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SuisseLe torchon brûle entre maçons et entrepreneurs

La fin de la convention nationale du secteur de la construction ainsi que le maintien de la retraite à 60 ans provoque des frictions.

Après une grosse manifestation à Zurich en juin, les syndicats s'apprêtent à battre le pavé à nouveau.
Après une grosse manifestation à Zurich en juin, les syndicats s'apprêtent à battre le pavé à nouveau.
Keystone

La convention nationale du secteur de la construction (CN) expirera en fin d'année. Entre autres revendications des syndicats face aux entrepreneurs figure le maintien de la retraite à 60 ans. Syna et Unia l'ont rappelé lundi lors d'une conférence de presse à Berne.

«Depuis août, des négociations sont menées pour assurer la pérennité de la retraite à 60 ans», répètent les représentants de la construction. Selon eux, une solution est prête, prévoyant le maintien de l'âge de la retraite, et le financement de l'assainissement par les travailleurs en échange d'une hausse de salaire correcte.

Or, poursuivent-ils «la Société suisse des entrepreneurs (SSE) fait savoir qu'elle ne serait prête à cette solution que si les syndicats acceptent des coupes brutales dans la CN». «Les maçons sont écoeurés par ce chantage», a déclaré face aux médias Nico Lutz, responsable du secteur Construction d'Unia, selon la version écrite de son discours.

Les coupes dans la CN proposées par la SSE en échange du maintien de la retraite à 60 ans consistent notamment, selon les syndicats, en un système de travail sur appel, décrit comme une «attaque contre la santé des travailleurs». Le dumping salarial ainsi que l'abolition de la protection contre les intempéries complètent les coupes proposées par les entrepreneurs.

Dans un communiqué diffusé vendredi dernier, la SSE explique que «dès 2019, les syndicats veulent que les travailleurs soient indemnisés en hiver à charge de la caisse chômage». Les entrepreneurs perçoivent cette offre «choquante» comme une incitation à l'abus social. Ils menacent de suspendre temporairement les négociations en vue d'une nouvelle CN si de telles propositions devaient encore être faites.

Santé méprisée

«Notre santé n'est pas à vendre», clament les maçons, qui estiment par ailleurs que leurs journées de travail - parfois 10 heures sur les chantiers et deux heures dans le trafic - sont beaucoup trop longues. «Or les entrepreneurs veulent maintenant 300 heures flexibles au lieu de 100, ce qui aurait pour conséquence un enchaînement de journées de travail de 12 heures de mars à décembre et un repos forcé en janvier et février», expliquent les syndicats.

A cela s'ajoute le risque de sous-enchère salariale: «Les entreprises étrangères - qui ont le droit de travailler en Suisse pendant 90 jours sans autorisation - seraient libres de travailler avec des 'stagiaires' rémunérés peut-être 1000 francs par mois. Les salaires minimums seraient ainsi contournés».

D'autres revendications, comme des journées de travail moins longues, la limitation du travail temporaire, la protection des travailleurs plus âgés et plus de protection contre les intempéries sont ajournées. «On consent à prolonger la CN, pas de revendications maximales mais une solution pragmatique», clament les syndicats.

Pour toutes ces raisons, les travailleurs de la construction en ont ras-le-bol. En juin dernier, 18'000 ouvriers étaient déjà descendus dans la rue à Zurich pour réclamer le maintien de l'âge de la retraite. Vendredi dernier, plus de 1300 maçons du canton de Vaud se sont rassemblés à Lausanne lors d'une assemblée générale. «Cette fréquentation massive est un signal pour les prochaines actions», déclare un porte-parole d'Unia.

Syna et Unia annoncent des actions de protestation dès la mi-octobre et jusqu'à début novembre dans toute la Suisse. La première action est prévue le 15 octobre au Tessin, puis le lendemain à Genève. Et, si nécessaire, une grève aura lieu en 2019.

ats

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