Trump profère encore des menaces contre l’OMC

Le 45e président des Etats-Unis exige des progrès au sein de l’organisation domiciliée à Genève

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Donald Trump continue à faire le buzz. Cette fois-ci en recevant ce jeudi soir des journalistes de l’agence d’information Bloomberg dans le bureau ovale. Et en multipliant des déclarations dont il a le secret. Morceaux choisis.

«Si ses responsables ne se reprennent pas, je me retirerai de l’Organisation mondiale du commerce (OMC)», a ainsi prévenu le 45e président des Etats-Unis. Il confirme ainsi tout le mal qu’il pense de l’institution, domiciliée à Genève et fondée le 15 avril 1994. En juillet il fulminait déjà contre l’OMC, fruit de sept ans de négociations: «Les Etats-Unis sont désavantagés en étant fort maltraités par l’OMC, depuis de nombreuses années. L’organisation a besoin de changer ses manières de faire.»

L’insistance avec laquelle Donald Trump brandit ses menaces de retrait suscite de réelles inquiétudes. «Maintenant c’est vrai que ses semonces s’avèrent réellement sérieuses», estime Alan Winters, professeur d’économie à l’Université de Sussex.

Dans les bureaux de l’OMC, à Genève, la sérénité n’est d’ailleurs plus de mise. Depuis des années, avant même l’entrée en fonction de Donald Trump le 20 janvier 2017, Washington empêche le remplacement des juges au sein de l’Organe d’appel (OA), lié à l’Organe de règlement des différends (ORD). En quelque sorte le tribunal de seconde instance de l’organisation.

«Le gouvernement américain peut donc prendre l’OMC en otage»

En juin le directeur général de l’OMC, Roberto Azevêdo, a lui-même averti que, faute de solution, ce système de résolution des litiges cessera de fonctionner d’ici quelques mois. «Le gouvernement américain peut donc prendre l’OMC en otage», prévient Clément Marquet, chercheur en droit international public à l’Université de Genève.

Mais Donald Trump ne saurait se contenter d’un seul adversaire. Même si l’entretien de jeudi, avec des journalistes de Bloomberg reçus à la Maison-Blanche, avait commencé juste quelques heures après des déclarations relativement pacifiques de la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström: «L’Union européenne est disposée à supprimer les droits de douane sur les voitures importées des Etats-Unis. Si ceux-ci en font autant pour les automobiles en provenance du Vieux-Continent.»

Le président états-unien s’est empressé de répliquer: «L’Union européenne constitue un cas aussi grave que celui de la Chine. Il est juste un peu plus petit.» Et Robert Lighthizer, représentant au Commerce au sein de l’administration Trump, depuis 2017, n’a pas manqué de nouer la gerbe: «Accepter l’entrée de la Chine populaire au sein de l’OMC en 2001 a été une erreur.» L’avocat républicain estime que l’organisation se montre incapable de traiter avec un Etat ne se dotant pas d’une économie de marché.

Robert Lighthizer accuse en outre l’OMC de ne pas toujours respecter la souveraineté de son pays.

Créé: 31.08.2018, 19h11

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