La Suisse pointe au 20e rang mondial

Égalité des genresDans le classement du World Economic Forum sur l’égalité, elle est devancée par l’Allemagne et la France mais précède les États-Unis.

Le World Economic Forum (WEF) publie chaque année un rapport sur l’évolution de l’égalité entre hommes et femmes.

Le World Economic Forum (WEF) publie chaque année un rapport sur l’évolution de l’égalité entre hommes et femmes. Image: Keystone / Archives

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Chaque année, le World Economic Forum (WEF) publie un épais rapport sur l’évolution de l’égalité entre hommes et femmes, tous domaines confondus (lire notre graphique ci-dessous). Dans son édition 2018, la Suisse pointe au 20e rang, devançant les Pays-Bas et les États-Unis, mais loin derrière les nations scandinaves, la France ou l’Allemagne. Des petits pays du Sud se glissent même crânement dans le haut du classement, à l’exemple du Nicaragua, du Rwanda ou des Philippines.

«Je ne qualifierais pas ce résultat de médiocre car la Suisse se classe 20e parmi 149 pays, mais il y a clairement encore du progrès à faire», commente Thierry Geiger, notamment en charge de l’étude sur la Suisse au sein du WEF. Avec un score de 0,74, sur une échelle de 0 à 1 (qui marque l’égalité), l’écart à combler est de 0,26, alors qu’en Islande, il n’est «que» de 0,14. «Et le résultat de la Suisse est désormais inférieur à la moyenne d’Europe occidentale (0,76), poursuit ce spécialiste. Enfin, notre étude montre que rien n’est jamais acquis: même si l’écart est aujourd’hui bien moindre qu’en 2006, il s’est à nouveau un peu creusé depuis 2015, passant de 0,79 à 0,74. Même l’Islande a connu un léger creusement entre 2017 et 2018.»

Avant l’Allemagne, la France et l’Italie

La Suisse réalise un score encore plus mauvais dans la catégorie économie et monde du travail. Dans ces cas, des petits pays trustent les trois premiers rangs. La Suisse se situe derrière la Russie mais avant ses trois grands voisins, l’Allemagne, la France et l’Italie.

Ce qui plombe le score helvétique en comparaison des autres pays est par exemple sa faible proportion de femmes ingénieures. Selon ce rapport, les Suissesses sont davantage découragées quand elles cherchent du travail, en particulier parce que le job visé ne correspond pas à leurs attentes. Sur 5000 personnes ayant finalement jeté l’éponge en 2016, 4000 étaient des femmes. «Ce qui nous intéresse ici, relève Thierry Geiger, est l’inégalité parmi les personnes «découragées», et non leur nombre.»

Métiers du digital

Les inégalités risquent de perdurer. Le pourcentage de spécialistes rompus aux nouvelles technologies révèle une forte disparité entre les genres, selon les pays. En Suisse, 81% de ces professionnels sont des hommes. Les femmes étasuniennes, indiennes, canadiennes, italiennes et même turques sont plus nombreuses que les Suissesses à choisir les métiers du digital.

«Les arguments en faveur d’une plus grande égalité femmes-hommes abondent», observe Thierry Geiger. Et il cite l’argument économique: «La Suisse est un bastion de prospérité mais elle pourrait l’être davantage si les inégalités étaient réduites», conclut l’expert du WEF.

Créé: 14.06.2019, 08h46

Quand les hommes gagnent moins

L’enquête annuelle du WEF révèle des réalités et des chiffres surprenants. Des pays du Sud montrent l’exemple en matière d’égalité des genres. Les explications sont sans doute à rechercher dans l’histoire de ces États.

Pour des raisons politiques, la parité a souvent été mise en avant par leurs gouvernements, à l’exemple du Laos, de la Biélorussie, de la Lettonie ou du Nicaragua. L’Afrique de l’Est se distingue aussi par le rôle important des femmes dans l’économie, ce qui éclaire la bonne place du Rwanda ou du Burundi. Globalement, les hommes gagnent plus que les femmes. Mais des chiffres suisses étonnent. Selon la plus récente des enquêtes de l’Office cantonal de la statistique, les hommes sans aucune responsabilité travaillant à Genève gagnaient, en 2016, 34 francs de moins que les femmes (soit, respectivement, 6499 et 6533 francs).

Au niveau suisse, ils recevaient 6121 francs contre 5607 francs pour les femmes. En revanche, plus le niveau d’éducation et d’encadrement est élevé, plus la différence grandit. À l’État de Genève, le salaire médian des hommes travaillant dans les classes 9 à 17 est aussi plus bas que celui des femmes. Dans le segment 14 à 17, la différence est palpable: 4384 francs de moins par an. Que ce soient les hommes ou les femmes qui gagnent moins, les différences sont peu appréciées lorsque les salariés les découvrent.

Selon Patrice Brun, du consultant Great Place to Work, l’équité est l’un des cinq piliers – avec la crédibilité, le respect, la fierté et la camaraderie – d’une culture basée sur la confiance. Et, lâche-t-il, «une culture d’entreprise basée sur la confiance a un grand impact sur le bien-être de l’employé». C’est même l’alpha et l’omega des firmes.

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