Au tribunal, Ghosn se dit «faussement accusé»

JaponLe patron de Renault a comparu mardi au tribunal de Tokyo où il s'est dit «faussement accusé et détenu de manière injuste».

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Le directeur général de Renault Carlos Ghosn a dit mardi avoir été «faussement accusé et détenu de manière injuste» lors de sa première comparution devant un juge à Tokyo, deux mois après son arrestation. L'homme est accusé d'avoir dissimulé une partie de ses revenus.

Le magnat de l'automobile de 64 ans a commencé à comparaître à 10h30 locales (02h30 en Suisse) au tribunal de Tokyo, une audience qui passionne les médias et le grand public. Vêtu d'un costume sombre, sans cravate, il est apparu amaigri, menotté, avec une corde autour de la taille.

Rappelant avoir dédié «deux décennies de sa vie à relever Nissan et bâtir l'alliance», une entreprise qu'il dit aimer, M. Ghosn a affirmé «avoir agi avec honneur, légalement et avec la connaissance et l'approbation des dirigeants de la compagnie», selon une déclaration écrite qu'il devait lire.

Le juge a justifié de son côté son maintien en détention par un risque de fuite. La procédure est rare, seul 0,6% des détenus ont fait une telle requête l'an dernier. Elle n'a quasiment aucune chance de changer le cours des choses, mais la portée symbolique est forte pour M. Ghosn, qui a là une occasion de rompre le silence médiatique dans lequel il est muré depuis plusieurs semaines.

«Même si cela n'est que dix minutes, pour lui, c'est très important de pouvoir dire au monde sa vérité», a réagi Flavien Neuvy, directeur de l'observatoire Cetelem de l'automobile basé à Paris.

Une inculpation, trois gardes à vue

Carlos Ghosn a été mis en examen le 10 décembre pour dissimulation aux autorités boursières d'une partie de ses revenus perçus chez Nissan: environ 5 milliards de yens (45 millions de francs) sur cinq années, de 2010 à 2015.

A l'issue d'une première garde à vue, il a fait l'objet d'un nouveau mandat d'arrêt pour une minoration similaire d'émoluments, mais cette fois entre 2015 et 2018, puis d'un troisième, pour abus de confiance. Il est notamment accusé d'avoir effectué des virements d'un compte de Nissan au bénéfice d'un ami saoudien. L'accusé nie toute malversation.

L'affaire est partie d'un ou plusieurs lanceurs d'alerte au sein du groupe, qui a mené l'enquête dans le secret pendant plusieurs mois avant de transmettre les informations au parquet, lequel a parallèlement conduit ses propres investigations. Plusieurs centaines de salariés de Nissan sont toujours mobilisés et chaque semaine ou presque, de nouveaux soupçons filtrent dans les médias.

Face à cette avalanche d'accusations, Renault fait profil bas. Le groupe français a choisi pour l'heure de maintenir sa confiance à Carlos Ghosn, quand Nissan et Mitsubishi Motors se sont empressés de le révoquer de la présidence du conseil d'administration. (ats/nxp)

Créé: 08.01.2019, 04h10

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