L’Uber de la femme de ménage s’appelle Batmaid

Vie NumériqueOuverte en avril, la start-up lausannoise met en relation clients et fées du logis en toute légalité.

Il est arrivé au co-fondateur de la start-uo Andreas Schollin-Borg de remplacer une de ses employées au pied levé!

Il est arrivé au co-fondateur de la start-uo Andreas Schollin-Borg de remplacer une de ses employées au pied levé! Image: Patrick Martin

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Non, ce n’est pas une agence secrète de super-héros. Ou alors peut-être pour certains, pour qui ménage rime avec calvaire. Batmaid, c’est un site Internet qui propose aux particuliers les services de professionnels du nettoyage domestique. Son cofondateur, Andreas Schollin-Borg, raconte d’où lui est venue l’idée de monter la start-up lausannoise avec son ami Eric Laudet: «Je suis revenu d’un séjour à New York, où existait une telle plate-forme. J’ai alors décidé de me lancer dans le marché suisse, qui n’avait alors pas ce type de service.»

Le principe de Batmaid? Un particulier se connecte au site, choisit le nombre d’heures, décide de la date, et c’est tout. Pour un seul ménage, le prix est fixé à 35 francs de l’heure. Pour une, deux ou quatre fois par mois, il en coûtera 32 francs. Il est possible d’ajouter des extras comme le nettoyage du four ou des vitres.

La petite entreprise inaugurée en avril, qui compte 15 salariés, fonctionne comme un intermédiaire, elle n’emploie donc pas les femmes de ménage: «C’est le client qui est l’employeur. Nous lui faisons signer un contrat de gestion par lequel la travailleuse est officiellement déclarée. Nous prenons ensuite en charge toutes les démarches administratives, et le paiement des cotisations sociales AVS, à la différence d’Uber», indique le cofondateur de 27 ans.

Sur ce que paie le particulier, Batmaid prend 15% de commission. Déduction faite des frais liés à la carte de crédit nécessaire au paiement et à la TVA, il reste 25 francs bruts pour l’employée. «Auparavant je travaillais dans l’hôtellerie, et je touchais 18 francs», raconte Lina Besson, l’une des Batmaids. En Suisse depuis trente ans, elle n’a jamais pensé un seul instant travailler au noir: «Pour moi, cela aurait été une source de problèmes, et je n’aurais pas pu cotiser pour la retraite. Et, ici, je me sens vraiment considérée. Le chef est toujours disponible dès qu’il y a un problème.»

Cette ambiance «à la cool» façon start-up, c’est ce que souhaitait Andreas Schollin-Borg: «Je suis plus un coach pour elles qu’un boss. Je les aide aussi à faire leur CV s’il le faut, car elles peuvent travailler ailleurs que via notre plate-forme. »

Lorsque les fondateurs ont lancé l’appel pour les candidatures, 4000 personnes ont répondu. Aujourd’hui, la start-up compte 150 Batmaids (dont 5 hommes): «La sélection est stricte, car notre business repose sur notre réputation et la qualité du travail. Nous demandons un minium de deux ans d’expérience et des références», déclare Andreas Schollin-Borg. Si une femme de ménage n’est pas satisfaisante, elle est exclue de la plate-forme. Sur tous les ménages réalisés, le cofondateur reçoit cinq retours négatifs de clients en moyenne par mois, «et dans ce cas nous offrons un ménage gratuit, nous essayons de nous arranger. »

Un particulier explique l’avantage de passer par Batmaid: «Je sais vers qui me retourner en cas de problème. Oui, c’est plus cher qu’une personne non déclarée, mais cela reste raisonnable. » Ce client confie aussi qu’il ne voulait pas prendre le risque d’engager une femme de ménage au noir. Et les deux fondateurs avaient également cette idée en tête: «Nous voulions lutter contre le travail au noir en facilitant les démarches. Certaines d’entre elles ont même amené leur ancien client vers la plate-forme pour être déclarées.» La Confédération a par ailleurs mis en place une politique pour lutter contre le travail au noir (lire ci-contre). Un nouveau marché est en train de s’ouvrir. Si Batmaid était la première en son genre en Suisse, Book A Tiger a débarqué en juin dernier dans le même secteur.

Andreas Schollin-Borg se consacre entièrement à sa start-up. Ses soirées, ils les passent à distribuer des flyers. Une dévotion qui va jusqu’à mettre la main à la pâte: «Un jour, une des travailleuses a annulé à la dernière minute. Je suis moi-même allé assurer le service. » A noter que le jeune entrepreneur a suivi des cours pour apprendre les ficelles du métier de nettoyeur, certificat à la clé. Et le succès semble bien se profiler: en cinq mois, 8000 heures de ménage ont été effectuées, et le service couvre la quasi-totalité de la Suisse, avec même un bureau à Zurich pour les candidatures. Outre-Sarine: «Une fois que le marché suisse sera bien stabilisé et conforté, nous allons nous tourner vers l’international. Nous visons la Chine, l’Australie et les Etats-Unis.» (24 heures)

Créé: 05.09.2015, 10h16

Plus de travailleurs déclarés

En vigueur depuis 2008, la loi fédérale sur le travail au noir (LTN) semble avoir trouvé sa place auprès des employeurs: «La procédure de facturation simplifiée est principalement utilisée dans le secteur des ménages privés», indique Fabian Maienfisch, porte-parole du Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO). Si, pour la personne non déclarée, le seul inconvénient est de ne pas cotiser ni d’être couverte par l’assurance-accidents, l’employeur, lui, risque plus: jusqu’à 500'000 francs d’amende et jusqu’à 1 million et la prison en cas de récidive. Estimer le travail au noir est bien entendu difficile, mais le chiffre avancé est de 10% du PIB de la Suisse. Avec la LTN, plus de 18 millions de francs ont été réglés avec la procédure simplifiée en 2013, soit 12 millions de plus que l’année d’application de la loi: «Chaque canton a ses propres inspecteurs. Selon le rapport LTN 2014, les contrôles dans le marché du nettoyage ont plus que doublé entre 2013 et 2014. » Le nom des employeurs attrapés est publié chaque année par le SECO. Si le travail au noir était en vogue, la tendance semble s’inverser au regard des résultats pour le SECO et la jeune start-up lausannoise.

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