Swisscom va installer son futur «digital lab» à l’EPFL

PartenariatAprès Logitech, Credit Suisse, Intel ou encore Cisco, l’opérateur téléphonique va s’établir sur le campus. Un écosystème où secteurs privé et public sont toujours plus connectés.

Swisscom et l'EPFL ont signé et présenté mercredi matin les détails de leur alliance.

Swisscom et l'EPFL ont signé et présenté mercredi matin les détails de leur alliance. Image: KEYSTONE

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«Accueillir de gros acteurs industriels est stratégiquement fondamental pour l’avenir de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL)!» Ces propos tenus hier par Patrick Aebischer, président de l’EPFL, en préambule à la signature d’un partenariat avec Swisscom, rappelaient l’importance prise par le secteur privé sur le campus à Ecublens. Désormais mondiale et de plus en plus rapide et féroce, au dire du président de l’EPFL, la bataille pour l’innovation nécessite en effet un écosystème regroupant plusieurs éléments centraux: une recherche fondamentale de pointe, un tissu prometteur de start-up mais également des partenaires privés d’origine nationale et étrangère.

Les projets de Swisscom

Après Logitech, Credit Suisse, Siemens, Intel ou encore Cisco, c’est donc au tour de Swisscom de rejoindre les rangs de l’EPFL. Les deux partenaires ont signé et présenté hier matin les détails de leur alliance. Elle peut être résumée en trois volets. Le premier comprendra une présence physique de l’opérateur au sein de son Parc de l’innovation, par l’entremise d’un «digital lab». Sur 428 m2, ces laboratoires accueilleront une petite partie des employés de Swisscom. L’opérateur téléphonique s’engage également à contribuer à l’animation du campus sous une forme ou une autre, et à stimuler les échanges avec les étudiants et les chercheurs.

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Enfin, à raison de 1 million de francs par an, Swisscom va également constituer un fonds qui servira à financer des programmes de recherches appliquées. Tout cela sur une période de sept ans, et avec l’objectif de réfléchir à la manière dont il sera possible d’accompagner la population suisse dans la révolution digitale à laquelle elle est confrontée. «Le cadre multidisciplinaire que propose l’EPFL est idéal pour permettre à l’arc lémanique d’avoir son rôle à jouer dans ce bouleversement numérique et dans le développement d’une «Digital Valley suisse», affirme pour sa part Urs Schaeppi, CEO de Swisscom.

L’EPFL et le secteur privé

Cette nouvelle alliance remet en lumière la collaboration étroite développée entre les secteurs privé et public sous l’ère Aebischer (lire ci-contre). Au fil des dernières années, elle n’a cessé de croître. A la fin de 2014, 150 sociétés (employant 1750 collaborateurs) étaient installées dans les onze bâtiments que compte le Parc de l’innovation. «Sur les 55?000 m2 à disposition, 91% des locaux sont désormais utilisés», précise Michaël Thémans, vice-président adjoint de l’EPFL pour l’innovation et la valorisation.

En termes purement financiers, l’importance des collaborations avec les sociétés privées est toutefois à nuancer. Elles ne représentent en effet qu’une infime source de revenus. «Il est difficile de se lancer dans une estimation globale de ce qu’elles peuvent rapporter, car elles sont de plusieurs types (dons, sponsoring, mécénat, mandats, etc.) et peuvent engendrer toute une déclinaison d’échanges d’argent ou de prestations diverses», précise Emmanuel Barraud, chargé de communication à l’EPFL.

Des retombées non financières

La part liée au mécénat, au sponsoring et aux divers partenariats ne pèse ainsi que 29 des 895,6 millions de francs du budget global (3,3%), loin des 616,1 millions versés par la Confédération suisse (68,8%). Quant aux 329 chaires que compte l’EPFL, 34 sont actuellement financées par des partenaires privés (entreprises ou fondations). En tout, elles ont rapporté un peu moins de 120 millions à l’EPFL.

Ces montants ne prennent toutefois pas en compte tous les effets indirects des relations étroites développées entre partenaires public et privés, à l’exemple d’un accès à l’emploi facilité pour les doctorants qui sortent des bancs de l’EPFL. Des relations étroites qui ont surtout permis à l’institution de grimper dans divers classements, et de gagner énormément en visibilité.

Ainsi, malgré des conditions qui se sont dégradées depuis la votation «Contre l’immigration de masse» du 9 février 2014, la notoriété gagnée par l’EPFL lui permet d’attirer de nouveaux acteurs comme Swisscom. Sans plus de détails, Michaël Thémans assure déjà que, en début d’année prochaine, «de nouvelles arrivées sont à attendre».

Créé: 17.12.2015, 07h05

Patrick Aebischer, le pionnier des partenariats public-privé

Depuis son arrivée à la tête de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), en 1999, Patrick Aebischer a rapidement mis en place une politique de partenariats public-privé pionnière en Suisse à l’époque. A l’occasion de la signature du dernier en date, liant l’EPFL à Swisscom, le président revient sur un modèle qui a, depuis, largement fait ses preuves, et évoque ses inquiétudes pour l’avenir. Interview.

Lorsque vous preniez la direction de l’EPFL à la fin du siècle dernier, aviez-vous dès le départ prévu de développer de tels liens avec le secteur privé?

Ayant toujours été impliqué dans le développement de start-up, j’avais effectivement en tête un modèle où l’EPFL déboucherait sur des recherches utiles pour la société en contribuant à son développement économique.

Les revenus issus du privé ne représentent finalement que 3,3% du budget de l’EPFL, et seules quelque 10% de vos chaires sont financées par des partenaires privés. A une année de votre départ, êtes-vous satisfait de
ce bilan?


On en voudrait bien sûr toujours plus, et cela d’autant plus dans une période où des coupes budgétaires importantes sont annoncées dans les quatre années à venir. Mais le plus important reste de?favoriser et simplifier ces liens entre?la?recherche fondamentale et?les?sociétés.

Après la votation du 9 février «Contre l’immigration de masse», vous faisiez part de vos inquiétudes pour l’avenir de la Suisse… Comment l’EPFL s’est-elle adaptée?


Le climat reste toujours très difficile. Car, même si nous annonçons aujourd’hui l’arrivée de Swisscom dans nos murs et que d’autres entreprises suisses et internationales nous font toujours confiance, notre atout principal est limité aux compétences de nos chercheurs. Or ces derniers viennent de Suisse, certes, mais également des quatre coins du monde. Si nos accès à ces talents finissent par être limités, l’EPFL en pâtira.

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