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UBS aurait eu un réseau dédié à l'évasion fiscale en Argentine

Selon une ex-cadre française d'UBS, la banque disposait d'intermédiaires en Amérique latine chargés d'aider des personnes à cacher leurs avoirs aux autorités fiscales.

Le fisc français a découvert 38'000 comptes dissimulés en Suisse appartenant à des clients Français de la banque UBS, selon une information du journal français Le Point, ce qu'UBS France a contesté dans les heures qui ont suivi ces révélations. (jeudi 21 janvier 2016)
Le fisc français a découvert 38'000 comptes dissimulés en Suisse appartenant à des clients Français de la banque UBS, selon une information du journal français Le Point, ce qu'UBS France a contesté dans les heures qui ont suivi ces révélations. (jeudi 21 janvier 2016)
Keystone
UBS avait un réseau d'intermédiaires en Amérique latine qui permettait d'échapper à l'impôt, selon une méthode similaire à celle employée par la banque britannique HSBC.
UBS avait un réseau d'intermédiaires en Amérique latine qui permettait d'échapper à l'impôt, selon une méthode similaire à celle employée par la banque britannique HSBC.
Keystone
Pour tenter de retomber sur ses pattes après que la crise des subprimes l'a frappée très fort, UBS annonce qu'elle supprimera 1500 emplois.
Pour tenter de retomber sur ses pattes après que la crise des subprimes l'a frappée très fort, UBS annonce qu'elle supprimera 1500 emplois.
Keystone
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Cette révélation a été faite ce mercredi à l'ambassade d'Argentine à Paris par l'ancienne responsable d'UBS Stéphanie Gibaud à des membres de la commission bicamérale du Congrès argentin qui enquête sur l'ouverture en Suisse par la banque britannique HSBC de quelque 4040 comptes pour des Argentins, soupçonnés de fraude fiscale.

Mme Gibaud, qui a quitté la banque en 2012, a déclaré que le réseau d'Amérique latine, qui comprenait l'Argentine, comptait quelque 30 personnes. Elle a formulé pour UBS quasiment les mêmes accusations que celles faites par Hervé Falciani, ex-informaticien franco-italien de HSBC, qui avait révélé de gigantesques manœuvres de cette banque soupçonnée de blanchiment d'argent et d'évasion fiscale.

Démarchage proactif

«Même si UBS ne possédait pas de succursale argentine, Mme Gibaud dénonce le fait que la banque disposait d'un réseau d'intermédiaires, n'ayant apparemment aucun rapport avec la banque, qui arrivaient au pays en tant que touristes, avec leurs propres téléphones, et assistaient à des évènements et des dîners pour y dénicher des clients argentins», ont expliqué les députés dans un communiqué publié à Buenos Aires.

Stéphanie Gibaud a certifié l'existence d'un bureau argentin à Genève dédié à ces activités. Le nombre de comptes argentins ouverts par UBS serait similaire à celui dévoilé pour HSBC, estimé à 4040 selon l'enquête de l'administration fiscale argentine (Afip) qui a abouti à la création d'une commission d'enquête parlementaire.

Un entreprise de promotion de Mme Gibaud

Les représentants d'UBS «aidaient les clients et entreprises offshore à la fuite des capitaux argentins au travers de mécanismes de compensations, réalisés entre entreprises sans qu'il soit nécessaire d'exporter des dollars, entre autres mécanismes», a révélé le communiqué. «Nous devons voir comment l'Argentine va pouvoir utiliser de manière légale cette information», ont indiqué les députés.

Selon UBS, Mme Gibaud lance «depuis quelque temps déjà» des allégations «dénuées de preuves», dans le seul but de faire la promotion de son livre. Embauchée par UBS France en 1999, Stéphanie Gibaud a occupé jusqu'en 2012 la fonction de directrice du marketing événementiel, chargée en particulier d'organiser les événements de la banque en France.

Harcèlement

Pour mémoire, la justice française du travail a reconnu en mars dernier le harcèlement moral subi par Mme Gibaud, licenciée en 2012 et qui avait refusé de détruire des documents susceptibles de démontrer un système d'évasion fiscale. La filiale française d'UBS a été condamnée à verser 30'000 euros (environ 32'000 francs) de dommages et intérêts à son ancienne salariée. Stéphanie Gibaud réclamait un total de 1,7 million d'euros.

UBS France avait pris «acte de ce jugement». L'établissement qui persistait «à considérer qu'il n'y a pas eu de harcèlement à l'égard de son ex-salariée», avait renoncé à faire appel «au regard des motivations du jugement et des faibles montants accordés par le conseil des prud'hommes».

(AFP)

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