mais en cette fin de mois de janvier 2019, aucun franc n’a encore été investi. À se demander si ce projet est toujours dans les starting-blocks. «Il l’est», assure Fathi Derder. Très impliqué dans l’écosystème des start-up en Suisse, le conseiller national parle même d’annonces imminentes (en février) pour ce fonds baptisé «Swiss Entrepreneurs Foundation». Les sommes récoltées devraient toutefois être plus proches des 300 millions que du demi-milliard de francs.

Ce fonds devrait par ailleurs être suivi rapidement par une seconde initiative fort attendue et soutenue en partie par les caisses de pension. Il s’agit cette fois du «fonds suisse pour l’avenir». Celui-ci, à en croire Fathi Derder, devrait être doté de montants proches de ceux visés par le fonds de Schneider-Ammann.

De l’argent bienvenu selon le conseiller national romand. «Tout du moins si Berne se décide à soutenir plus sérieusement nos start-up en mettant en place des conditions-cadres favorables à l’entrepreneuriat (ndlr: fiscalité attractive, protection des investisseurs, etc.)», précise-t-il.

Car si l’argent est le nerf de la guerre, il n’est pas le seul élément permettant de se démarquer dans un secteur où la concurrence est mondiale (voir infographie ci-dessus). «Nous avons besoin de quelque chose proche d’un impôt à taux unique ainsi que d’un allégement fiscal de 5 à 10% pour tous ceux investissant dans nos start-up. Quant à nos politiciens, ils doivent devenir plus courageux et innovants dans ce domaine», confirme l’avocat zurichois Christian Wenger dans l’édition 2019 du «Swiss Venture Capital Report», publiée mercredi.

Des investissements records

S’il ne cache pas que du chemin reste à parcourir pour que la Suisse assure sa place au sein des principales «Start-up nations» de la planète, le bilan présenté mercredi montre qu’elle n’a pas à rougir de sa situation actuelle. La progression du nombre de jeunes pousses fondées est importante, tout comme celle des montants investis et celle des postes de travail créés. Et surtout, toutes trois se poursuivent depuis plusieurs années.

Rien qu’en 2018, d’après le rapport de «Swiss Venture Capital», les start-up suisses ont encaissé, en 230 tours de financement, quelque 1,236 milliard de francs. Un nouveau record. À noter que «la plus forte croissance (plus de 120%) provient du secteur des Technologies de l’information et de la communication (TIC)». En tout, 131 start-up sont parvenues à lever 685 millions auprès d’investisseurs suisses et étrangers dans cette branche de l’économie.

Dans les fintechs, très en vogue en Suisse, notamment du côté de Genève et de Zoug, les montants récoltés (127 millions) témoignent aussi d’une période dorée. SEBA Crypto, la start-up qui a levé le plus de fonds en 2018, en fait partie. Basée à Zoug, cette jeune pousse a empoché la somme rondelette de 100 millions de francs. «Si l’on compare toutefois au milliard levé en Grande-Bretagne durant la même année, on constate qu’il y a encore beaucoup de potentiel de développement dans ce domaine en Suisse», relève Stefan Kyora, rédacteur en chef de StartupTicker.

Vaud en deuxième place

Comme le laissaient penser les derniers chiffres fournis en fin d’année par l’EPFL, Vaud reste le canton de Suisse romande le plus dynamique. Avec 267,5 millions de francs récoltés, il dépasse toujours de loin Genève, dont les start-up ne sont parvenues à lever que 71,1 millions. À l’échelle nationale, Vaud conserve sa deuxième place, derrière Zurich.

À première vue, le fossé se creuse toutefois entre les jeunes pousses vaudoises et zurichoises, puisque celles installées au sein de l’EPFZ et alentours ont levé 512 millions en 2018. «Il faut nuancer cette différence pour deux raisons, explique Fathi Derder. Prenez WayRay, qui a levé 80 millions en septembre 2018. Cette start-up est aujourd’hui inscrite comme étant une société zurichoise alors qu’à l’origine elle était basée à Lausanne.» Le conseiller national rappelle également que si les 77 millions récoltés par Sophia Genetics ont été annoncés le 3 janvier 2019, ils ont cependant bien été accumulés au cours de l’année dernière.

Les premiers retours du terrain durant ce premier mois augurent de belles promesses pour 2019. «Le futur s’annonce étincelant», assure Stefan Kyora. (24 heures)

Créé: 30.01.2019, 21h00

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