Valls: les chiffres du chômage «vont dans le bon sens»

FranceLes chiffres du chômage de juillet, qui marquent une légère baisse du nombre de demandeurs d'emploi sans activité, vont «dans le bon sens».

Le premier ministre français Manuel Valls.

Le premier ministre français Manuel Valls. Image: Keystone

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Pour la première fois depuis six mois, le nombre de demandeurs d'emploi à légèrement reculé en juillet (-1.900), un chiffre qui va «dans le bon sens» selon Manuel Valls mercredi 26 août au soir.

Mais l'Hexagone, avec ses 3,55 millions de chômeurs, flirte toujours avec le record. En ajoutant l'Outre-mer, le ministre du Travail démissionnaire, François Rebsamen, laisse plus de 3,8 millions de chômeurs en catégorie A (sans activité) à son successeur.

«Les chiffres qui ont été publiés ce soir vont dans le bon sens», a toutefois insisté le Premier ministre.

François Rebsamen, qui devrait être remplacé dans les prochains jours pour retrouver son fauteuil de maire de Dijon, a lui salué la «baisse» de juillet et la «stabilisation» enregistrée «depuis deux mois».

Il «se réjouit plus particulièrement» de la baisse du nombre de moins de 25 ans recensés en catégorie A. De l'autre côté de la pyramide des âges, les chiffres restent toutefois très alarmants : pour les plus de 50 ans, la hausse atteint 0,7% en juillet, 8,3% sur un an.

Si on inclut les chômeurs ayant exercé une petite activité, la tendance globale est toujours mauvaise (+0,3% en juillet, 5,41 millions au total).

François Rebsamen assure que «la mobilisation du gouvernement va se poursuivre», en particulier avec le pacte de responsabilité, qui prévoit 41 milliards d'euros d'aides pour les entreprises jusqu'en 2017. Tout en appelant les patrons à s'engager

Pressé par les syndicats comme le PS de réorienter les aides, Manuel Valls avait délivré mardi un message apaisant au patronat, assurant que «l'ampleur du soutien» du gouvernement «ne sera pas remis en cause».

De fait, après l'échec des multiples plans d'aides aux chômeurs, c'est avant tout sur la confiance des patrons que le gouvernement parie.

Après un rebond de l'activité qui avait suscité l'optimiste au premier trimestre (+0,7%), le coup d'arrêt du deuxième trimestre (+0,0%) a hypothéqué la prévision de M. Rebsamen, qui annonçait jusque-là une «baisse effective» du chômage «à la fin de l'année». «S'il n'y a pas de croissance, ce ne sera pas le cas», a-t-il nuancé récemment lors d'un entretien avec l'AFP.

Alors que le ralentissement économique en Chine a provoqué un vent de panique boursier, le ministre de l'Économie Emmanuel Macron s'est efforcé de rassurer les esprits: la croissance française pour 2015 n'est «pas menacée», selon lui. Le gouvernement table sur 1% cette année, puis 1,5% en 2016, le niveau jugé nécessaire pour inverser la courbe du chômage.

Parmi les signes encourageants, le secteur marchand a créé 27.300 postes entre avril et juin, la meilleure performance trimestrielle depuis début 2011.

Toutefois, en matière de chômage, «en juin et juillet, on est plutôt sur une stabilisation, qui pourrait s'interpréter comme un début d'amélioration. Ça demande encore à être confirmé», selon Bruno Ducoudré, de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Une analyse partagée par Philippe Waechter, de Natixis: «On a une économie qui tarde à retrouver une allure plus robuste et ça se voit dans ces chiffres un peu chaotiques d'un mois sur l'autre, sans réelle tendance à l'amélioration.»

Pour la CFDT, «l'éclaircie reste à confirmer». FO évoque une simple «pause» et appelle une nouvelle fois à «changer de cap économique».

Côté politique, Gérard Cherpion et Éric Woerth (LR) exhortent le gouvernement à trouver de «vraies réponses», quand Florian Philippot (FN) dénonce une «indécente autosatisfaction» du gouvernement.

Après avoir échoué à «inverser la courbe du chômage», François Hollande repousse désormais l'échéance à 2016. A en croire un sondage publié mercredi, près de huit Français sur dix n'y croient pas.

Le vice-président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a lui jugé mercredi ce scénario «possible», «car il y a des vents favorables externes» et des «efforts» au niveau du gouvernement.

Sans «baisse crédible» et prolongée du chômage l'année prochaine, le président assure qu'il ne briguera pas de second mandat en 2017.

Depuis son élection en mai 2012, environ 630.000 chômeurs supplémentaires ont poussé la porte de Pôle emploi. (afp/nxp)

Créé: 26.08.2015, 20h05

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