Deux ONG dénoncent le sort des lutins de Noël chinois

JouetSelon une enquête publiée mardi, les conditions de travail sont toujours aussi rudes dans des firmes chinoises

«Les marques exigent la meilleure qualité, les temps de production les plus courts et les coûts les plus bas, sans se soucier de la santé des ouvriers concernés», regrette China Labor Watch.
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«Les marques exigent la meilleure qualité, les temps de production les plus courts et les coûts les plus bas, sans se soucier de la santé des ouvriers concernés», regrette China Labor Watch. DR

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Lego, Playmobil, Mattel, Hasbro ou encore Disney… Durant les prochains jours, des milliers de jouets seront déposés au pied des sapins de Noël en Suisse comme dans le reste du monde. Solidar en Suisse et China Labor Watch (CLW), deux organisations non gouvernementales (ONG), profitent de cette période charnière pour l’industrie du jouet pour dénoncer les conditions dans lesquelles Barbies, voitures télécommandées et autres peluches sont produites en Chine.

Ces ONG lancent ainsi leur campagne «Fair Toys». «Les marques exigent la meilleure qualité, les temps de production les plus courts et les coûts les plus bas, sans se soucier de la santé des ouvriers concernés», peut-on lire dans le rapport de la CLW. Pour aboutir à de telles conclusions, cette organisation a infiltré, entre mai et juillet 2015, des enquêteurs dans cinq usines employant au total plus de 20 000 salariés.

Sur la bonne voie

Mais tous ne partagent pas ce cons tat. Selon le Conseil international des industries du jouet (ICTI) représentant près de 800 marques, des progrès continus sont apparus ces dernières années au sein des 1100 usines chinoises avec lesquelles il travaille. «Si nous ne nions pas que des défis fondamentaux restent à surmonter en Chine, nous sommes en désaccord avec ceux qui affirment que les conditions de travail y ont empiré», peut-on lire dans leur programme CARE (en faveur d’une fabrication éthique des jouets).

«Globalement nous aboutissons au même constat», concède Simone Wasmann. La responsable de campagne chez Solidar dénonce toutefois le manque d’indépendance de l’ICTI par rapport à l’industrie du jouet, notamment lors des audits effectués sur le terrain. Chez Migros, l’un des gros vendeurs de jouets en Suisse, on répond que si un fournisseur est considéré comme «étant à risque», un audit de la BSCI (standard international reconnu mondialement) est prescrit.

Mais le géant orange va plus loin dans sa démarche en investissant dans la surveillance directe de sa chaîne d’approvisionnement. «Grâce à nos bureaux d’achat opérant localement, la mise en œuvre concrète des standards sociaux peut être suivie de très près par nos collaborateurs, notamment au travers de visites d’entreprises», explique leur porte-parole, Tristan Cerf.

Sensibiliser les Suisses

Quant à l’Association suisse des jouets (ASJ), elle assure recommander à ses membres d’être attentifs. «Mais il faut être réaliste et les consommateurs, en quête constante du prix le plus bas, doivent assumer leur part de responsabilité», rajoute Sandro Küng, porte-parole de l’ASJ.

Au vu des résultats d’une nouvelle étude réalisée par l’institut GFS, les Suisses semblent effectivement peu sensibles à la manière dont sont fabriqués les jouets qu’ils achètent. Seuls 8% du panel interrogé déclare spontanément se soucier de la manière dont sont produits les jouets qu’ils achètent.

«La qualité (51%), le potentiel éducatif (33%), le souhait de l’enfant (32%) et le prix (25%) viennent largement devant», détaille le rapport. Le nombre augmente par contre lorsque la problématique est clairement soulevée. Et là, «80% de la population suisse est prête à payer plus pour un jouet issu du commerce équitable». Seul souci: aucun label n’existe à ce jour pour l’industrie du jouet.

Créé: 02.12.2015, 07h12

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