La voiture verte, bouée de sauvetage de Volkswagen

Automobile En tout ce sont vingt nouveaux modèles, en grande partie hybrides, que le groupe compte mettre sur le marché d’ici cinq ans.

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Le slogan «Das Auto» laissera-t-il bientôt la place à «Das Grüne Auto» Contraint par le scandale des moteurs diesels truqués («Dieselgate») de redorer son blason, le groupe Volkswagen s’est décidé à prendre drastiquement le virage de la voiture verte. «L’Europe devrait ouvrir la voie en matière de mobilité électrique, de conduite autonome et de numérisation», déclarait Matthias Muller, président du groupe, lors de la traditionnelle soirée de Nouvel-An organisée par VW.

Programme «vert» de VW

De quelle manière le deuxième fabricant d’automobiles au monde (au coude à coude avec Toyota) compte-t-il se démarquer? Pour le moment les détails restent flous, puisqu’il ne présentera sa feuille de route qu’à la mi-juin. De premières informations ont toutefois commencé à filtrer sur son programme baptisé tout simplement «Stratégie 2025».

D’abord le nombre de véhicules «écologiques» que VW souhaite produire dans une échelle de temps relativement courte. A travers ses douze marques (Audi, Porsche, Seat, Skoda, VW, etc.), et d’ici dix ans, sa direction parle d’écouler annuellement un million de véhicules 100% électrique ou hybride. En tout, ce sont vingt nouveaux modèles verts, en partie hybrides, que le groupe compte mettre sur le marché dans les cinq prochaines années.

Réagir face à Tesla Motors

Pour les modèles 100% électriques, toute une réflexion autour de l’approvisionnement en batterie serait toutefois actuellement en cours à Wolfsburg (siège du groupe). Si VW ne commente pas les rumeurs, la volonté de posséder sa propre usine géante de batteries en Allemagne serait sur la table. Un investissement à plusieurs milliards d’euros qui rappelle ce qu’est en train de faire une autre marque devenue emblématique: Tesla Motors. «Au-delà de la tentative purement marketing de faire oublier le scandale des moteurs truqués, Volkswagen se devait de réagir face à l’arrivée de ce nouvel acteur», explique Jérôme Schupp, responsable de la recherche à la Banque Syz. Selon l’analyste financier, le groupe allemand aurait tout avantage à couper l’herbe sous le pied du constructeur américain au moment où il est encore vulnérable.

Soutien de l’Etat allemand

Actuellement, la progression croissante des ventes et l’engouement du consommateur pour des véhicules moins polluants laissent penser que la stratégie du constructeur allemand se justifie. Elle se renforce même avec le nouveau programme de subventions aux véhicules électriques, élaboré par le gouvernement allemand.

En tout, un milliard d’euros est en jeu, dont 600 millions consacrés à l’aide à l’achat. De quoi doper un peu plus la demande et pousser l’ensemble des constructeurs à suivre cette voie.

Créé: 01.06.2016, 13h26

Bénéfices rognés par le «Dieselgate»

Le groupe Volkswagen peine à tourner la page du scandale des moteurs truqués. Au premier trimestre, le constructeur allemand a enregistré un bénéfice net de 2,31 milliards d’euros, en baisse de 20% sur un an. Quant au chiffre d’affaires, il a reculé de 3%, à 51 milliards. «Globalement, si d’un point de vue géographique les causes divergent, le constat est globalement le même, Volkswagen perd des parts de marché», résume Jérôme Schupp, responsable de la recherche à la Banque Syz.

Financièrement, le scandale a déjà valu au groupe d’essuyer une perte nette de 1,6 milliard en 2015. Il s’agit de la première perte en plus de vingt ans, sous l’effet des quelque 16 milliards mis de côté pour faire face aux suites du «Dieselgate». Ce montant sera-t-il suffisant? «Les cas récents de BP ou des banques suisses ont prouvé que les conséquences finales concrètes sont moins lourdes que prévu», rappelle Jérôme Schupp qui pense que le gouvernement américain marquera bel et bien le coup, mais sans pour autant mettre en péril l’avenir du constructeur allemand.

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