La Suisse met au point des panneaux solaires à plus haut rendement

Énergie renouvelableL'Europe veut reprendre la main face à l'Asie dans le photovoltaïque. En pointe de ce combat, une innovation suisse.

Les panneaux solaires développés par Insolight, start-up de l'EPFL, permettent un rendement de 30% au lieu de 20%.

Les panneaux solaires développés par Insolight, start-up de l'EPFL, permettent un rendement de 30% au lieu de 20%. Image: @Insolight

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C'est une vraie révolution, et elle est suisse. La start-up de l'EPFL Insolight a mis au point un nouveau type de panneau solaire dont le rendement pourra atteindre 3o%, en lieu et place des quelque 20% actuels.

Le secret réside dans le déplacement horizontal des capteurs solaires qui permettent à la lumière d'être concentrée sur des cellules solaires de type spatial. Le déplacement n'est que de quelques millimètres, invisible à l’œil nu, mais il fait toute la différence, comme l'explique le CEO Laurent Coulot: «Nous avons développé des capteurs plats qui recueillent un maximum d'énergie en suivant la lumière du soleil au fil de la journée et en la concentrant sur des cellules à haute efficacité.»

Aussi par temps couvert

Une technique qui permet d'atteindre des rendements record (des tests ont déjà atteint un rendement de 29%). En combinant la technologie à concentration avec une technologie standard en silicium, le système pourra être également totalement opérationnel par temps couvert, ce qui n'est pas le cas pour les systèmes à concentration classiques, qui doivent suivre le soleil et qui s'arrêtent dès qu'il y a un nuage.

Réduire les coûts au mètre carré

L'intérêt économique est considérable, explique Christophe Ballif, directeur du PV-Center du Centre suisse d'électronique et de microtechnique (CSEM) de Neuchâtel: «Ces panneaux seront parfaits pour des endroits qui ont peu d'espace, par exemple les toits de petites usines. La technologie est un peu plus onéreuse, mais, en la matière, plus le rendement est haut, moins il faut de surface, ce qui réduit les coûts importants par mètre carré que représentent les matériaux et l'installation.» Actuellement, un panneau standard coûte entre 4o fr. et 55 fr le mètre carré, pour 17% à 18,5% de rendement, et un panneau un peu plus efficient (22% de rendement) peut atteindre un prix trois fois plus élevé.

Financement européen

Le CSEM et son centre de photovoltaïque ont été choisis pour coordonner le projet «Hyperion», pour lequel la Commission européenne a apporté son soutien, avec une subvention de 10,6 millions d'euros (11,5 millions de francs) dans le cadre de son initiative «Augmenter la compétitivité de l’industrie européenne du photovoltaïque». Un sérieux coup de pouce, alors même que la Suisse reste pour l'heure encore «très prudente dans son aide aux énergies renouvelables», rappelle Christophe Ballif.

Cinq partenaires suisses

Ce consortium rassemble 16 partenaires (centres de recherche technologique, universités et entreprises), dont cinq sont suisses: le CSEM, Insolight, Sonceboz (qui travaillera sur le moteur des capteurs), 3S Solar Plus (producteur de modules en silicium) et Compaz, spécialisée dans l'implémentation architecturale et artistique des technologies photovoltaïques. «Cela démontre d'une part l'importance pour la Suisse d'être rattachée aux grands projets européens, et d'autre part ce que peuvent apporter les technologies développées ici», souligne Christophe Ballif. Le projet «Hyperion» représente une «magnifique opportunité de re-dynamiser la filière européenne du photovoltaïque à très haute performance».

Défi environnemental

Ces dernières années, la production de panneaux solaires s'est essentiellement déplacée en Chine. «Une cinquantaine d'entreprises fabriquent des modules en achetant des cellules en Asie. Il reste encore quelques lignes de production de cellules, explique Christophe Ballif, mais idéalement il faudrait que l'Europe en produise à hauteur de 10% de marché au moins.» L'objectif est de proposer «plus d'alternatives compétitives, produites localement, à des citoyens et des citoyennes toujours plus conscients du défi environnemental auquel nous sommes confrontés».

Industrialisation

L'industrialisation des panneaux développés par Insolight fait précisément partie des missions du CSEM, interface entre les start-up et la mise sur le marché. «Il s'agit maintenant d'optimiser les composants pour faciliter la production de masse des panneaux et assurer leur performance pendant vingt-cinq ans, planifie Laurent Coulot. En parallèle, nous allons mettre au point les étapes clés de l'assemblage en construisant les équipements nécessaires.»

Créé: 06.09.2019, 14h30

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