TRS et la HES Fribourg ont trouvé une solution aux pneus usagés

EconomieL’entreprise vaudoise Tyre Recycling Solutions ouvre bientôt des usines recyclant les pneus qui sont transformés en poudre.

TRS recycle la gomme des pneus et en fait une poudre.

TRS recycle la gomme des pneus et en fait une poudre. Image: Florian Cella

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Au début de mai, Tyre Recycling Solutions (TRS), entreprise spécialisée dans le recyclage des pneus, a quitté ses locaux provisoires de Gland (VD) et emménagé à Préverenges (VD). «Ce déménagement marque la fin de la période start-up», confie Staffan Ahlgren, cofondateur et CEO de l’entreprise. Créée en 2013 et après avoir levé 18 millions de francs depuis (dont 8 millions en avril dernier), TRS passe la vitesse supérieure. D’ici à la fin de l’année, deux usines verront le jour: l’une en Europe et l’autre au Moyen-Orient.

Staffan Ahlgren estime que 2,5 milliards de pneus sont jetés chaque année dans le monde. Seule la moitié est recyclée. Avec son associé Pierre Kladny, l’entrepreneur lance en 2008 l’idée de valoriser ce matériel. Après des études de marché approfondies, TRS voit le jour. Très vite, la start-up développe de nouvelles techniques. «Entre 2013 et 2015, nous avons mis en place un système qui découpe le pneu en trois parties plates en l’espace de 30 secondes», explique fièrement le directeur. «Cela permet d’isoler la bande de roulement dans laquelle l’on trouve le caoutchouc de meilleure qualité.» Ensuite, la bande est pulvérisée par une nouvelle technologie développée par TRS: une machine alimentée par de l’eau à très haute pression transforme les bandes de roulement en poudre très fine. Intervient finalement la dévulcanisation. «Grâce à un procédé secret basé sur l’utilisation de bactéries (et non de produits chimiques), nous arrivons à séparer le soufre de la poudre de caoutchouc.»

Une machine découpe les pneus et en fait des bandes.

TRS a déjà déposé quatre brevets. La recherche et les tests de production se poursuivront dans les nouveaux locaux de 400 m2 dotés d’un laboratoire «Le site de Préverenges accueille treize collaborateurs, dont des chimistes», se réjouit Staffan Ahlgren.

Recyclage en Afrique

Mais TRS n’est pas la seule à se lancer dans le domaine du recyclage des pneus. La Haute École d’ingénierie et d’architecture de Fribourg vient d’achever une étude de plusieurs mois sous la houlette du professeur Michal Dabros. «Beaucoup de vieilles voitures sont exportées d’Europe vers l’Afrique. Une fois usagées, leur métal est recyclé, mais pas leurs pneus», s’inquiète le chercheur. Conséquence: ils sont soit brûlés, contribuant à la pollution de l’air des villes, soit abandonnés aux abords des habitations. De l’eau s’y accumule, attirant les moustiques, vecteurs de la malaria. D’où une idée du professeur et de son équipe: «Une fois le caoutchouc séparé des parties métalliques, il est moulu et transformé en granulats. Ceux-ci sont ensuite collés, non pas à l’aide de produits chimiques coûteux, mais grâce à une technique thermomécanique, plus accessible pour les pays en développement.» Pour le moment, le chercheur et son équipe sont encore loin de commercialiser leur concept. Au Burkina Faso, ils testent les différentes utilisations possibles des granulats.

Les bandes sont pulvérisées pour récupérer le bon caoutchouc.

Diverses applications

«Les terrasses privées, les terrains de sport ou les routes sont des lieux où ces granulats peuvent être utilisés», énumère Michal Dabros. Et les risques pour la santé? «Je ne peux pas affirmer qu’il n’y en a pas. Mais à la différence de certains terrains de sport en Suisse sur lesquels les résidus de pneus sont libres, les granulats dans nos dalles sont agglomérés, ce qui limite fortement la dispersion de la poussière. De plus, nous n’ajoutons pas de polyuréthane qui peut lui-même se désagréger. Et n’oublions pas le nombre de places de jeux en Suisse dans lesquelles se trouvent des restes de pneus», tempère-t-il. Mais surtout: «En recyclant les pneus en Afrique, nous contribuons à résoudre des problèmes bien plus graves (pollution et malaria).» Staffan Ahlgren, le CEO de TRS, ne voit pas de danger pour la santé: «Notre poudre de caoutchouc recyclé n’est pas en contact direct avec le corps humain. On peut la retrouver par exemple dans de nouveaux pneus, l’asphalte, des produits moulés dans l’industrie automobile ou l’isolation des toits.» Dès la fin de l’année, une tonne sera commercialisée entre 900 et 1200 fr. (24 heures)

Créé: 13.05.2018, 19h17

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