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La terreur des banquiers suisses éjectée par Trump

Le procureur Preet Bharara avait terrassé la banque Wegelin et mené un combat sans relâche contre l’évasion fiscale en Suisse.

Preet Bharara s’est battu avec fougue contre les comptes cachés en Suisse et pour assainir Wall Street.
Preet Bharara s’est battu avec fougue contre les comptes cachés en Suisse et pour assainir Wall Street.
BRENDAN MCDERMID/REUTERS

Il a fait plier les banques suisses Wegelin en 2013 et Julius Baer l’année dernière. Preet Bharara, le puissant procureur fédéral de New York, a aussi enchaîné les victoires légales face à des conseillers financiers helvétiques et des Américains accusés d’évasion fiscale. Mais ce combat sans relâche contre les comptes cachés en Suisse et pour assainir en parallèle Wall Street en s’attaquant aux banques américaines impliquées dans la crise financière de 2008 ne lui a pas permis d’éviter la vague de licenciements décidée vendredi par l’administration Trump.

Le procureur de New York s’est retrouvé au cœur d’un imbroglio qui a valu une nouvelle salve de critiques à la Maison-Blanche. Dana Boente, le numéro 2 par intérim du Département de la justice (DoJ), a demandé vendredi à 46 procureurs fédéraux nommés par Barack Obama de démissionner. Preet Bharara a refusé d’obtempérer et a affirmé samedi sur Twitter avoir été «licencié». Il a ensuite envoyé un message à ses collaborateurs, affirmant être «très triste». «C’est le plus bel endroit sur terre et je vous aime tous», a écrit le procureur âgé de 48 ans. «Même le jour où votre procureur se fait licencier, il faut rester reconnaissant car vous pouvez continuer à faire le travail le plus honorable qui existe.»

Ce bras de fer perdu par Preet Bharara est surprenant, car le procureur new-yorkais avait rencontré Donald Trump en novembre de l’année dernière. A l’issue de cet entretien, il avait affirmé que le président-élu lui avait demandé de rester en poste et qu’il avait accepté. Selon le Washington Post, Donald Trump a apparemment changé d’avis après avoir été convaincu par Steve Bannon, son stratège, et Jeff Sessions, le ministre de la Justice, de faire table rase des procureurs nommés par son prédécesseur.

Preet Bharara ne pourra pas conclure l’une de ses enquêtes en cours sur une affaire de blanchiment d’argent qui avait touché des banques suisses l’année dernière. Le procureur new-yorkais avait demandé aux autorités helvétiques des documents sur les liens entre dixhuit banques et la compagnie pétrolière Petroleos de Venezuela SA (PDVSA) dont l’un des partenaires, Derwick Associates, fait l’objet d’une enquête dans l’Etat de New York. Le 11 octobre dernier, la Suisse avait transféré au Trésor américain des avoirs pour un montant de 51 millions de dollars appartenant à PDVSA. Ces fonds étaient gelés dans le cadre de l’investigation menée conjointement par Preet Bharara et Ken Magidson, le procureur fédéral de Houston, auquel l’administration Trump a aussi demandé de démissionner.

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