Passer au contenu principal

Un Suisse sur cinq n’arrive pas à mettre un sou de côté

Aux Etats-Unis, en revanche, les jeunes ne pensent qu’à épargner. Deux sondages récents font éclater les certitudes en éclat.

Ce n’est pas la première fois que ce constat apparaît dans une étude visant notamment à mesurer la propension des ménages à souscrire à un crédit. (Photo d'illustration).
Ce n’est pas la première fois que ce constat apparaît dans une étude visant notamment à mesurer la propension des ménages à souscrire à un crédit. (Photo d'illustration).
Keystone

Un Suisse sur deux épargne sans trop devoir se restreindre. Publié cette semaine, le sondage de Comparis semble bétonner toutes les évidences sur la prospérité helvétique, et l’utilisation réfléchie de ses revenus par la population.

Un arrêt sur image s’impose. Quid des autres? Retour en arrière. Ce sondage réalisé auprès d’un millier de personnes révèle également que près d’un Suisse sur cinq «dit avoir des difficultés à faire face à ses propres dépenses». Et ne peut donc rien mettre de côté. Ce n’est pas la première fois que ce constat apparaît dans une étude visant notamment à mesurer la propension des ménages à souscrire à un crédit. Fin mai, une enquête commandée par le groupe financier américain Legg Mason concluait que le tiers de Suisses ne disposaient d’aucune épargne personnelle.

Un constat qui fait voler en éclats quelques caricatures. Il en est ainsi dans d’autres pays. A commencer par les Etats-Unis.

Rois de l’épargne, mais…

Pour comparer des pays entre eux, mieux vaut utiliser les données d’une seule source. Comme celle de l’OCDE, l’organisation représentant les pays industrialisés. Cette dernière inscrit le «taux d’épargne» des Suisses à 19% de leurs revenus annuels, deuxième plus élevé après celui de Chinois. Arrivent ensuite la Suède ou la Norvège. En France comme en Allemagne les ménages mettent de côté environ 9% de leurs revenus.

Bon, mais les Etats-Unis? A première vue, les derniers chiffres officiels à disposition reflètent l’évidence. Les familles américaines épargnent 5% de leurs revenus et c’est tout. Fin de l’histoire? Pas tout à fait. Car comme en Suisse, les sondages réalisés outre-Atlantique affinent le tableau, quitte à le brouiller. Exemple avec l’enquête de Bankrate – un Comparis bancaire, version US – publié fin juin. Près du tiers des sondés déclarent avoir assez d’argent de côté pour subvenir à six mois de dépenses classiques. Du jamais vu depuis le début de la décennie.

Trump trahi par l’épargne

«Il semblerait que les habitudes des Américains en termes d’épargne soient en train d’évoluer de façon notoire – ceux-ci commencent réellement à remplir leurs bas de laine», écrit John Plassard, directeur adjoint chez Mirabaud Securities, après avoir repéré ce sondage «fondamental». Plus surprenant, les 18-26 ans apparaissent comme les plus enclins à épargner aux Etats-Unis. Notamment en restant plus longtemps chez leurs parents. Comme si le fardeau des emprunts contractés pour leurs études les rendait prudents, parcimonieux – helvétiques. Un constat qui rompt avec l’image renvoyée par la hausse sans discontinuité des dépenses des ménages observées depuis 1990 – de 50% au total, sans même tenir compte de l’inflation.

Une bonne nouvelle? Pas aux Etats-Unis, où toute l’économie avance au rythme de la consommation à crédit – elle fournit les deux tiers de l’activité. Toute annonce de thésaurisation, d’épargne, de retenue rime avec récession. Un cauchemar pour l’administration Trump, dont l’un des engagements clefs reste de tout faire pour garantir au pays une expansion de son activité de 3%, année après année. «Ce sondage pourrait marquer un réel tournant pour la croissance américaine», prévient John Plassard.

L’Amérique, version 1975

En résumé, 30% des Américains épargnent bien et 20% de Suisses qui n’ont pas un sou de côté. Déstabilisant? Le résultat de ces sondages rappelle surtout combien les comportements sont mouvants au fil du temps.

Pour s’en rendre compte il faut lâcher les sondages et revenir aux chiffres officiels. Dans l’Amérique de 1975, touchée de plein fouet par le choc pétrolier et l’inflation, les ménages épargnaient plus de 8% de leurs revenus. Dans l’Amérique de 2005, au sommet de la période du crédit fou – juste avant la plus grave crise connue depuis celle des années 30 – moins de 2% étaient mis de côté.

En Suisse également la propension à épargner a changé. En 1995, elle s’inscrivait à 14% des revenus, plus faible que celle de l’Italie. Depuis, elle n’a cessé d’augmenter. Tandis que, inexorablement, la capacité des Italiens à mettre de côté s’effondrait, pour ne plus représenter que 3% de leurs revenus.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.