Unia remet en cause la politique sociale de Nestlé

Industrie alimentaireDes mises en préretraite auraient été réalisées dans des conditions jugées inacceptables par le syndicat. Nestlé dément.

Il y a un an, sur son site Nescafé à Orbe, Nestlé mettait 24 employés en préretraite.

Il y a un an, sur son site Nescafé à Orbe, Nestlé mettait 24 employés en préretraite. Image: Keystone

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«Il ne s’agit pas de partir en cabale contre Nestlé, a immédiatement tenu à nuancer hier Yves Defferrard, secrétaire syndical chez Unia Vaud. Mais bien, comme dans toutes les relations de couple, de faire une mise au point. Car contrairement à ce qui est indiqué dans la charte du géant veveysan, la réalité sociale chez Nestlé ne nous paraît pas à la hauteur de ce qu’elle devrait être pour un groupe aussi rentable.»

Au cœur de cette fâcherie, la mise en préretraite d’une vingtaine de travailleurs au centre de recherches de Vers-chez-les-Blanc, ainsi que de 24 salariés à l’usine Nescafé à Orbe. Si le premier site n’est pas concerné, faute de partenariat social, celui d’Orbe l’est. Or, au moment des faits, Unia jure ne pas avoir été immédiatement informé de la décision de Nestlé et donc d’avoir été privé du droit de se prononcer sur ces départs forcés.

Propos démentis par Nestlé

Des propos démentis par Nestlé, qui assure avoir informé Unia ainsi que les collaborateurs concernés en date du 11 mars 2014. «Depuis, tout au long des dix mois qui ont précédé leur mise à la retraite anticipée effective, Unia a été associé à l’accompagnement de ces collaborateurs», détaille Philippe Oertlé, directeur de la communication pour Nestlé Suisse.

Pour illustrer sa colère, Unia évoque le cas d’un des employés concernés à qui il a été proposé de travailler dans une déchetterie neuchâteloise. «Une vraie humiliation», selon le secrétaire syndical, qui considère qu’un départ en préretraite ne devrait pas nécessiter de passer par la case chômage. «La ligne réclamée par Unia est que les salaires soient compensés à 80% jusqu’à l’âge de retraite légal, prétend ce dernier, en plus d’autres compensations telles que le pont AVS.»

A Vevey, face au grief formulé publiquement hier par Unia-Vaud, la surprise était totale. Selon Philippe Oertlé, «Nestlé a instauré et respecte depuis de nombreuses années un dialogue social avec ses collaborateurs et ses partenaires sociaux».

Discussions nationales

Ce dernier évoque en plus des discussions, depuis plusieurs années, sur le plan national avec Unia justement dans le but de développer ce dialogue.

«Il avait toutefois été convenu d’un commun accord de ne pas communiquer sur ces discussions tant que nous n’aurions pas abouti à un accord.» Des discussions qui ne sont pas mises en péril par ce coup de gueule de la section vaudoise. «Nestlé s’engage à soutenir la liberté d’association et le droit de négociation collectif», confirme Philippe Oertlé.

Pour le syndicat, l’occasion était idéale hier pour défendre sa cause. Il a notamment rappelé que des entités du groupe veveysan ne sont toujours pas syndiquées, à l’exemple de Nespresso à Lausanne ou de son centre de recherches de Vers-chez-les-Blanc. Enfin, il a évoqué son souhait de voir Nestlé créer une fondation qui permettrait de verser les 80% du dernier salaire jusqu’à la retraite.

Créé: 16.02.2015, 22h19

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