UBS conclut 2018 sur une note amère

SuisseTous les principaux résultats enregistrés entre octobre et décembre par UBS ont ainsi manqué le consensus des analystes, ce qui a fait plonger le titre mardi à la Bourse suisse.

UBS a subi au quatrième trimestre des sorties d'argent nouveau de l'ordre de 7,9 milliards. Mais cela ne l'a pas empêchée de réaliser de bons résultats.

UBS a subi au quatrième trimestre des sorties d'argent nouveau de l'ordre de 7,9 milliards. Mais cela ne l'a pas empêchée de réaliser de bons résultats. Image: AFP

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La belle mécanique mise en place par UBS en 2018 s'est grippée au dernier trimestre. Chahuté par des marchés financiers capricieux, le numéro un bancaire helvétique a subi un retour de balancier dans son coeur de métier, la gestion de fortune et la banque d'affaires. Un dividende relevé et le rachat de 1 milliard de dollars d'actions ne parvenaient pas à calmer l'ire des investisseurs.

Le bénéfice net annuel affiche une progression assez flatteuse. Par rapport à 2017, le résultat a été multiplié par cinq à 4,90 milliards de dollars, selon les indications fournies mardi par la grande banque. UBS présentait pour la première fois des chiffres libellés en billets verts.

Pour réaliser cette performance, la banque aux trois clés a pu se reposer sur trois premiers bons trimestres. Lors du dernier partiel, le groupe a été confronté à des difficultés «historiques» sur les marchés financiers, a expliqué le directeur général Sergio Ermotti, cité dans le communiqué.

Tous les principaux résultats enregistrés entre octobre et décembre ont ainsi manqué les prévisions du consensus AWP, ce qui faisait plonger le titre à la Bourse suisse. Vers 11h20, l'action UBS cédait 4,1% à 12,87 francs, dans un SMI en recul de 0,28%.

Au seul quatrième trimestre, le bénéfice net s'est établi à 696 millions de dollars, contre une perte 2,42 milliards douze mois auparavant. Le produit d'exploitation s'est étiolé de 3,3% sur un an à 6,97 milliards de dollars, tandis que les charges ont été allégées de 4,0% à 6,11 milliards. A la fin de l'année, le groupe employait 66'888 équivalents plein temps.

Banque d'affaires à la peine

L'incertitude prévalant sur les marchés a frappé de plein fouet la banque d'affaires (Investment Bank, IB) d'UBS au quatrième trimestre. Cette division, importante malgré la réduction de sa taille suite à la crise financière de 2008, avait montré une évolution réjouissante de janvier à septembre, laissant croire à un rétablissement définitif.

Sur les trois derniers mois de l'année toutefois, IB a accusé une perte de 46 millions de dollars, alors que douze mois auparavant le résultat était similaire, mais du côté des bénéfices. Tous les analystes suivant UBS se sont inquiétés de ce renversement de situation.

La déception est également de mise pour Global Wealth Management (GWM), issue de la fusion en février des deux anciennes divisions de gestion de fortune du groupe. En termes de bénéfice avant impôts, la plus grande unité du groupe a réussi à maintenir la stabilité (793 millions de dollars) en rythme annuel.

La collecte d'argent, en revanche, s'est avérée négative. La grande banque a dû composer avec des sorties nettes d'argent de 7,9 milliards de dollars, causées par une baisse de l'activité sur les marchés de croissance Amériques et Asie/Pacifique. Sur l'ensemble de l'année, les afflux se sont élevés à 25 milliards, a relativisé M. Ermotti en conférence téléphonique.

Rentabilité sous surveillance

A fin décembre, la masse sous gestion accusait un repli de 7% sur trois mois à 3101 milliards de dollars.

Le conseil d'administration propose le versement d'un dividende de 0,70 franc par titre, augmenté de 5 centimes. A cela s'ajoute un programme de rachat d'actions prévu d'un montant total de 1 milliard de dollars en 2019, en plus des titres déjà rachetés l'année dernière (750 millions de francs).

Les soucis rencontrés lors du dernier partiel devraient se poursuivre en début d'année. La direction d'UBS affirme que la mauvaise humeur prévalant sur les marchés financiers pèsera encore sur l'activité clientèle au premier trimestre. La grande banque n'exclut pas de nouvelles mesures afin de compenser cet effet négatif, mais maintient ses objectifs de rentabilité.

«Nous avons rencontré une certaine normalisation sur les marchés au début de 2019 et nous continuons de rechercher un équilibre entre efficacité et investissements de croissance», a expliqué Sergio Ermotti. (ats/nxp)

Créé: 22.01.2019, 11h38

UBS dit adieu au franc suisse

UBS a définitivement abandonné le franc pour sa comptabilité. La grande banque a présenté mardi ses premiers résultats annuels libellés en dollar. L'évolution parait logique pour un groupe qui génère la majorité de ses revenus en billet vert. Symboliquement, le choix peut néanmoins heurter venant de la première banque du pays.


L'établissement justifie ce changement par la volonté de mieux «refléter le bilan et la composition du risque du groupe». «Cela réduira la volatilité de nos résultats car nous allons libeller notre comptabilité dans la devise la plus contributrice au bénéfice avant impôts», avait indiqué le directeur financier Kirt Gardner lors de la journée des investisseurs en octobre 2018.

Autre avantage, la couverture du risque de change sera moins onéreuse, assure la banque. Analyste chez Bordier, Loïc Bhend arrive à la même conclusion. Toutefois, il estime que l'adoption du dollar ne constitue pas une nouvelle d'ordre stratégique pour la banque. «Ça embête surtout les analystes qui doivent revoir leur modèle», s'amuse-t-il.

Pour Sergio Rossi, il est étonnant que ce changement n'intervienne qu'en 2019. «UBS utilise le dollar depuis les années 1980 pour réaliser ses propres transactions financières. Sur les marchés financiers, c'est la devise numéro un», a expliqué à AWP le professeur de macroéconomie et d'économie monétaire à l'Université de Fribourg.

UBS rappelle d'ailleurs que de nombreuses multinationales suisses ont adopté le billet vert. Zurich Insurance, Swiss Re, Novartis, ABB ou encore Syngenta figurent dans le lot.
Toutefois, un tel changement ne modifie en rien l'identité suisse d'UBS et son profond attachement à ses racines helvétiques, prévient la grande banque. Le siège du groupe devrait donc rester à Zurich, malgré les déclarations du directeur général Sergio Ermotti.

Les investisseurs réservent un accueil glacial aux résultats d'UBS

Plongeon pour UBS à la Bourse après un dernier partiel décevant. Les investisseurs réservaient un accueil glacial aux résultats publiés mardi par UBS. Confrontée à des marchés financiers capricieux, la grande banque n'a pas été à la hauteur des espoirs placés en elle par les analystes. Tous les spécialistes ne cachent pas leur déception vis-à-vis de l'évolution négative de la banque d'affaires.

Vers 9h25, le titre UBS trébuchait de 4,6% à 12,80 francs, dans un SMI en recul de 0,18%.
La mauvaise performance d'UBS lors du dernier partiel est principalement imputable à la division banque d'affaires (Investment Bank), qui profitait d'une dynamique positive jusqu'en septembre, selon Baader Helvea. Petite consolation pour l'analyste Tomasz Grzelak, l'unité de gestion de fortune a bien résisté.

Cette division a généré des recettes solides, mais les dépenses se sont révélées plus importantes que prévu, regrette Barclays dans un commentaire. La grande banque britannique pointe également du doigt la mauvaise tenue de la banque d'affaires. Seule une reprise du marché pourrait créer un électrochoc.

La Banque cantonale de Zurich (ZKB) annonce un rabotage de ses estimations, en raison d'une masse sous gestion inférieure aux attentes. L'analyste Javier Lodeiro s'avoue déçu par les reflux d'argent subis au quatrième trimestre, mais aussi - comme ses confrères - par la performance de la banque d'affaires.

Investment Bank n'a certes pas rempli les attentes, mais la division administrative Corporate Center a également généré plus de dépenses que prévu, souligne Vontobel.
Baader Helvea et Vontobel conservent leur recommandation d'achat. Deutsche Bank campe sur «hold» tandis que la ZKB maintient «pondérer au marché».

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