Tokyo durcit le ton avec Séoul

Relations commercialesLe Japon a décidé de retirer la Corée du Sud de la liste des Etats exemptés de procédures pour l'acquisition de plusieurs centaines de produits.

Ministre japonais du Commerce et de l'Industrie, Hiroshige Seko.

Ministre japonais du Commerce et de l'Industrie, Hiroshige Seko.

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Le Japon et la Corée du Sud ont tour à tour pris des mesures de restrictions commerciales vendredi. L'archipel compte davantage surveiller les exportations provenant de sa voisine, qui a répliqué en retirant Tokyo de la liste de ses partenaires de confiance.

Le Japon a décidé de retirer la Corée du Sud de la liste des Etats exemptés de procédures pour l'acquisition de plusieurs centaines de produits. Quelques heures plus tard, Séoul a annoncé par la voix de son ministre des finances le retrait du Japon de sa «liste blanche» des partenaires commerciaux de confiance.

Hong Nam-Ki a appelé Tokyo à retirer immédiatement ses mesures commerciales. «Nous continuerons à faire des efforts pour résoudre cette question par la diplomatie», a-t-il ajouté.

L'exclusion de la Corée du Sud par le Japon de cette «liste blanche» a été approuvée jeudi matin en conseil des ministres, a précisé à la presse le ministre de l'Industrie et du Commerce, Hiroshige Seko. La mesure perçue comme une sanction par Séoul prendra effet le 28 août, a détaillé Hiroshige Seko.

Tokyo assène ainsi un nouveau coup à Séoul avec qui existent divers différends historiques liés à l'occupation coloniale de la péninsule coréenne par le Japon (1910-1945), qui empoisonnent leurs relations depuis des lustres.

Juste une «révision»

Pour les autorités japonaises, «il s'agit d'une révision de la liste nécessaire pour une gestion appropriée du contrôle de nos exportations pour la sécurité nationale», a justifié Hiroshige Seko, niant à nouveau qu'il s'agisse d'une sanction.

L'expression «liste blanche» jusqu'à présent employée pour les pays bénéficiant d'un traitement de faveur disparaît au profit d'une catégorisation des pays en deux groupes. A, d'un côté, et B,C,D pour les autres, en fonction du niveau de confiance qui leur est accordé.

La Corée du Sud passera au niveau B. Concrètement Tokyo signifie ainsi que son voisin n'est pas fiable et qu'il faut s'assurer avant d'exporter qu'il ne va pas utiliser à des fins détournées (militaires notamment) les matériaux venant du Japon.

Samsung et LG visés

Selon Tokyo, nombre de firmes nippones disposent déjà d'une autorisation pour exporter vers des pays de catégorie B, et ce sésame sera utilisable pour la Corée du Sud. «Si les entreprises ont des autorisations spéciales, il ne devrait pas y avoir d'entraves», a confirmé à l'AFP Hajime Yoshimoto de Nomura Securities.

Cependant, vu de Séoul, cette disposition nouvelle ne sera pas si neutre que les Japonais veulent bien le dire. La liste concerne 15 catégories regroupant chacune des dizaines de produits, allant des armes à divers appareils électroniques, en passant par des produits chimiques, des matériaux avancés ou encore des équipements pour les navires.

«L'impact est susceptible de se propager au secteur de l'automobile et des écrans organiques (OLED) parmi beaucoup d'autres», a indiqué à l'AFP à Séoul Mun Byung-ki, un chercheur de l'Association coréenne du commerce international.

Le Japon avait déjà décidé début juillet de lever l'exemption de procédure pour trois produits chimiques nécessaires entre autres à la fabrication de smartphones et de téléviseurs, une décision très pénalisante pour les géants de l'électronique sud-coréens comme Samsung et LG Electronics.

Dédommagements de la discorde

Le ministre japonais des Affaires étrangères, Taro Kono, avait indiqué dès jeudi soir que les deux pays n'étaient pas parvenus à trouver un terrain d'entente sur un de leurs contentieux historiques pour éviter cette radiation. Il venait de s'entretenir avec son homologue sud-coréenne à Bangkok, en marge d'un sommet de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean).

Le gouvernement japonais est furieux que des tribunaux sud-coréens exigent d'entreprises japonaises qu'elles dédommagent des citoyens sud-coréens qui avaient été forcés de travailler dans leurs usines durant l'occupation japonaise jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale. (ats/nxp)

Créé: 02.08.2019, 09h37

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