Vent de panique sur le commerce de détail suisse

Tourisme d'achatDes milliers d'emplois sont menacés à cause de la situation catastrophique de la branche. La question de libéralisation de l'ouverture des magasins refait surface.

«Et les ventes vont continuer à chuter encore cette année», analyse Philippe Gaydoul, patron de Navyboot et ancien propriétaire des Denner (vendu à Migros).

«Et les ventes vont continuer à chuter encore cette année», analyse Philippe Gaydoul, patron de Navyboot et ancien propriétaire des Denner (vendu à Migros). Image: E. Lafargue/Archives

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«Un vent de panique souffle sur le commerce de détail suisse», analyse Philippe Gaydoul. Le creux de la vague n'est pas du tout atteint, «et les ventes vont continuer à chuter encore cette année».

Dans un portrait apocalyptique de la situation du commerce de détail suisse, le patron de Navyboot et ancien propriétaire des Denner (vendu à Migros) explique au quotidien Blick qu'«une chute des ventes de 1 milliard de francs coûte l'emploi à 2000 personnes» dans cette branche.

Perte de 4000 emplois

Comme la branche «a perdu 2 milliards de chiffre d'affaires, 4000 emplois ont été biffés». Mais le problème ne s'arrête pas là. Quand le commerce de détail ne va pas bien, un grand nombre de domaines connexes souffre aussi énormément, comme l'agriculture, les transports, ou les médias (pour les annonces).

A qui la faute? Au tourisme d'achat et aux Suisses qui vont faire en masse leurs courses en France ou en Allemagne voisine.

Mais aussi aux grandes chaînes qui ont fixé des prix trop hauts pour profiter du pouvoir d'achat plus élevé des Suisses. Ces derniers n'en veulent plus et se tournent vers l'étranger ou les achats à l'étranger, commente le chef d'entreprise. «La Suisse n'est plus intéressante pour les grandes chaînes», selon Philippe Gaydoul, comme le montre la fermeture des magasins Bata et Reno.

Le commerce sur Internet est aussi devenu un immense concurrent. Pourtant, Philippe Gaydoul constate que les multinationales comme Amazon ou Zalando se sont rendues compte que leur modèle d'affaires avec un pourcentage de retour d'achat de 60% ou 70% n'est pas rentable. Et qu'elles doivent aussi investir dans des magasins physiques, comme le commerce de détail traditionnel.

Ouverture des magasins de 6 à 23h

Que faire? Le chef du groupe Migros, Herbert Bolliger a par exemple demandé une ouverture des magasins de 6 à 23h, comme en Argovie, et la même pour tous les cantons rapporte ce week-end la Schweiz am Sonntag. Seul le droit du travail habituel encadrerait alors l'ouverture des magasins en Suisse.

En conférence de presse de bilan de Migros mercredi, ce dernier prévoyait aussi «un tourisme d'achat à un niveau élevé et une forte croissance des achats à l'étranger sur Internet».

Le plus important employeur privé de Suisse

Pour l'instant, les grands détaillants suisses jouent toujours leur rôle d'employeur privé les plus importants de Suisse.

Migros emploie pour la première fois de son histoire plus de 100 000 collaborateurs, une hausse de 2917 personnes (+3%) due essentiellement à des acquisitions comme Digitec Galaxus, et au centre de santé Santémed repris à l'assureur Swica.

Le concurrent Coop n'est pas en reste, lui qui compte 79 953 employés fin 2015, ce qui correspond à une hausse de 3,7% (+2866 personnes).

Créé: 18.04.2016, 11h02

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