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Syngenta n'est pas à vendre, répète son président

Si Monsanto veut réellement acquérir le groupe suisse, il faut qu'il en «paye le prix», a affirmé Michel Demaré. C'est la troisième tentative du groupe basé à Saint-Louis.

Le groupe bâlois Syngenta, spécialisé dans les produits phytosanitaires, intéresse toujours le spécialiste américain des organismes génétiquement modifiés, Monsanto.
Le groupe bâlois Syngenta, spécialisé dans les produits phytosanitaires, intéresse toujours le spécialiste américain des organismes génétiquement modifiés, Monsanto.

Syngenta n'est pas à vendre, selon le président du conseil d'administration du groupe agrochimique bâlois Michel Demaré. Ce dernier se dit «irrité» par les offres de rachat à répétition du spécialiste américain des organismes génétiquement modifiés (OGM).

Et le conseil d'administration de Syngenta est unanime derrière cette approche, insiste Michel Demaré dans une interview parue vendredi dans le quotidien Le Temps. «Comprenez: c'est la troisième fois que Monsanto vient frapper à notre porte», relève le Belge.

«Si vous avez une belle maison et que quelqu'un veut l'acheter à un prix qui ne reflète pas sa valeur, la première fois vous dites gentiment non, merci. La deuxième fois, aussi. Mais la troisième fois, vous n'offrez même pas une tasse de café», lâche le président du groupe rhénan. «On en est là.»

«Si le rêve de Hugh Grant (ndlr, le directeur général de Monsanto) est d'acquérir cette société comme il le dit, il faut qu'il en paye le prix», ajoute Michel Demaré. «Par ailleurs, il continue d'appeler cela une fusion. Mais il s'agit d'une offre publique d'achat hostile.»

La direction n'en veut pas non plus

La veille, le directeur général du groupe suisse avait opposé un nouveau refus catégorique lors de la présentation de ses résultats semestriels. «Nous ne cessons de répéter la même chose: c'est non!», a déclaré Mike Mack lors d'une conférence de presse à Bâle, au siège de l'entreprise.

«Il y a trop de risques dans la mise en œuvre, les questions de concurrence n'ont pas été abordées. C'est ‹non› sur les termes financiers, l'offre n'était pas inspirante», a-t-il ajouté. «Ils n'arrêtent pas de revenir apparemment en n'aimant pas la réponse, mais cela ne change pas la nature de la réponse», a déclaré Mike Mack. Le groupe américain a fait savoir qu'il maintenait son offre.

Pas d'accord avec Pierre Landolt

Au-delà, le Belge fait part de son désaccord avec le point de vue exprimé début juin par Pierre Landolt. Ce dernier, président de la Fondation de famille Sandoz et l'un des pères fondateurs de Syngenta, estimait dans les colonnes du Tempsque la fusion se ferait à terme.

«J'ai beaucoup de respect pour Pierre, mais je suis prêt à parier une bouteille avec lui qu'il a tort», dit Michel Demaré. «Je pense que Monsanto arrive à un moment assez opportuniste. Il est clair qu'ils ont des doutes sur leur futur et pensent qu'il leur faudra une base chimique de protection des cultures pour se développer.»

«Monsanto s'attaque donc au leader du secteur. Mais nous ne sommes pas le genre d'actifs que l'on achète au rabais», indique le président de Syngenta. «Et nous ne sommes pas à vendre!»

Pour mémoire, Monsanto a formulé en avril une offre de 449 francs par action Syngenta, valorisant le groupe bâlois à 45 milliards de dollars. Depuis, Syngenta n'a eu de cesse de répéter son refus des conditions proposées.

(ats/afp)

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