UBS souffre de la frilosité de ses clients

AnalyseLa plus grande banque suisse est affectée par un environnement difficile, mais aussi par des changements structurels inquiétants.

Les clients d'UBS ne sont pas prêts à prendre des risques et n'investissent pas. Les marges brutes de la plus grande banque suisse reculent.

Les clients d'UBS ne sont pas prêts à prendre des risques et n'investissent pas. Les marges brutes de la plus grande banque suisse reculent. Image: Keystone

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La baisse du bénéfice d’UBS attribuable à ses actionnaires est principalement due à des facteurs extraordinaires. Ce montant est passé à 827 millions de francs pour le troisième trimestre 2016, soit 60% de moins que la même période de l'an passé.

On compte parmi les facteurs une hausse de près de moitié des dépenses nettes liées à la restructuration de la plus grande banque suisse.

Et surtout l'absence totale d'une remise d'impôts, de 1,3 milliards de francs au 3e trimestre 2015.

Celle-ci comptait il y a un an pour plus de la moitié du bénéfice net de 2,1 milliards de francs enregistré à l'époque. Ainsi, du 3e trimestre 2015 au 3e trimestre 2016, le bénéfice ajusté avant taxes et remises d'impôts passe de 0,98 à 1,30 milliard de francs.

Considérable aversion au risque

Et pourtant. Suite à la conférence téléphonique donnée ce matin à l'occasion de la publication de ces résultats, on se rend compte que des facteurs sous-jacents inquiétants sont à l'oeuvre.

Le premier est à court terme et a trait à l'environnement peu ragoûtant actuel, en lien par exemple avec la faiblesse des taux d'intérêts et le climat politico-économique. Le directeur financier du groupe, Kirt Gardner, a expliqué à ce propos que «la baisse de marge brut est principalement due à une aversion au risque considérable».

En clair, les clients ne sont pas prêts à prendre des risques et n'investissent pas. Les marges brutes de UBS reculent. Par exemple de 0,86% au 3e trimestre 2014, à 0,76% deux ans plus tard au 3e trimestre 2016, dans la gestion de fortune en Europe, Suisse, Asie-Pacifique et dans les marchés émergents (division Wealth Management).

Supers riches mauvais clients

Le deuxième développement inquiétant, un peu plus à long terme, concerne l'évolution du comportement des supers riches à travers le monde. Pour rappel, UBS est le groupe leader mondial dans la gestion de fortune.

Comme l'a expliqué ce vendredi matin le directeur de la banque, Sergio Ermotti, il «observe depuis des années que la croissance des nouvelles fortunes qui nous sont données à gérer provient avant tout des supers riches», les ultra high-net-worth individuals (UHNW).

Mais les supers riches, en arrivant à faire jouer à fond la concurrence entre les banques, n'assurent que «des marges basses».

Le marché a plutôt bien réagi aux résultats de la banque, le titre UBS était en hausse de 0,5% à 14 francs vers 11 heures, sur un indice SMI qui reculait d'autant.

Créé: 28.10.2016, 11h34

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