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«On utilise toujours plus les aéroports voisins de Genève»

Faute de place à Cointrin, la principale compagnie du continent, NetJets Europe, étend sa présence à Lyon, Chambéry, Annecy et Sion.

Clément Lauriot-Prévost, directeur associé de NetJets Europe.
Clément Lauriot-Prévost, directeur associé de NetJets Europe.
Laurent Guiraud

A deux mois de l'ebace, le salon international de l'aviation d'affaires à Genève, NetJets Europe cherche à se démarquer. Le leader européen du secteur a réuni mardi une quarantaine de clients, de longue date ou potentiels, à Cointrin. Il accapare 10% des vols d'aviation privée sur le continent.

La compagnie est aux avants postes d'un secteur qui a longtemps subi la crise de 2008 et qui pèse lourd à Genève. Sur le deuxième aéroport d'aviation d'affaires en Europe, elle fait aussi face à des défis: le tarmac étriqué et l'unique piste de Cointrin empêchent souvent ses opérateurs d'y accroître leur présence. Entretien avec Clément Lauriot-Prévost, directeur associé de NetJets Europe.

Est-ce que NetJets est remis de la crise?

Le marché en Europe de l’Ouest a souffert, en Russie, en Grèce, les ralentissements ont été importants. Mais depuis deux ans, on est à nouveau en bonne croissance. NetJets n'a pas subi la crise comme l'ensemble du marché. Le nombre de clients qui intègrent la flotte augmente, le nombre de vols aussi. Notre chiffre d’affaires, qu'on ne communique pas, aussi.

Pourquoi avez-vous moins souffert de la crise?

Le soutien de Berkshire Hathaway (ndlr: une holding détenue par le milliardaire américain Warren Buffett) est prépondérant. Il nous a permis de faire la plus grosse commande d’avions de l’histoire de l’aviation privée en 2011 (17,6 milliards de dollars pour 670 nouveaux appareils). En outre, notre clientèle est très fidèle. Le marché croît d'ailleurs. Il y a toujours plus d'utilisateurs et d'avions. En 2007, quand je suis arrivé chez NetJets, sept clients sur dix n'avaient encore jamais pris un avion d'affaires; désormais, trois clients sur dix n'ont encore jamais volé en jet. Le secteur s'est démocratisé.

Est-ce une bonne nouvelle pour la planète?

En Europe, l'aviation d'affaires représente 0,26% des émissions de CO2 de l'aviation. Par passager par contre c'est énorme: avec 1200 clients, NetJets Europe a 10% des vols d'aviation privée en Europe. Mais notre empreinte carbone est neutre: on rachète 100% de nos émissions via des programmes dans le monde.

Le tarmac de Cointrin est étriqué et la demande croît. Comment faites-vous pour la satisfaire?

On utilise toujours plus les aéroports voisins, dans l'ordre ceux de Lyon, Chambéry, Annecy, Sion. Les activités dans ces plates-formes sont en forte croissance. Nous n'utilisons pas la piste de Lausanne, elle est trop courte pour nos avions.

Les clients du secteur changent souvent d'horaire à la dernière minute, quand vous avez déjà réservé le créneau horaire («slot») pour la piste. N’est-ce pas un problème dans un aéroport aussi utilisé que celui de Genève?

Si, et c'est pour ça aussi qu'on leur propose souvent d'utiliser des aéroports voisins. Ces derniers sont commercialement agressifs. Cela dit, nos clients connaissent les problèmes de Genève, et changent moins souvent leurs horaires à Cointrin. Les taxes d'aéroport ont un prix, entre 20 et 3000 euros selon les appareils ou les horaires. Utiliser un gros avion un lundi matin à London City coûte beaucoup plus cher.

Quel type de clients recourt à vos services?

Environ 70% de nos clients volent à des fins professionnelles; le reste, c'est pour le loisir, mais ça dépend des pays. En France, c'est disparate, entre finance, divertissement, immobilier, tourisme; en Angleterre, nos clients viennent surtout de la finance. En Suisse, c’est 60% entreprises et 40% particuliers.

Chez NetJets, vous êtes aussi responsable de l'Afrique. Est-ce que le marché démarre dans le continent?

Ça reste et incomparable par rapport à l'Europe, même pendant le Africa CEO Forum la semaine dernière. Et minuscule par rapport aux Etats-Unis, où les gens prennent un jet comme on prend le bus. En Europe, nous garantissons à nos clients de leur proposer un avion au plus tard dans les dix heures après leur appel, ce qui est possible car le traité de Maastricht permet une homogénéisation du ciel. En Afrique, rien de tel. Pour obtenir un avion à Gaborone, il faut attendre une autorisation, qui peut prendre cinq jours.

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