UBS aspirée par l’affaire de blanchiment en Malaisie

Argent sale Sarawak Report dévoile le rôle de la plus importante banque suisse dans le scandale 1MDB.

Le logo de la banque UBS à Zurich.

Le logo de la banque UBS à Zurich. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Le scandale du détournement de plusieurs milliards de dollars normalement dévolus au fonds de l’Etat malaisien 1MDB pour le développement économique et social de ce pays du Sud-Est asiatique prend une nouvelle dimension pour la Suisse. Après les banques BSI, Coutts (rachetée par Union Bancaire Privée), Falcon et Edmond de Rothschild, cette énorme affaire de blanchiment touche maintenant UBS, le plus important établissement du pays.

2 milliards passent par UBS

L’implication d’UBS a été dévoilée lundi par Sarawak Report, un site d’information sur Internet luttant contre la corruption et portant le nom de cet Etat de la Malaisie orientale, situé sur l’île de Bornéo. Sarawak Report a mis la main sur des extraits de compte montrant «qu’un peu moins de 2 milliards de dollars sont passés sur un compte d’UBS Singapour appartenant à Aabar Investments PJS Limited en 2014», peut-on lire dans l’article en question, dont la Neue Zürcher Zeitung s’est fait la première l’écho hier.

Toujours selon le site d’information, ce compte au nom d’Aabar Limited aurait été spécialement créé pour détourner l’argent du fonds souverain 1MDB. Pour Sarawak Report, «ces transferts démontrent que la plus grande partie d’un emprunt de 3 milliards de dollars – levé à l’origine par (la banque) Goldman Sachs en 2013 pour créer le Tun Razak Exchange, le plus important quartier d’affaires de Kuala Lumpur – a en réalité été canalisée vers Aabar Limited par l’intermédiaire de la banque BSI à Lugano et après avoir utilisé le compte UBS».

Quatre banques visées

Jointe hier, UBS «ne peut faire aucun commentaire du fait des dispositions légales suisses et singapouriennes», selon son service de presse.

Pour rappel, «le montant des détournements sous enquête» – dont les bénéficiaires seraient apparemment le premier ministre malaisien, Najib Razak, et son entourage – «se monte à environ 4 milliards de dollars», avait indiqué au début de janvier le Ministère public de la Confédération.

L’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers, la FINMA, a en outre précisé mardi avoir «ouvert en tout cinq procédures d’enquête approfondie («enforcement») dans le cadre du dossier 1MDB». En retirant celle qui touchait la BSI, le gendarme financier suisse a expliqué qu’il «informera d’une manière appropriée sur ces quatre procédures (encore en cours) lorsqu’elles seront terminées». Elles se justifient aux yeux de la FINMA car «il y a des indices que les mesures prises pour lutter contre le blanchiment ont été insuffisantes».

En mai dernier, la FINMA a fait part de sa décision de dissoudre la BSI à cause de son implication dans l’affaire 1MDB, dès qu’elle sera rachetée par EFG. La banque tessinoise a fait recours à la fin de juin contre cette décision.

(24 heures)

Créé: 13.07.2016, 07h36

Articles en relation

Un ex-dirigeant d'UBS plaide coupable en France

Banque L'institut bancaire est soupçonné d'avoir, entre 2004 et 2012, illégalement démarché une riche clientèle pour la convaincre d'ouvrir des comptes non déclarés en Suisse. Plus...

Le Ministère public ouvre une procédure pénale contre UBS

Blanchiment d'argent Le Fonds Bruno-Manser soutient sa plainte. La grande banque est accusée d'avoir accepté plus de 90 millions de dollars (86,3 millions de francs) issus de corruption. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.