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Toys «R» Us échappe à la crise en Suisse

La situation empire pour le vendeur de jouets en faillite en Amérique du Nord. Sa filiale anglaise fermera un quart de ses 106 magasins.

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Internet est-il en train de venir à bout du modèle des «mégastore» de jouets apparu dans les années 1980-1990? Depuis l’annonce de la mise en faillite de Toys «R» Us en Amérique du Nord (États-Unis et Canada) au début du mois de septembre, cette impression se renforce de jour en jour. Jusqu’au week-end dernier, la crise semblait en effet avoir été circonscrite par le géant américain de la distribution de jouets à son propre territoire. Depuis lundi, elle s’est répandue en Europe, frappant de plein fouet sa filiale britannique, mais sans répercussion encore sur ses enseignes en Suisse. Marché suisse épargné

Au Royaume-Uni, Toys «R» Us a annoncé vouloir liquider près d’un quart de ses enseignes (sur un total de 106) et être prêt à y supprimer de 500 à 800 postes. L’enseigne justifie sa décision en évoquant justement la taille désormais inappropriée de ses grands magasins. «Dans le climat actuel de la vente au détail, le modèle apparu il y a trente ans est devenu trop grand et trop onéreux à entretenir», expliquait par communiqué son directeur général, Steve Knights. La direction de l’enseigne qui engrange les pertes depuis des années, déclare ainsi vouloir tourner la page des grandes surfaces pour revenir à des surfaces de vente «plus raisonnables».

Après avoir refusé en septembre de commenter la situation américaine, ni souhaité préciser de quelle manière Toys «R» Us pourrait être impactée en Suisse, la direction de la filiale helvétique est finalement sortie du bois. «Notre firme en Suisse n’est pas concernée par la procédure américaine et nos enseignes continuent toutes de fonctionner normalement», répond leur directeur des ventes, Franz Schweighofer. Ce dernier assure également qu’aucune filiale ne sera fermée et que «les collaborateurs conserveront leurs emplois».

Crise globale du secteur

Que ce soit aux États-Unis ou en Grande-Bretagne, les soucis rencontrés par Toys «R» Us sont loin d’être uniques. Sans compter les restructurations opérées par les fabricants au cours de ces derniers mois – les deux géants du jouet Lego et Mattel sont en train de licencier des centaines de salariés - les mauvaises nouvelles ne cessent de s’enchaîner pour ce secteur de la distribution.

Au cours des deux dernières années, Ludendo, Numéro 2 du jouet en France, a par exemple revu drastiquement à la baisse le nombre de ses enseignes «La Grande Récré». En Suisse, par contre, depuis son acquisition de la marque Franz Carl Weber en 2006, Ludendo est parvenu à augmenter le nombre de magasins du marchand suisse de jouet, passant de 13 à 21 points de ventes.

King Jouet, apparu sur l’arc lémanique ces dernières années, a également fait face à une période financière tendue et été contrainte de se restructurer.

Quant à la recherche actuelle par le groupe néerlandais Blokker d’un repreneur pour la chaîne Maxi Toys – aussi présente en Suisse romande - elle laisse planer l’inquiétude d’un redimensionnement du nombre d’enseigne et donc d’une sévère restructuration. Le syndicat CGT faisait en tout cas récemment part de ses inquiétudes pour «l’avenir des employés de Maxi Toys».

Concurrence sur Internet

Malgré un marché qui reste en croissance, les enseignes classiques font ainsi toutes face au même défi: résister à l’essor des ventes en ligne. Comme le reste de la distribution, Internet est en train de redéfinir les cartes de la vente de jouets.

Toys «R» Us est d’ailleurs très certainement l’un des meilleurs exemples d’une transition ratée. Étouffé par une dette abyssale, le géant américain a mal négocié son virage sur Internet et peine aujourd’hui à s’imposer face à la montée en puissance des géants de l’Internet. Pour preuve, en 2016, alors que le marché du jouet américain a grimpé de 5% sur l’année, le distributeur voyait ses ventes se contracter de 2,2%.

Pour Toys «R» Us, comme pour ses concurrents, les ventes de ces prochaines semaines, à l’origine d’une grande partie de leur chiffre d’affaires annuel, seront déterminantes.

Sans des revenus satisfaisants, le géant américain pourrait, pour sa part, être incapable de rembourser ses dettes et contraint à définitivement mettre la clé sous le paillasson.

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