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La vie d'Hervé Falciani était en danger

L'ex-informaticien de la banque HSBC accusé de vols de fichiers informatiques, révèle que Washington lui avait conseillé de se réfugier en Espagne car sa vie était en danger.

L'ex-informaticien de HSBC Hervé Falciani.
L'ex-informaticien de HSBC Hervé Falciani.
Keystone

Dans sa première interview en Espagne au quotidien El País, l'ancien informaticien franco-italien, dont la demande d'extradition par la Suisse a été rejetée la semaine passée par le parquet espagnol, confie au quotidien espagnol comment les autorités américaines lui ont conseillé de venir se réfugier en Espagne car sa vie était en danger.

«Les Etats-Unis m'ont prévenu qu'il serait facile que quelqu'un paie pour me faire tuer. «Ils m'ont dit que l'unique pays sûr en Europe était l'Espagne (....) et ils pensaient qu'il serait peu probable que l'Espagne accepte mon extradition vers la Suisse.

En bateau

Collaborant avec les Etats-Unis au sujet de l'enquête menée par le Sénat américain sur la banque HSBC, Hervé Falciani avait été informé «que le Sénat allait lancer de graves accusations contre HSBC en raison de son manque de contrôle sur le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, que la banque allait être déclarée coupable».

L'informaticien se rend alors en bateau de Sète, en France, à Barcelone où il est arrêté le premier juillet 2012, suite à un mandat d'arrêt international pour violation du secret bancaire lancé par la Suisse.

Cartel de drogue

L'ancien employé de HSBC Genève avait extrait entre 2006 et 2008 du système informatique de la banque des informations portant sur les comptes de 130'000 clients, dont certains sont soupçonnés d'appartenir à des cartels de trafic de drogue, des groupes internationaux de crime organisé et des organisations terroristes. En 2009, Hervé Falciani avait transmis ces informations à la France puis à l'Espagne.

Hervé Falciani révèle dans son interview que les informations qu'il a communiquées à la justice espagnole vont bien au-delà de la révélation d'une liste de fraudeurs.

«Les informations que je possède démontrent que les banques suisses sont en train de mener une guerre économique. Ce sont elles l'ennemi (....). Il s'adapte à n'importe quelle directive contre l«évasion fiscale ou le blanchiment d«argent pour continuer à remplir les caisses.»

«Dans cette adaptation des banques aux limites qu'on leur impose, la technologie joue un rôle fondamental. A chaque fois qu'une nouvelle norme ou directive apparaît, se crée un nouveau projet stratégique pour la contourner.»

Espionnage industriel

C'est pour aider la justice à décrypter ces stratégies, qu'Hervé Falciani a mis à sa disposition son savoir faire, alors que la Suisse l'accuse de tirer profit de ces révélations.

«Je n'ai jamais demandé de l'argent pour ça. J'ai simplement essayé d'aider la justice. J'en ai marre d'écouter des mensonges provenant de la Suisse. La justice de ce pays ne cesse de dire que j'ai tenté de le faire parce que c'est la seule façon qu'ils ont pour m«accuser de délit d'espionnage industriel. S'ils arrivent à prouver que j'ai essayé de m«enrichir avec mes informations, ils pourront m'accuser de ce délit.

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