Swisscom confiant malgré une rentabilité en repli

Si le bénéfice net s'est replié de 6,2% au 1er semestre, le géant de la télécommunication a vu son chiffre d'affaires croître de 2%.

Swisscom TV est désormais utilisée par 1,5 million de clients, un niveau record, a précisé l'opérateur.

Swisscom TV est désormais utilisée par 1,5 million de clients, un niveau record, a précisé l'opérateur. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

L'opérateur de télécommunications Swisscom est parvenu à accroître son chiffre d'affaires de 2% sur les six premiers mois de l'année à 5,81 milliards de francs, malgré une érosion de ses recettes sur son marché indigène. Le bénéfice net s'est replié dans une moindre mesure qu'escompté par les marchés de 6,2% à 787 millions.

La direction maintient ses objectifs pour l'ensemble de l'année, tant en matière de performance que de rémunération des actionnaires.

Sur le plan opérationnel, le géant bleu a essuyé un tassement de 5,2% de son excédent brut d'exploitation (Ebitda) à 2,26 milliards. Hors effets de base et exceptionnels, cet indicateur n'aurait égaré que 0,6% ou 13 millions de francs, souligne le rapport d'activité publié jeudi.

Le groupe affiche une meilleure résistance aux difficultés anticipées par les analystes consultés par AWP. Le consensus s'articulait à 5,75 milliards pour le chiffre d'affaires, 1,06 milliard pour l'Ebit et 770 millions pour le bénéfice net.

Si l'essentiel des revenus demeurent générés en Suisse, Swisscom accuse à domicile une contraction de près de 2% à 4,40 milliards, largement attribuée à la pression concurrentielle. La filiale transalpine Fastweb à l'inverse affiche une croissance de près de 10% à 1,01 milliard d'euros.

Pas d'hémorragie de clientèle en vue

Le numéro un helvétique du secteur confirme ses principaux jalons financiers concernant l'année 2018. Les revenus doivent ainsi avoisiner 11,6 milliards et l'excédent brut d'exploitation (Ebitda) 4,2 milliards. Les investissements consentis seront plafonnés à 2,4 milliards.

Le niveau de rémunération des actionnaires sera maintenu à 22 francs par action, pour peu que les objectifs précités aient été atteints.

Le directeur général a assuré en conférence téléphonique ne pas anticiper de transferts massifs de clientèle en direction de la concurrence. «Je suppute que les autres opérateurs souffrent plus que nous de l'offensive de Salt sur le réseau fixe», a notamment indiqué Urs Schaeppi.

Le chiffre d'affaires moyen par client (ARPU) risque de se stabiliser, après avoir augmenté modérément sur un trimestre et de manière plus marquée sur un an, a de son côté reconnu le responsable financier Mario Rossi.

Le groupe réaffirme par ailleurs que la moitié des quelque 700 réductions de postes en Suisse agendées sur l'année en cours pourra être absorbée par le biais des fluctuations naturels du personne. Près de 490 places de travail ont déjà été biffées sur la premier moitié de l'exercice et il en restait fin juin encore 204 à supprimer pour passer sous le seuil visé des 17'000 équivalents à plein temps.

Le programme d'économies a permis d'alléger la facture du groupe de 56 millions sur le premier semestre, soit plus de la moitié des 100 millions visés sur l'ensemble de l'année.

Appréciations contrastées

Les analystes peinent à accorder leurs interprétations de la copie rendue par le géant bleu. UBS accueille ainsi une performance «rassurante», réalisée dans un environnement de marché concurrentiel. La banque aux trois clés note que l'offensive tarifaire du rival Salt n'a eu qu'un impact limité au deuxième trimestre, mais estime qu'il demeure prématuré d'en tirer des conséquences pour la suite.

Plus sceptique, Vontobel anticipe que les offres groupées et les innovations continueront à constituer les principaux moteurs de croissance, mais risquent de ne pas suffire à contenir l'impact des transformations structurelles et des pressions tarifaires.

La Royal Bank of Scotland (RBC) s'aligne sur ce scénario du pire, dénonçant une performance semestrielle faible sur le marché indigène de Swisscom. L'établissement écossais redoute notamment une cannibalisation des recettes entre les activités fixes et mobiles du groupe.

Après avoir constitué l'unique et malheureuse exception à l'embellie des principales valeurs de la place zurichoise dans les premiers échanges, la «défensive» Swisscom (-0,2% à 457,10 francs) avait été rejointe à l'approche de la mi-journée par Lonza en dessous de l'équilibre. Le titre de l'opérateur conservait néanmoins le bonnet d'âne d'un SMI en hausse de 0,51%. (ats/nxp)

Créé: 16.08.2018, 07h28

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.