Les Suisses paient 1 milliard de trop pour les médicaments

Îlot de chertéLa Confédération tolère des prix trop élevés sur les médicaments. Résultat: l'industrie pharmaceutique encaisse au bas mot un milliard de francs de trop par année sur le dos des Suisses et de leurs caisses-maladie.

Les Suisses paient leurs médicaments beaucoup plus cher que leurs voisins européens. Aussi et même surtout les médicaments génériques, même si ceux-ci sont moins chers que les originaux.

Les Suisses paient leurs médicaments beaucoup plus cher que leurs voisins européens. Aussi et même surtout les médicaments génériques, même si ceux-ci sont moins chers que les originaux. Image: Keystone

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S'ils payaient leurs médicaments au même prix que leurs voisins allemands, les Suisses économiseraient au bas mot un milliard de francs par année. Par rapport aux Hollandais, la différence atteint même 1,5 milliard de francs, explique Urs P. Gasche mardi dans le Tages-Anzeiger.

Par tête d’habitant, les assurances-maladie suisses paient, pour les seuls médicaments, «50% de plus que leurs consoeurs néerlandaises», ajoute le journaliste, qui représente également les assurés helvétiques au sein de la Commission fédérale des médicaments (CFM). Il y a une semaine, Santésuisse a elle-même parlé d'un potentiel d'économie à 410 millions de francs.

Jusqu'à sept fois plus cher

Les estimations découlent de la deuxième étude comparative des prix des médicaments menée à l'échelon européen par Santésuisse en collaboration avec Intergenerika (voir articles en lien). Pour leur comparaison, les représentants des assureurs-maladie et des producteurs de médicaments génériques ont utilisé un taux de change moyen de 1,32 franc pour 1 euro. En considérant le taux de change réel de 1,23 franc, les écarts vis-à-vis de l'Allemagne et des Pays-Bas atteindraient 1,2 et 1,7 milliard de francs, note Urs Gasche.

De plus, la comparaison effectuée par Santésuisse et Intergenerika ne se base pas sur les prix réellement payés par les caisses-maladie des différents pays, mais sur les listes de prix ex-usine. Ils n'intègrent donc pas la marge des médecins, pharmacies et hôpitaux. Or ces marges sont sensiblement plus élevées en Suisse qu'elles ne le sont à l'étranger.

L'émission de protection des consommateurs Kassensturz de la télévision alémanique vient d'illustrer le problème en prenant l'exemple de «Sortis» un médicament de traitement des troubles du cholestérol produit par Pfizer. Au prix ex-usine, celui-ci est en Suisse 11% meilleur marché qu'en Allemagne. Mais les assurances-maladie paient en Suisse le paquet de cent pilules à 166 francs, contre 23.50 francs en Allemagne (au cours de 1,29 franc pour 1 euro).

«Seules données stables»

Interrogé sur le mode de comparaison, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) reconnaît les limites de l'exercice mais estime que les prix ex-fabriques «constituent les seules données stables sur lesquelles il est possible de s'orienter». Ce faisant toutefois, l'OFSP tolère une méthode qui permet aux acteurs de pratiquer des prix surfaits.

Même sur la base de ces données partielles, Peter Huber, directeur d'Intergenerika, s'est retrouvé sur la défensive, il y a une semaine, lorsqu'il s'est agi d'expliquer l'écart de 49% relevé entre les prix suisses et européens pratiqués sur les médicaments génériques.

Le représentant des fabricants a expliqué la différence par le niveau comparativement élevé des salaires et des loyers en Suisse et par la réglementation helvétique, qui exige qu'un générique soit proposé sous la même forme et avec le même degré d'efficacité que le médicament original.

Dans une interview radiophonique, le directeur d'Interpharma a expliqué à son tour cette différence par le fait qu'en Allemagne, comme dans toute la Scandinavie, en Angleterre ou en Hollande, «on ne veut que du bon marché. Des arguments qui ne portent pas, selon Urs gache dans Tagi: aucune étude n'a démontré jusqu'ici que les prix plus bas payés dans ces pays ont des conséquences négatives sur la santé de la population, relève-t-il en substance. (nxp)

Créé: 19.02.2013, 15h00

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