Trump force les marques à produire aux États-Unis

Automobile Face aux menaces de surtaxe, les constructeurs européens vont assembler de plus en plus de voitures sur le sol américain.

Des ouvriers dans l’usine Volkswagen de 
Chattanooga (Tennessee).

Des ouvriers dans l’usine Volkswagen de Chattanooga (Tennessee). Image: KEYSTONE/ERIK SCHELZIG

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Le 4 décembre, Donald Trump recevait brièvement les patrons des trois plus grands constructeurs automobiles allemands (BMW, Volkswagen, Daimler). L’objet de cette rencontre était simple. L’actuel locataire de la Maison-Blanche voulait remettre un peu de pression sur les trois marques. Il leur a rappelé les risques que ces dernières pourraient encourir si elles n’augmentaient pas significativement leur appareil de production aux États-Unis.

Menace d'une hausse de taxes

Le risque d’être un jour pénalisé par des taxes douanières en hausse de 25% semble avoir convaincu les trois fabricants allemands de procéder à quelques investissements sur le sol américain. En quelques jours, les annonces se sont en effet multipliées dans ce sens-là. À peine sorti des murs de la demeure présidentielle, le président du directoire de Volkswagen (VW), Herbert Diess, déclarait réfléchir à la construction d’une seconde usine d’assemblage aux États-Unis, en complément au site actuel basé au Tennessee.

Le patron confirmait également que les discussions entamées depuis quelques mois avec son concurrent américain, le constructeur Ford, étaient sur la bonne voie. Dans un avenir proche, les deux géants de l’automobile envisagent de signer une alliance rappelant celle mise en place par Renault et Nissan. «Nous sommes dans un dialogue et des négociations assez avancées avec Ford Corporation pour bâtir une vraie alliance automobile mondiale», déclarait à Washington le patron de VW.

Si les contours de ce rapprochement restent encore flous (une fusion ne serait en tout cas pas d’actualité), l’hypothèse la plus répandue est de voir la marque allemande utiliser à son compte les capacités de production du géant américain. À cela s’ajoutent des discussions pour un développement commun de véhicules 100% électrique.

De l’Allemagne à l’Italie

Contrairement à Daimler – groupe propriétaire de Mercedes Benz, le seul à faire de la résistance en estimant que les conditions actuelles ne sont pas propices à de nouveaux investissements sur le sol américain – BMW compte aussi investir massivement dans son usine de Spartanburg en Caroline du Sud. D’ici à 2021, le groupe allemand dépensera 600 millions de dollars pour y fabriquer sa BMW X de future génération et y créer 1'000 postes de travail supplémentaires – actuellement, quelque 9'000 personnes y fabriquent des véhicules pour la marque allemande.

À la fin de novembre, dans un tweet, Donald Trump laissait entendre que BMW serait prêt à poursuivre sur cette voie en construisant aux États-Unis une toute nouvelle usine de moteurs. «Un projet est à l’étude», s’est contenté de répondre le constructeur, en précisant qu’aucune décision n’avait été prise pour le moment.

Pression sur Fiat-Chrysler

Cette pression du pouvoir américain ne se focalise pas uniquement sur les marques allemandes, comme l’illustrent certaines informations parues jeudi, dans la presse américaine, sur le groupe Fiat-Chrysler. D’après le «Wall Street Journal» et le «Detroit News», pour assembler sa future Jeep Grand Cherokee, le constructeur pourrait ouvrir, d’ici à 2021, un tout nouveau site de production aux États-Unis.

Pour la branche américaine de l’automobile, cette nouvelle est d’autant plus importante qu’elle concerne Detroit, leur capitale historique. Après de nombreuses années de déclin, marquées par des sévères restructurations, cette ouverture d’une usine d’assemblage serait la première depuis 27 ans pour la ville.

Cette annonce tombe surtout au bon moment, puisqu’elle atténue légèrement le plan de restructuration drastique annoncé à la fin de novembre par General Motors (GM). Pour parvenir à économiser 6 milliards de dollars d’ici à deux ans, le constructeur américain prévoit en effet la suppression de 14'000 emplois et la liquidation de sept sites de production à travers le monde, dont quatre aux États-Unis. Or, deux des usines concernées sont installées à Detroit et à Warren, dans l’État du Michigan.

À noter que Trump ne menace pas uniquement les constructeurs étrangers. La décision prise par GM n’a pas vraiment enchanté le président. «Vous feriez mieux de revenir très vite», a-t-il déclaré à Mary Barra, l’actuelle patronne du géant américain. Dans un tweet, il a expliqué qu’en ce qui concerne General Motors, son administration était en train «d’examiner les moyens de lui supprimer toutes les subventions, y compris pour des voitures électriques».

Créé: 07.12.2018, 20h51

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