Surchauffe en vue pour les valeurs technologiques

InternetGoogle, Netflix, Amazon ou eBay: les actions des principales sociétés high-tech s’envolent depuis plusieurs semaines, laissant ressurgir le spectre d’une nouvelle bulle.

Le siège de Google à Zurich. Vendredi dernier, la société gagnait en une séance 65 milliards de dollars de valorisation boursière.

Le siège de Google à Zurich. Vendredi dernier, la société gagnait en une séance 65 milliards de dollars de valorisation boursière. Image: Keystone

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Vendredi dernier, en une seule et unique séance, Google gagnait plus de 65 milliards de dollars de valorisation boursière, un montant qui, à titre de comparaison, représente l’entier du budget annuel de la Confédération helvétique.

«Un exploit pour une entreprise de cette taille», affirmait à cette occasion Howard Silverblatt, le directeur principal des indices du Dow Jones. De quoi en tout cas réjouir ses deux cofondateurs, Larry Page et Sergey Brin, puisque, selon Bloomberg, cette envolée de 16,26% en Bourse (25% sur la semaine) leur a permis d’accroître leur richesse personnelle de plus de 4 milliards.

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De record en record

Ce record historique dans l’histoire boursière américaine a également permis au moteur de recherche de détrôner son plus grand rival, Apple et ses 46 milliards remportés en avril 2012. Le fossé se réduit donc peu à peu entre les deux géants du Web, avec 759,2 milliards de valorisation boursière pour la marque à la pomme contre 449,4 milliards pour Google.

Cet «exploit» faisait d’ailleurs suite, un jour avant, à l’envolée d’une autre coqueluche liée aux nouvelles technologies: Netflix. Le numéro un mondial de la vidéo à la demande grimpait également en une seule journée de 18%, sur fond de résultats jugés plutôt bons avec un bond de 23% du chiffre d’affaires trimestriel ainsi qu’une nette hausse de ses abonnés.

Dans un commentaire, un analyste financier estimait toutefois que concernant Netflix, il ne s’agissait pas d’une «histoire de résultats», mais bien plus d’une «histoire de foi» de la part des investisseurs. «Netflix aurait en effet ébloui Wall Street.» A se demander du coup si le secteur ne fait pas face actuellement à une période de surchauffe, voire peut-être même à une nouvelle bulle technologique.

Nasdaq et Dow Jones boostés

Car derrière les deux envolées particulièrement marquantes de Google et Netflix se cache une tendance générale à la hausse pour les valeurs technologiques. Facebook, Apple, Amazon, eBay: depuis le début de l’été, leurs actions ne cessent de grimper et contribuent à emmener de jour en jour le Dow Jones et le Nasdaq vers de nouveaux sommets historiques.

Selon Uwe Neumann, analyste de Credit Suisse, la situation est complexe, étant donné la variété des modèles d’affaires ou encore le stade de développement des sociétés concernées. «Le développement de Netflix reste par exemple extrêmement fragile en comparaison d’un Google aux fondamentaux aujourd’hui particulièrement solides», explique-t-il.

«Les derniers résultats de Google ont prouvé qu’il existe encore un fort potentiel de croissance pour les valeurs technologiques», Uwe Neumann, Analyste chez Credit Suisse

Certaines sociétés sont en effet déjà largement surévaluées. Facebook vaut actuellement plus de 11 fois les revenus escomptés pour 2016 et LinkedIn 7,5 fois les siens. La palme revient une nouvelle fois à Netflix, avec un ratio prix/bénéfice hors norme de 171 (contre une moyenne générale de 16,8).

Une tendance qui ne serait toutefois pas représentative du secteur dans son ensemble au dire d’Uwe Neumann. Pour l’analyste de Credit Suisse, «le ratio de la plupart des compagnies œuvrant dans les nouvelles technologies est encore loin de ceux atteints à la fin du XXe siècle, période où la première bulle Internet explosait (lire relance ci-contre).»

Reste que tous les regards des investisseurs sont aujourd’hui braqués sur ces sociétés, conscients que la digitalisation du monde n’est pas près de s’interrompre. «Les derniers résultats de Google ont prouvé qu’il existe encore un fort potentiel de croissance pour la branche tant pour les entreprises que pour leurs actionnaires», assure Uwe Neumann.

Apple en vedette du jour

Aujourd’hui, ce seront les derniers résultats trimestriels d’Apple – présentés hier en fin de soirée – qui seront auscultés à la loupe. D’après les premières fuites, la firme devrait annoncer de bonnes performances. Selon le site Appleinsider, la marque à la pomme aurait notamment écoulé 54,2 millions d’iPhone (+54% sur un an) lors du dernier trimestre.

Quels que soient les résultats du géant de Cupertino, le bal de présentations des résultats est amené à se poursuivre ces prochaines semaines et devrait emmener les marchés américains vers de nouveaux sommets, puisque seule une remontée des taux directeurs par la FED (attendus au plus tôt en septembre) semble effrayer des investisseurs les yeux aujourd’hui plein d’étoiles.

Créé: 22.07.2015, 08h01

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Il y a quinze ans explosait la première «bulle Internet»

Constituée en majeure partie entre 1995 et 2000, la «bulle Internet» a laissé de sombres souvenirs dans les esprits des traders et autres investisseurs en herbe. Car, il y a quinze ans, son explosion fut à l’origine de l’un des pires krachs boursiers de l’histoire.

Selon Alan Greenspan, l’ancien président de la Réserve fédérale américaine, «l’exubérance irrationnelle» remonterait au 9 août 1996, jour de l’entrée en Bourse du navigateur Netscape. Ce mouvement s’était en tout cas fortement illustré par l’envolée phénoménale du Nasdaq, qui dépassait alors pour la première fois le seuil des 5000 points.

Or, quinze ans plus tard, après s’être effondré jusqu’à 1108 points au mois d’octobre 2002, l’indice américain à dominante technologique a renoué avec les plus hauts rencontrés avant l’explosion de la bulle Internet (voir infographie ci-dessus).

De quoi faire réapparaître, dans un contexte économique mondial particulièrement houleux (crise en Europe à cause de la Grèce, chute de la croissance en Chine, etc.), le spectre d’une nouvelle bulle spéculative.

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