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La tension monte entre la Silicon Valley et Bruxelles

Les Européens ont infligé mardi une amende de 2,42 milliards d’euros à Google pour abus de position dominante.

«Ce que Google a fait est illégal au regard de l’UE. Elle a empêché les autres sociétés de livrer concurrence sur la base de leurs mérites et d’innover», expliquait mardi la commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager.
«Ce que Google a fait est illégal au regard de l’UE. Elle a empêché les autres sociétés de livrer concurrence sur la base de leurs mérites et d’innover», expliquait mardi la commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager.
AP

Rien ne va plus entre les géants de la Silicon Valley et les autorités européennes. Après avoir sanctionné Facebook au printemps dernier pour avoir fourni des informations inexactes lors d’une enquête sur son rachat de WhatsApp en 2014 et lui avoir ponctionné la somme symbolique de 110 millions d’euros (119,8 millions de francs), Bruxelles a déplacé son curseur sur Google.

L’Exécutif européen, gardien de la concurrence dans l’UE, accuse ainsi le groupe américain d’avoir abusé de sa position dominante dans la recherche en ligne pour favoriser son comparateur de prix Google Shopping. «Ce que Google a fait est illégal au regard des règles de concurrence de l’UE. Elle a empêché les autres sociétés de livrer concurrence sur la base de leurs mérites et d’innover», expliquait mardi la commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, après quelque sept ans d’enquête.

Amende élevée

La sanction: 2,42 milliards d’euros. «Cette amende a été calculée sur la base de la valeur des recettes que Google réalise dans les treize pays européens où son service est déployé», a expliqué mardi la Commission européenne pour justifier un tel montant.

En plus de cette amende, Bruxelles demande à Google de mettre fin à ces pratiques jugées anticoncurrentielles dans les 90 jours. «Sans cela, le groupe sera soumis à des astreintes pouvant atteindre 5% du chiffre d’affaires moyen réalisé quotidiennement au niveau mondial par Alphabet, la société mère de Google», précisent les autorités.

Pour mémoire, dans un cas d’abus de position dominante, l’amende la plus importante jamais prononcée par Bruxelles s’élevait jusqu’à mardi à 1,06 milliard d’euros. Remontant à 2009, elle était infligée à Intel, géant américain des puces informatiques. Microsoft a toutefois également eu son lot de déboires en Europe, puisqu’il s’est vu taper sur les doigts par Bruxelles pour le manque d’alternative à son système d’exploitation Windows 7. A la clé: 561 millions d’euros d’amende.

Sanction contre Apple

Ces montants restent toutefois encore loin de la sanction infligée par Bruxelles à un autre groupe de la Silicon Valley: Apple. Il y a moins d’un an, le 30 août 2016, l’Exécutif européen accusait la firme de Cupertino «d’avoir bénéficié d’avantages fiscaux» indus accordés par l’Irlande et ordonnait à l’entreprise de rembourser à ce pays plus de 13 milliards d’euros.

A l’époque, Margrethe Vestager expliquait que «les Etats membres ne pouvaient accorder des avantages fiscaux à certaines entreprises triées sur le volet». A noter que tant Dublin que l’entreprise informatique ont immédiatement fait appel.

Google ne compte d’ailleurs pas non plus se laisser faire. Par communiqué de presse, le géant de la Silicon Valley a confirmé être en désaccord avec la décision des autorités européennes et envisager de faire appel.

Amazon sous enquête

En plus de ces diverses procédures qui prendront certainement encore des mois, voire des années, à déboucher sur un résultat concret, d’autres enquêtes sont actuellement en cours. Amazon est notamment dans le viseur, soupçonné par Bruxelles d’avoir joui au Luxembourg «d’un régime fiscal lui apportant des avantages indus».

Le géant américain vient d’ailleurs de régler un dossier sensible avec la Commission européenne concernant la distribution de livres numériques et le risque – désormais écarté selon l’UE – de position dominante par Amazon sur ce marché.

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