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Trump: «J’ai aidé la Suisse à devenir encore plus riche»

Confidences du président américain devant un petit groupe de journalistes de la presse suisse et américaine.

L’apparition de Donald Trump pour un toucher de main présidentiel devant les caméras d’un petit groupe de journalistes de la presse suisse et américaine était réglée au millimètre. Poignée de main avec le président de la Confédération, fauteuils calés aux trois quarts, drapeaux suisse et américain sur fond de sigle WEF, fausse lumière naturelle comme l’exigent les photographes. L’opération dure cinq minutes, juste le temps d’un échange d’amabilités sous le crépitement des appareils. Alain Berset souhaite la bienvenue au président. Nouvelle poignée de main. Et c’est au tour de la superstar du jour. Donald Trump, l’air décontracté, n’hésite pas à louer la Suisse et les Suisses tout en s’attribuant de nombreux mérites.

«La Suisse est un pays formidable. C’est très excitant d’être ici, à Davos. J’ai dîné hier soir avec une quinzaine de leaders de grandes entreprises du monde entier. Excellente rencontre. J’ai constaté qu’ils sont très satisfaits des États-Unis. Nous avons aligné les records. Nous n’avons rien vu de tel depuis Ronald Reagan. Mais nous ne sommes pas au bout. Nous avons encore beaucoup de chemin à faire. Nous avons drastiquement réduit les réglementations. Et on a coupé les taxes. C’est la plus grande baisse fiscale de l’histoire des États-Unis», se félicite Donald Trump, en insistant sur chaque mot et en répétant presque une phrase sur deux.

«La Suisse est un endroit formidable. J’ai tant d’amis en Suisse. Les Suisses sont de grands investisseurs»

Après ces propos en forme d’autocongratulation, il en vient à l’État hôte: «La Suisse est un endroit formidable. J’ai tant d’amis en Suisse. Les Suisses sont de grands investisseurs. Vous détenez beaucoup de notre capital-actions aux États-Unis. Et j’ai donc aidé la Suisse à devenir encore plus riche. J’en suis très heureux. Notre indice boursier a grimpé de près de 50% depuis un an. Et si l’autre partie (ndlr: les démocrates et leur candidate Hillary Clinton) l’avait emporté aux élections, je pense qu’il y aurait aujourd’hui encore plus de réglementations et que la Bourse aurait chuté de 25 à 30%», commente-t-il avec une satisfaction non feinte. «On a fait du bon boulot. Et beaucoup de gens sont très contents. Je veux vous remercier de nous honorer ainsi. Nous avons un énorme respect pour vous.» Et, pour conclure, il se tourne vers Alain Berset: «Mes félicitations pour votre élection.»

Une dernière poignée de main sous les drapeaux. Pas de doute, si l’on s’en tient à l’image, l’entente est cordiale. Les discussions qui vont suivre s’annoncent bien. Les journalistes sont évacués en trente secondes et conviés une heure plus tard à une conférence de presse donnée par le président suisse en solo cette fois. Il arrive avec quelques minutes de retard au centre de presse, signe que les échanges se sont prolongés. Le président de la Confédération se montre «très satisfait de cette conversation très directe, très positive, où nous avons pu aborder les problèmes que nous souhaitions traiter».

«Une bonne écoute de part et d'autre»

Alain Berset a aussi exposé les caractéristiques suisses, notamment sur le plan de la politique internationale, en insistant sur l’ouverture multilatérale. Il a également sensibilisé son interlocuteur à l’importance de la Genève internationale et notamment d’organisations comme le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). «Une rencontre entre deux hommes. Une discussion ouverte. Un échange de qualité avec une bonne écoute de part et d’autre.» L’entretien a duré une quarantaine de minutes.

«J’ai senti un contact empreint de respect. Nous avons la conscience d’être liés par un large ensemble d’éléments. Nous avons parlé de l’Iran, où la Suisse représente les intérêts américains, de Corée du Nord, de la Chine. Et bien sûr de fiscalité.» Sujet délicat, surtout après que Washington a abaissé les impôts des entreprises de 21 à 13%. «Donald Trump s’est aussi intéressé à notre relation avec l’Union européenne. La discussion a été très simple, très efficace. Nous avons d’emblée traité les thématiques que nous voulions aborder.» Enfin, le président de la Confédération a tordu le cou à une fake news. La balance des échanges entre les deux pays est équilibrée si l’on y inclut les biens et les services. «Là, nous sommes à égalité et avons aussi parlé d’égal à égal.» Les journalistes en quête d’une remarque piquante sur l’homme Trump, qui, on le sait, ne partage guère de valeurs avec son homologue suisse, Alain Berset les a gentiment éconduits.

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